octobre 26, 2020

Pet

De : Carles Torrens

Avec Dominic Monaghan, Ksenia Solo, Jennette McCurdy, Da’Vone McDonald

Année : 2016

Pays : Etats-Unis, Espagne

Genre : Thriller, Horreur

Résumé :

Seth, trentenaire maladroit et inquiétant, tente de séduire Holly, une serveuse, mais échoue lamentablement. De plus en plus obsédé par la jeune fille, Seth kidnappe Holly et l’enferme dans une cage au refuge animalier où il travaille.

Avis :

Il y a quelque chose d’étranges dans la distribution des films en France, c’est le fait de renommer ou non un titre. Si bien souvent, les titres restent inchangés, on se demande parfois pourquoi on met en français des titres que l’on comprend très bien en langue d’origine ou alors qu’on les renomme en anglais. Les exemples sont légion et cela agace mais ne change rien à la qualité du film. Néanmoins, quand un film se nomme Pet et que rien ne change chez, nous, cela pousse à la blague vaseuse et il est fort à parier que certains n’arriveront pas à prendre le film au sérieux. Pourtant, dans Pet de Carles Torrens, il n’est pas question de flatulences et encore moins de rigolade, puisque le terme signifie « animal » et qu’il sera question d’un thriller psychologique à tendance horrifique qui connaîtra les affres du DTV. Pourtant, même si le film est loin de chambouler le tout Hollywood, il en résulte un métrage propre, qui essaye de se jouer sur un twist final, mais qui manque de consistance et d’enjeux.

Pour la petite histoire, on va suivre Seth, un trentenaire travaillant dans un refuge pour animaux, qui a quelques difficultés avec les relations humaines. Introverti, souvent bizarre dans sa façon de se tenir, Seth tombe amoureux d’une ancienne connaissance du collège. Comme elle ne veut pas de lui et sa façon de montrer son amour est assez insistante, Seth décide de kidnapper la belle et de la foutre dans une cage, au sous-sol du refuge où il bosse. Il va alors venir la voir un peu tous les jours pour la « dresser » et la soigner en espérant qu’elle tombe amoureuse de lui, en succombant au syndrome de Stockholm. Le pitch est donc assez simple et il faut s’attendre à un film plutôt bavard, s’appuyant sur les psychologies de chacune. Et si à quelque part le film est réussi de ce côté-là, il va complètement se rater dans son climax en milieu, et surtout, il manquera de consistance pour passionner durant plus d’une heure trente.

Le principal problème de ce film, c’est qu’il n’est pas forcément long pour se mettre en place, mais qu’il n’a pas les épaules pour tenir sur tout un film. Le début est plutôt accrocheur, avec un personnage principal inquiétant, asocial, qui essaye de s’intégrer mais qui se fait rabrouer par tout le monde sans raison apparente. Dominic Monaghan, qui donne corps à ce personnage, est parfait, surtout au début, jouant presque comme un autiste ou un automate, ne laissant transparaître aucune émotion. L’approche auprès de la jeune femme est intéressante, car on voit le film du côté du psychopathe (du moins, c’est ce que le réalisateur nous suggère au départ) et cela rajoute une tension supplémentaire, nous permettant de voir l’évolution du jeune homme dans son amour et sa volonté d’avoir cette fille près de lui. Espionnage des comptes Facebook, liste de ce qu’elle aime et de ce qu’elle n’aime pas, envoi de roses rouges, bref, tout y passe et le métrage prend des allures de thriller psychologique tourné sur l’épaule du malfaiteur.

Mais le film se perd en route, notamment à partir du moment où la nana est dans la cage. Ce n’est pas un spoil, puisque l’affiche est suffisamment explicite pour que l’on puisse comprendre cela. A partir de ce point, Pet se veut un thriller psychologique qui va jouer sur un duel de palabres entre le déséquilibré et la jolie nana enfermée dans la cage. La joute verbale va être interminable et on va petit à petit se désintéresser de ce qui se passe dans le film. Entre une histoire de dressage et un twist imprévu plutôt bien vu, mais qui grille toute la suite du film, on reste dans quelque chose de décevant et qui n’a pas beaucoup d’ambitions. Il est difficile d’en dire plus sans révéler le twist qui fait que le film tienne un peu la route. Cependant, si cela relève un peu l’intensité du film, l’ensemble retombe rapidement lorsque le scénario veut faire une métaphore sur l’amour. En effet, le film se fait opposer deux visions de l’amour et l’un va prendre l’ascendant sur l’autre sans qu’il y ait vraiment de construction logique. On tombera alors sur une fin très décevante, voire nanardesque, et ce ne sont pas les beaux yeux et la jolie culotte de Ksenia Solo qui masqueront le vide du film.

Au final, Pet est un film assez décevant sur son concept d’huis-clos, malgré un twist qui aurait pu être bien vu et mieux exploité. En l’état, on se retrouve face à un petit thriller psychologique teinté d’horreur qui manque d’envergure et d’une mise en scène un peu plus foudroyante. Si tout n’est pas mauvais, loin de là, on reste face à un petit film dont le destin en DTV est totalement justifié, malgré la présence d’un sympathique Dominic Monaghan et d’une idée de métaphore qui aurait gagné à être plus exploitée.

Note : 10/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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