avril 16, 2021

Altitude

De : Alex Merkin

Avec Denise Richards, Dolph Lundgren, Jonathan Lipnicki, Greer Grammer

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Action

Résumé:

Une agent du FBI se voit offrir des millions par un voleur afin de l’aider à s’échapper d’un avion…

Avis :

Les catastrophes aériennes ont toujours été un vivier d’inspiration pour les scénaristes en mal de sensations fortes, de préférence à des dizaines de milliers de pieds d’altitude. L’on a eu droit à quelques films catastrophe sympathiques (le premier Airport), des thrillers oppressants (Flight Plan) ou des films d’action bien ficelés (Non-stop, Ultime décision), voire même des drames poignants (Les survivants). En marge de ces productions, les DTV nous fournissent également quelques pâles copies destinées à contenter l’amateur d’engins volants en perdition. Derrière un titre qui manque clairement d’inspiration et qui n’a rien à voir avec le métrage de Kaare Andrews se dissimule une sombre histoire de détournement…

Au fil des époques, la sécurité aérienne ne cesse de progresser. Des inspections drastiques, une surveillance permanente et une restriction de certains objets rendent proprement improbable toute prise de contrôle d’un appareil par des pirates de l’air. Aussi, les difficultés pour contourner ce genre de problème dans une fiction sont d’autant plus délicates à aborder ; pour ne pas dire vaines. Certes, la présente intrigue évite le piège éculé du terrorisme, thématique ô combien manichéenne et surexploitée. Fort heureusement, on écarte aussi toute question liée à la religion ou au patriotisme, ainsi que certains obstacles logistiques pour réunir des armes à feu en état de marche. On pourrait presque croire qu’Altitude sera un divertissement sympathique à défaut d’être novateur.

D’ailleurs, le rythme reste relativement soutenu pour combler 90 minutes d’action (presque) non-stop. Les codes du huis clos aérien sont globalement respectés et parviennent à explorer l’espace restreint à disposition pour un affrontement en règle. Soute, cabine de pilotage, couloir, classes économique et affaire… Malgré de fréquents allers-retours d’un point à un autre, on se familiarise rapidement avec l’environnement, même les jeux de caméras ne sont pas trop indigestes pour passer d’un lieu au suivant. Et pourtant, le spectateur se heurte à de nombreuses tares au fil d’un parcours qui gagne en surréalisme et en absurdité de manière irrémédiable.

À commencer par les incohérences qui forgent les motivations principales des antagonistes. L’ensemble reste incompréhensible (à la fois simple et très stupide) au vu de leur passif, du moins ce qui nous est vite expliqué. Autre élément complètement farfelu, la cachette dans un compartiment radioactif qui n’alerte pas les autorités. Vraisemblablement absentes le jour de l’embarquement, celles-ci laissent même les armes passer au travers des contrôles et l’on ne parle pas ici du pistolet d’un certain officier pleutre au possible. Mais ces errances ne sont rien en comparaison de la tournure des événements qui, sous couvert d’une touche humoristique complètement décalée, entreprend une chute libre sans jamais redresser le manche.

La cause principale de cet imbroglio scénaristique réside surtout dans les comportements des différents intervenants. Un Dolph Lundgren en mode « bad guy » trop effacé dans son poste de pilotage, un Chuck Liddell empoté et pas très futé et une Denise Richards fatiguée en héroïne par défaut… On a droit à des réparties basiques, mais surtout à des réactions improbables et incompréhensibles. Un peu plus d’intelligence par-ci, un peu plus de persévérance par-là et certaines orientations du récit auraient pu être tout autre. Mais la caractérisation va même jusqu’à dénaturer certains personnages pour pousser à l’absurdité une dernière partie en totale perte de contrôle.

Au final, Altitude est un film d’action médiocre et peu crédible. Derrière la linéarité de l’intrigue, imprécisions et incohérences se disputent la vedette. Bien que nerveuse, la progression se fourvoie dans une somme de clichés et d’idioties qui finissent par ôter tout intérêt à l’histoire. Les rares affrontements sont relativement mous, mal dirigés et contrastent pourtant avec une bonne assimilation d’un espace réduit. Il est difficile de faire l’impasse sur autant de faiblesses ; anodines pour certaines, honteuses pour d’autres. Pas forcément d’une nullité effarante, Altitude n’en demeure pas moins un DTV modeste et clairement dispensable dans le paysage des catastrophes aériennes.

Note : 08/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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