Septicflesh – Codex Omega

Avis :

De la Grèce, il nous reste les jolies ruines antiques, la fameuse dette et peut-être un peu de bouffe comme le fromage Salakis. Et pour la musique, à part tourner en rond en dansant la gigue avec un chapeau sur la tête, ce n’est pas la joie non plus, surtout si on est amateur de métal. Et pourtant, au tout début des années 90, un groupe commence à émerger et se fait entendre un peu partout en Europe, notamment à cause d’un chant guttural puissant et de riffs faisant trembler l’Acropole. Septic Flesh va s’orienter vers un Death Métal brutal, mais qui s’adoucit grâce à des orchestrations philarmoniques, donnant une dimension épique à leurs compositions. Cependant, le groupe se sépare pour que chaque membre puisse vaquer à ses occupations personnelles, créant de-ci de-là d’autres groupes qui ne fonctionneront qu’à moitié. C’est en 2008 que le groupe décide de se reformer et livre Communion qui semble, d’un commun accord, être une pierre angulaire pour le groupe. Depuis, tous les trois ans c’est la même chose, Septicflesh (qui a attaché les deux mots pour symboliser la réunion du groupe) sort un nouvel album très attendu, et aujourd’hui on s’arrête sur le dernier en date, Codex Omega, qui est le dixième effort de la bande. Et comme toujours depuis maintenant neuf ans, ça envoie du lourd.

Il faut dire que pour cet album, le groupe s’est entouré de l’orchestre philarmonique de Prague, ainsi que de deux musiciens spécialisés, à savoir Giannis Poupoulis pour l’oud et Vahan Galstyan pour le duduk. Des instruments que l’on n’a pas forcément l’habitude de voir dans le monde du Death, mais qui apporte un plus indéniable dans les productions de Septicflesh. Et dès l’introduction, on sent que l’on n’est pas tombé sur un groupe commun. Dante’s Inferno livre une première partition sous forme de guitare sèche et de violons qui vont donner une ambiance très sinistre à la pièce. Mais dès que les riffs agressifs se font entendre, alors le morceau prend une autre ampleur, ne laissant que peu de place à la respiration, notamment avec une batterie ultra rapide et un chant d’une rare violence. Pour autant, le côté grandiloquent va amoindrir l’aspect très sélectif de Septicflesh. C’est-à-dire que le groupe pourrait être réservé à une catégorie de gens n’écoutant que du métal extrême et pourtant, avec l’apport du philarmonique, les morceaux prennent une autre dimension, offrant vraiment des pièces surprenantes et d’une grande efficacité. On peut bien évidemment parler de Portrait of a Headless Man et de son duduk qui met l’accent sur des sonorités arabisantes et offre ainsi une atmosphère particulière, entre chaleur et désespoir. Lorsque les riffs arrivent, la rythmique s’emballe et on a de suite envie de headbanger, notamment grâce l’apport des violons qui donnent une dimension aérienne au morceau. Dans le même style, on peut aussi citer Faceless Queen, qui laisse plus de place au chant clair, mais qui reste d’une efficacité à toute épreuve, en plus de démontrer ce talent inné pour placer des instruments classiques avec des riffs très lourds de guitares électriques.

Si cet apport philarmonique apporte vraiment quelque chose en plus à l’album, notamment un côté septième art épique qui n’est pas pour nous déplaire, il arrive aussi que Septicflesh se perde un peu dans une violence trop rapide, perdant ainsi le sens de la mélodie. On peut évoquer l’introduction de 3rd Testament par exemple, qui fait penser à une attaque massive d’éléphants géants sur un campement gobelins ou encore le début de Our Church Below the Sea, qui se fait tout de même un peu plus heavy que le reste, avec des riffs un peu plus légers. Mais encore une fois, ce qui fait la force de ce groupe grec, faut-il le rappeler, c’est que chaque titre, après plusieurs écoutes, continue de dévoiler des choses que l’on n’avait pas entendu. Et que ce soit dans des sons classiques apportés par le philarmonique ou des breaks de guitares, il y a toujours quelque chose à se mettre à l’oreille avec Septicflesh, démontrant un énorme travail de structure. Cela peut s’entendre sur The Gospels of Fear ou encore Enemy of Truth qui présente un énorme travail entre la rapidité de l’orchestre et la lourdeur des riffs, créant un certain dimorphisme pour mieux se récupérer par la suite et trouver une osmose que ne renierait pas le cinéma pour rendre n’importe quel scène de bataille encore plus épique. La petite cerise sur le gâteau est la présence de trois titres bonus qui ne sont que des versions orchestrales de trois autres morceaux de l’album, et cela donne de vrais frissons.

Au final, Codex Omega, le dernier album en date de Septicflesh, est une belle réussite. Métal extrême pour certains, prodiges d’une scène trop rare pour d’autres, le groupe grec met tout le monde d’accord avec cet album qui synthétise parfaitement les deux genres pour offrir une galette d’une richesse rare, ne laissant personne indifférent et montrant que l’apport d’un orchestre philarmonique ouvre la voie à des perspectives insoupçonnées. Bref, un grand album.

  1. Dante’s Inferno
  2. 3rd Testament
  3. Portrait of a Headless Man
  4. Martyr
  5. Enemy of Truth
  6. Dark Art
  7. Our Church Below the Sea
  8. Faceless Queen
  9. The Gospels of Fear
  10. Trinity
  11. Martyr of Truth
  12. Dark Testament
  13. Portrait of a Headless Man

Note: 17/20

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Par AqME

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