Red Rising T.03 – Morning Star – Pierce Brown

Auteur : Pierce Brown

Editeur : Hachette

Genre : Science-Fiction

Résumé :

« JE SUIS LE FAUCHEUR.JE CONNAIS LA DOULEUR. JE CONNAIS LES TÉNÈBRES.CE N’EST QUE LE DÉBUT. » Darrow aurait voulu vivre en paix. Ses ennemis l’ont jeté dans la guerre. Darrow s’est élevé parmi les puissants qui dirigent la Sociétépour mieux préparer sa révolution. À présent,la fin du règne tyrannique des Ors a enfin sonné. Malgré les doutes qui l’assaillent, malgré les anciens amis qu’il va devoir affronter aux quatre coins du Système solaire, Darrow est plus que jamais déterminé à briser les chaînes?

Avis :

Le dernier tome de la trilogie Red Rising est une fin de dystopie plutôt convaincante mais toutefois décevante. La fin de la guerre menée par Darrow se termine par un scénario à rebondissements inattendus même si la plupart des actions, des alliances et des combats apparaissent évidents depuis le début. Comme finalement beaucoup de livres de ce type, l’intrigue s’évertue à nous présenter l’annihilation d’un système sans nous en montrer sa reconstruction, qui reste le point le plus difficile dans un monde mis à feu et à sang. Le court épilogue exprime cette idée en nous faisant comprendre que le système et la société auront besoin de temps pour s’en remettre. Tout lecteur avisé se doute bien des difficultés engendrées par ce genre d’évènements et reste ainsi sur sa faim lors de sa dégustation des dernières pages. Une révélation touchante réchauffe un peu les cœurs déçus de cette fin quelque peu abrupte.

Contrairement aux autres tomes, les personnages sont plus attachants et plus humains dans Morning Star. Les épreuves vécues à la fin du tome 2 les ont profondément chamboulés et leur ont fait comprendre que la vie était précieuse. On apprend enfin à vraiment les aimer et à les soutenir dans leurs combats. Les morts de leurs proches sont plus choquantes, plus marquantes et Darrow en est bien plus affecté que d’habitude. L’humanité des héros fait du bien et nous rapproche d’eux. Le lecteur ressent davantage la détresse de Darrow et ses doutes dans ce tome. Il se confie bien plus, tant aux lecteurs qu’à ses camarades.

Le style de l’auteur est aussi changé. Le livre est plus long et pour cause : les descriptions des émotions et des évènements sont plus poétiques, moins violentes et moins brutales dans leur syntaxe. On sent un réel changement dans le ton donné à ce roman qui se veut une belle fin en apothéose. De plus, les dialogues entre personnages sont bien plus nombreux, plus longs et sont touchants. Ce qu’ils font ressortir n’est pas inutile et permet de mieux approfondir certains caractères ou certaines situations. Le dialogue avec Vif-Argent est un des plus prenants, étant donné sa portée politique, philosophique et idéologique et les visions de la société qu’il cherche à créer.

La politique est bien plus présente dans ce livre et fait avancer l’intrigue principale d’une belle manière. Darrow cherche de nouvelles alliances et ne mène pas toujours ses négociations par la lame de son rasoir, notamment grâce à l’aide de Mustang, fine tactico-politicienne. Cette quête d’alliés a mené à l’élaboration de beaux et émouvants chapitres sur les Obsidiens et leur contrée qui rappelle volontairement le monde des dieux nordiques. L’amoureux de mythologie scandinave s’y retrouvera avec plaisir et appréciera toutes les allusions faites lors de ces passages.

Ce livre comporte un peu moins d’actions que le tome précédent et celles-ci sont plus espacées étant donné les dialogues ajoutés. Le lecteur se sent moins acculé et moins perdu. Les descriptions des scènes d’action sont un plus explicites et moins brouillonnes. Certaines n’apparaissent néanmoins toujours pas de façon très claire et on se perd facilement à certains moments. On attend alors désespérément la fin pour réellement comprendre ce qui s’est passé et pour saisir le plan de Darrow dans son ensemble. Le dernier quart du livre regroupe une grosse part des scènes de batailles et on se lasse rapidement après quelques combats spatiaux qui ne semblent jamais se finir et qui semblent se répéter sans cesse.

Dans ce livre, les personnages sont traités de manière particulière. Sevro et Victra sont importants surtout dans la première moitié et perdent de leur importance ensuite, laissant place au couple formé par Darrow et Mustang, qui montre enfin toute sa puissance. Certains autres personnages secondaires comme Holiday, Cassius ou Roque sont mis en valeur par des dialogues prenants et plein de finesse. Certains Ors apparaissent comme moins barbares, étrangement plus méritants et plus compréhensifs, comme si le fait de voir leur société basculer les faisait enfin réagir et devenir humains. On reste tout de même surtout du côté des Ors dans cette bataille même si de nombreux Rouges et autres factions sont de la partie. La divergence des points de vue est intéressante et est un peu décrite par l’auteur.

Changer une société ne se fait pas en un jour et demande beaucoup d’effort de la part de tous les niveaux hiérarchiques et sociétaux. La trilogie montre bien qu’il faut d’abord « détruire pour reconstruire », formule d’ailleurs souvent répété par Mustang. La trilogie montre parfaitement la première étape mais ne s’attarde pas du tout sur la seconde, ce qui est bien dommage, voire un peu trop facile.

Note : 15/20

Par Lildrille

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