Numenor – Chronicles

Avis :

Ce n’est pas un fait nouveau, la Fantasy a toujours plu au groupe de Power Métal et certains en sont tellement fans qu’ils en font des porte-étendards pour leurs paroles et leur univers. Et parfois même jusqu’au nom du groupe, à l’image de Numenor, un groupe de Black métal Epique serbe qui sort avec Chronicles sont troisième album studio. Dans la littérature fantastique, Numenor est une île imaginaire sortant tout droit du cerveau génial de J.R.R. Tolkien. On en entend parler vaguement dans Le Seigneur des Anneaux, mais elle est surtout présente dans Le Silmarillion. Cependant, utiliser des thématiques issus de la littérature classique ne fait pas forcément un bon groupe. Il faut aussi trouver des sujets adaptés et une musique en corrélation avec ce que l’on veut raconter. Avec Chronicles, Numenor propose un disque relativement classique dans le genre, mais qui ne mérite pas totalement l’anonymat dans lequel il baigne, puisque malgré son existence depuis 2009, la formation semble lutter pour survivre. Alors certes, l’Epic Black Metal est peu porteur de nos jours, mais même dans les sphères un peu plus underground, Numenor semble en peine et c’est bien dommage car les retours sur les deux précédents albums sont plutôt bons. Quid de ce troisième opus ?

L’album débute avec Heart of Steel, qui est un titre très classique et qui ne surprendra pas grand-monde. On fait face à un Power Metal très simple mais direct et efficace. D’ailleurs, en parlant de direct, c’est bien ce qui frappe avec cet album, sa courte durée, puisque on ne dépasse pas les quarante minutes, ce qui est très rare pour du Black mélangé à du Power. Mais finalement qu’importe pourvu que l’ivresse soit présente. Et si le deuxième morceau n’est pas forcément celui qui restera le plus en tête, la faute à un côté encore trop classique malgré une vitesse d’exécution impressionnante, Numenor va révéler sa puissance avec Witching Hour. Très clairement, c’est à partir de ce morceau que le groupe commence à tabasser pas mal, offrant une vraie ambiance bien dark qui colle parfaitement aux thèmes des sorcières. Le titre est assez viscéral et tranche vraiment avec les deux titres précédents, montrant que le groupe maîtrise plusieurs genres et n’est un profane en la matière. Beyond the Doors of the Night est dans la même veine, sauf qu’il apporte un nouvel élément qui va suivre tout le reste de l’album, une voix féminine à la façon Métal Symphonique. Le mélange de la voix criarde et nasillarde avec celle plus lyrique apporte un vrai élément intéressant à l’ensemble. Un mélange que l’on peut retrouver par exemple dans l’excellent titre Moria (Oui, on reste dans le domaine du Seigneur des Anneaux).

Le principal problème avec cet album, hormis sa trop courte durée, c’est qu’au final, tout finit par se ressembler. Si l’on enlève les deux premiers titres qui vont vraiment très Power Métal classique, le reste de l’album reste dans une zone de confort qui n’est pas désagréable, mais qui manque un peu de variété. Alors oui, certaines compositions sont dantesques à l’image de The Last of the Dragonlords et ses riffs assassins joués avec une rapidité incroyable, mais il manque le petit truc en plus pour le groupe décolle vraiment. D’autant plus que l’album rentre dans toutes les cases du genre, avec notamment la reprise qui va bien, ici Valhalla de Blind Guardian, ou encore l’interlude musical qui donne un petit côté fantasy tout en y ajoutant une petit touche de sombre (Realms Beyond). Alors oui, c’est bien produit, techniquement c’est irréprochable, mais il manque peut-être ce petit supplément d’âme à Numenor pour pleinement satisfaire son auditorat. On notera tout de même que le groupe essaye de varier un peu les genres, mais aussi les instruments avec notamment la présence d’un clavier dans Beyond the Doors of the Night. Ainsi, malgré son aspect « modeste », le groupe propose vraiment quelque chose d’intéressant et de grandiloquent sans pour autant avoir les moyens de groupes d’une autre envergure internationale.

Au final, Chronicles, le dernier album de Numenor, est plutôt une bonne réussite, même si certains lui imputent un plagiat avec Carven Stone. Il n’en demeure pas moins que cet album est technique, bien construit et savamment construit pour ne jamais créé d’ennui chez celui qui écoute. Alors certes, certains morceaux se ressemblent un peu, il manque un vrai hit en puissance, mais globalement, le pari est réussi et ce serait bien que le groupe connaisse une notoriété un peu plus grande, ce ne serait pas volé.

  1. Heart of Steel
  2. Carven Stone
  3. Witching Hour
  4. Beyond the Doors of the Night
  5. Moria
  6. Over the Mountains Cold
  7. Realms Beyond
  8. The Last of the Dragonlords
  9. Valhalla (Blind Guardian Cover)

Note: 15/20

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Par AqME

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