La Belle et la Bête

De : Jean Cocteau

Avec Jean Marais, Josette Day, Marcel André, Mila Parély

Année : 1946

Pays : France, Luxembourg

Genre : Fantastique

Résumé :

Pour l’offrir à sa fille, le père de la Belle cueille, sans le savoir, une rose appartenant au jardin de la Bête, qui s’en offense. Afin de sauver son père, la Belle accepte de partir vivre au château de la Bête.

Avis :

Immense poète français, peintre, dessinateur, romancier, dramaturge, metteur en scène, musicien, acteur, réalisateur… Jean Cocteau est l’artiste dans toute sa splendeur. Ayant marqué le XXème siècle à l’encre indélébile, il reste plus de cinquante années après son décès une source inépuisable d’inspiration.

Réalisateur fabuleux, « La belle et la bête » est le deuxième film de Jean Cocteau. Un film qui arrive pas moins de seize ans après son premier essai, « Le Sang d’un poète« .

Adaptant le célèbre conte du même nom, Jean Cocteau livre ici un film d’une grande poésie baroque. Un film qui, on ne peut le nier, a vieilli et pas qu’en bien. Mais s’il a vieilli, cette poésie qui l’habite et habille chacune de ses scènes fait que ce film reste encore aujourd’hui, plus de soixante-dix ans après sa sortie, un bijou de cinéma, une œuvre incroyable d’une grande beauté et habité par de sacrés acteurs.

Pour avoir coupé une rose dans la propriété d’une bête, un homme se voit mis à mort. Cette rose était destinée à l’une de ses filles. La bête propose à l’homme d’envoyer l’une de ses filles à la mort, pour que lui vive. Ayant demandé à son père cette rose, Belle sa fille, se sacrifie, mais contre toute attente, la bête ne tue pas Belle. Belle est même très bien traitée et peut vivre comme bon lui semble dans le château hanté de la bête.

Envie d’un conte de fées en images ? N’hésitez plus et partez voir cette version de 1946, qui, si elle a vieilli, n’a pas perdu de sa poésie et de son authenticité. « La Belle et la bête » version Cocteau est un film en dehors du temps. C’est un film qui demeure passionnant sur bien des caractères, à commencer par ses comédiens magistraux. Josette Day est magique dans la peau de Belle. Jean Cocteau la filme amoureusement et l’on restera presque ému devant ses grands yeux, qui font passer toutes les émotions de son personnage. En face d’elle, dans plusieurs rôles, on trouve l’immense Jean Marais qui, s’il est quelque peu quelconque dans le rôle d’Avenant, prétendant amoureux de Belle, crève tout simplement l’écran dans la peau de la bête. Incroyable de prestance, Jean Cocteau arrive en permanence, dans toutes ses scènes, à le rendre visuellement terrifiant et répugnant, mais aussi magnifiquement beau et poétique, notamment de par les dialogues que le comédien balance avec une diction et une présence magique. Une présence qui donnerait presque à lui seul la définition du conte de fées.

Loin des dernières adaptations, cette version rétro de « La Belle et la bête » est aussi l’occasion de découvrir le film et surtout l’histoire autrement. Ainsi, si dans les grandes lignes, l’histoire reste la même, on découvrir que Belle a deux sœurs qui sont de véritables chipies imbuvables. On restera pris aussi par une fin bien différente de celle que l’on connaît tous.

« La Belle et la bête » est un film d’un grand onirisme, dont la mise en scène, quand on la replace dans son contexte, est tout simplement extraordinaire. On reste autant bluffé qu’amusé devant toutes les trouvailles enchanteresses pour faire vivre ce château et ses occupants fantomatiques. Il est vrai que le film a pris des rides, que la narration se fait parfois un peu longue, et que certaines des trouvailles ne tiennent plus vraiment la route aujourd’hui, mais malgré ses défauts apportés par les années, cette version de « La Belle et la bête » demeure magique, et finalement ces défauts peuvent aussi être des qualités, car ils donnent un charme certain au film.

« La Belle et la bête » de Jean Cocteau est donc une séance de cinéma en dehors du temps. Un film qui envoûte par son ambiance rêvée, par son ambiance de conte de fées d’un cinéma qu’on ne trouve plus aujourd’hui.

Œuvre culte, le deuxième film de Jean Cocteau reste un bijou de cinéma, que j’ai adoré découvrir, aussi bien pour cette lecture du conte que je ne connaissais pas, que pour ses idées, ses trouvailles, ses acteurs et son côté rétro.

Note : 15/20

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Par Cinéted

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