Casa Grande

De : Fellipe Barbosa

Avec Thales Cavalcanti, Marcello Novaes, Suzana Pires, Clarissa Pinheiro

Année : 2015

Pays : Brésil

Genre : Drame

Résumé :

Enfant de l’élite bourgeoise de Rio de Janeiro, Jean a 17 ans. Tandis que ses parents luttent pour cacher leur banqueroute, il prend peu à peu conscience des contradictions qui rongent sa ville et sa famille.

Avis :

« Casa Grande« , sorti en 2015, est un film qui est passé totalement inaperçu et c’est bien dommage, car si le film n’a pas la puissance émotionnelle et poétique de « Gabriel et la montagne« , il n’en reste pas moins une belle et touchante réussite.

Pour son premier film, Fellipe Barbosa a choisi principalement deux thèmes qu’il développe à travers les yeux d’un adolescent. Sensible et profond, « Casa Grande » est une petite perle venue d’ailleurs. Une perle qui rafraîchit, qui touche, autant qu’elle dénonce et met en parallèle deux mondes. Bref, un film injustement méconnu, d’un réalisateur qui se révèle passionnant.

Enfant d’une élite de Rio De Janeiro, Jean à dix-sept ans et n’aspire pas à autre chose que de faire ce que les jeunes de son âge font. Entre la préparation de ses examens et le désir de trouver une copine, car ses hormones sont en ébullition, Jean mène sa vie paisiblement. Mais ce que Jean ignore, c’est que ses parents sont peu à peu en train de s’endetter. Ainsi, du haut de ses dix-sept ans, Jean va vivre une année cruciale.

« Casa Grande » est donc encore une fois une excellente surprise que nous offre là Fellipe Barbosa.

Si au départ, le film peut s’apparenter à un Teen Movie mais en moins drôle, très vite le jeune réalisateur va livrer un film bien plus profond et touchant qu’il n’en a l’air.

Chronique aussi douce qu’elle est amère, « Casa Grande » est un regard plein de subtilités sur l’adolescence, mais aussi sur les différentes classes sociales d’un pays qui fait peu dans la demi-mesure. D’ailleurs, on va prendre beaucoup de plaisir à découvrir ce Brésil à travers les yeux et le quotidien de son jeune héros.

Doté d’une jolie plume et d’un œil sensible, Fellipe Barbosa nous touche beaucoup avec ce premier film et réussit très bien l’approche de ses sujets. L’adolescence est traitée avec drôlerie, émotion, nostalgie et contradiction. Des contradictions qui donnent un vrai fond à son personnage. Timide, mais en même temps sûr de lui, voire parfois arrogant, sensible, avenant mais égoïste, le personnage de Jean est l’un des trésors que cache ce film. Un trésor tenu par le jeune Thalès Cavalcanti avec beaucoup de force et de maturité.

On sera pris par ce que le jeune homme découvre peu à peu sur ses parents. Leur banqueroute, ce secret de famille honteux que le jeune homme comprend peu à peu, mais dont les mensonges familiaux ne font que le troubler et le poussent dans les provocations, une colère intérieure touchante et justifiée.

Le scénario est très bien trouvé et à travers cette crise financière, le jeune réalisateur va donc peu à peu mettre en comparaison deux mondes. D’un côté, la bourgeoisie et ses privilèges, et de l’autre les pauvres des favelas et leur débrouillardise. Réaliste, optimiste et pessimiste en même temps, Fellipe Barbosa ne fait pas dans la caricature ou la facilité. Son film est juste, dénonce quand il le faut, et surtout, il s’emploie à toujours faire la part des choses, car si les bourgeois ont des privilèges, ils auront aussi des difficultés et inversement pour les pauvres. On est donc autant étonné que pris par ce film, cette description, cette chronique de la vie brésilienne.

Une chronique qui nous réserve bien des moments de grâce. Des moments qui font parfois du bien, rendant le tout quelque peu nostalgique, surtout quand le réalisateur s’aventure sur le chemin de l’adolescence. Les premiers amours, les questionnements, les craintes, les années lycées, les potes, les filles… Bref tout ce qui fait l’adolescence.

« Casa Grande » est aussi un très beau film visuellement parlant. C’est un film qui dépayse, qui nous embarque dans plusieurs Rio de Janeiro. Des quartiers riches aux Favelas, des boîtes de nuit à la mode aux soirées plus folkloriques, des trajets en bus à une soirée romantique sur la plage… Fellipe Barbosa filme aussi bien le Brésil qu’il en parle, et le tout en évitant un côté carte postale qu’on a déjà trop vu.

En deux films donc, Fellipe Barbosa s’impose comme un réalisateur intéressant, à l’œil sensible, vrai, et plein de subtilité. « Casa Grande » est son premier film et c’est une belle réussite, même si on doit quand même noter que l’on reste aussi sur notre faim. Car si le final est beau et tendre, il ne conclut pas tout et coupe court à cette chronique. Un choix frustrant, mais là encore plutôt bien vu, car finalement, derrière la chronique de famille ou du Brésil, « Casa Grande » est aussi une tranche de vie et libre à nous d’imaginer la suite de la vie de ces personnages.

Note : 15/20

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Par Cinéted

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