mars 3, 2021

Shining

shining

Titre Original: The Shining

De : Stanley Kubrick

Avec Jack Nicholson, Shelley Duvall, Danny Lloyd, Scatman Crothers

Année: 1980

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Jack Torrance, gardien d’un hôtel fermé l’hiver, sa femme et son fils Danny s’apprêtent à vivre de longs mois de solitude. Danny, qui possède un don de médium, le « Shining », est effrayé à l’idée d’habiter ce lieu, théâtre marqué par de terribles évènements passés…

Avis:

De l’avis des cinéphiles, Stanley Kubrick est un cinéaste à part qui possède une filmographie des plus intéressantes et qui a touché à tous les styles. Entre la fresque historique avec Barry Lyndon, la science-fiction avec 2001 l’Odyssée de l’Espace, la guerre avec Full Metal Jacket, le réalisateur s’est penché de près à l’épouvante et à l’horreur avec Shining. S’inspirant d’un roman culte du maître de l’horreur, Stephen King, Stanley Kubrick va livrer un film différent, dérangeant et surtout qui au fil des ans a gagné le statut de film culte, presque plus que le livre lui-même. Mais avec toutes les productions actuelles et la démocratisation du film d’horreur, Shining a-t-il toujours légitimité en tant que film d’horreur culte? Le film, qui accuse maintenant 30 ans, n’a-t-il pas trop vieilli? Allons faire un petit tour à l’Overlook Hotel et plus précisément dans la chambre 237!

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Ben alors Nafisatou, on n’ouvre plus à son Dominique ?

Le scénario du film est relativement simple et est tiré d’un livre du même nom de Stephen King. Jack Torrance est un écrivain qui a besoin de calme pour écrire son prochain roman. L’Overlook hôtel ferme ses portes durant l’hiver mais a besoin d’un gardien. Jack postule et obtient le poste. On lui explique tout de même qu’un massacre a eu lieu il y a quelques années, où un gardien a pété un plomb et a massacré sa famille avant de se faire sauter la cervelle. D’ailleurs, les corps auraient été entassés dans la chambre 237. En arrivant sur les lieux avec sa petite famille, le cuisiner en chef, alors qu’il fait visiter la cuisine découvre que Danny, l’enfant, possède comme lui un don, le shining, une sorte de télépathie et de sensibilité envers le paranormal. C’est alors que petit à petit des visions apparaissent à Danny et que son père sombre peu à peu à la folie. Bref, pas de doute, nous sommes dans une histoire classique de fantômes et de folie. Sauf que Stanley Kubrick n’est pas un manchot et qu’il sait faire des films à contre courant en proposant des expériences uniques (en atteste 2001 l’Odyssée de l’Espace qui m’a un peu ennuyé mais qui me turlupine dans la tête depuis) et c’est ce qu’il va faire avec Shining, proposant quelque chose de latent, d’insidieux et de profondément malsain et effrayant.

Ici, point d’effets gores à outrance, ni de frontal avec des apparitions grossières et déjà vues. Le réalisateur va soigner son ambiance via deux choses essentielles : les décors et la musique. Un peu à la manière d’un Dario Argento mais en beaucoup moins gothique, l’Overlook Hotel semble être quelque chose de vivant à l’intérieur duquel vit une multitude d’époque. Entre des couloirs à n’en plus finir, une cuisine grandiose, une moquette symétrique frappante, des portes de partout et une sensation de vide oppressante, le spectateur va se sentir mal à l’aise et prendre la place isolée des acteurs. Ainsi, sans grand artifice, si ce n’est un choix audacieux du lieu et une réalisation profonde, Kubrick va instaurer un sentiment chez le spectateur qui va susciter peur et dérangement. Bien entendu, la musique est omniprésente et fait l’effet d’une petite bombe à chaque instant, distillant une ambiance délétère et fantomatique alors que les fantômes se font discrets. C’est vraiment un grand coup de maître car il suffit de peu de chose pour que le film fasse vraiment peur. En dehors de cela, les apparitions sont très bien choisies, que ce soit les jumelles absolument dérangeantes ou encore le moment dans le bar avec l’apparition de ce que l’on pourrait penser être le diable. Moment ô combien culte et scène préférée du réalisateur français Alexandre Aja. Du coup, entre une musique pertinente, un décor fabuleux et labyrinthique (dont le vrai labyrinthe symbolise à lui seul toute l’atmosphère de l’hôtel) et des apparitions (ou images subliminales) au bon moment, on obtient un cocktail savoureux et effrayant.

Mais ce n’est pas tout, car la direction d’acteur est phénoménale. On commence bien entendu avec Jack Nicholson qui est impeccable. Et encore, le mot est relativement simpliste. Entre sont regard de fou, sa grande bouche qu’il peut déformer, son faciès en général, assez dur, il donne une composition incroyable, faisant froid dans le dos, notamment lors de la scène où il tient son fils dans les bras sur le rebord du lit. Shelley Duvall est excellente aussi en femme aimante mais qui subit les choix de son mari. Assez discrète au début, elle va se révéler excellente sur la fin, contribuant à distribuer une frayeur grandissante en voyant son mari perdre les pédales. Mais finalement, le plus fort dans tout cela c’est Danny Lloyd, jouant le petit garçon. Absolument fantastique sur toutes les scènes, il s’amuse même à avoir une double personnalité, représentant son shining. Il est d’ailleurs assez bizarre qu’il n’est fait que ce film et qu’il n’est pas percé ailleurs. Quoiqu’il en soit, il est vraiment très très bon.

Enfin, une fois n’est pas coutume, le film va poser des questions essentiels sur la compréhension de tout cela. Car Kubrick livre aussi un film d’horreur intelligent qui va hanter bien des fans durant de longue décennie. Les fantômes sont-ils réellement des fantômes hantant l’hôtel ? Est-ce que tout cela se passe dans la tête de Jack ? A quoi sert finalement le shining ? Pourquoi Jack meurt-il comme ça sur la fin ? Qui ouvre la porte du garde-manger dans lequel il est enfermé ? Bref, il existe une tonne de questions, mais aussi une tonne de théories plus loufoques les unes que les autres. Quoiqu’il en soit, rares sont les films d’épouvante qui laisse le champ libre à toute interprétation, tout en faisant peur et c’est réellement un coup de maître de la part de Stanley Kubrick.

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Le père Noël n’existe pas !

Au final, Shining est une tuerie qui continue de hanter bien des personnes après plus de trente ans d’existence. Le film n’a pas pris une seule ride et constitue encore ce qu’il se fait de mieux dans le domaine de l’horreur. Un bijou qu’il faut voir et revoir pour en saisir toutes les subtilités. Un film angoissant, étouffant porté par des acteurs hors normes. Bref, un film qui n’a pas usurpé son statut.

Note : 19/20

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Par AqME

MickeyNote de Mickey: 19/20 Un des plus grands classiques de Stanley Kubrick, à ne pas manquer !

Casey SlybackNote de Casey Slyback: 18/20 Surement la meilleure adaptation à ce jour d’un livre de Stephen King à l’écran.

TrasherNote de Trasher: 20/20 The meilleur film d’horreur de tous les temps!

ServalNote de Serval: 19/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « Shining »

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