octobre 27, 2020

La Reine Margot

De : Patrice Chéreau

Avec Isabelle Adjani, Daniel Auteuil, Jean-Hugues Anglade, Vincent Perez

Année : 1993

Pays : France, Italie, Allemagne

Genre : Historique

Résumé :

Elle est belle, elle est catholique, elle est la sœur du roi, elle s’appelle Marguerite de Valois. Son frère l’a surnommée Margot. Henri de Navarre est protestant, on dit qu’il est mal élevé, mal rasé, qu’il sent l’ail et la sueur. On les marie de force. C’est une manœuvre politique : il faut réconcilier les Français déchirés par les guerres de religion. Six jours après le mariage célébré à Notre-Dame, ce sera la nuit de la Saint-Barthélemy. Au milieu de cette nuit d’horreur un jeune homme percé de coups d’épée frappe désespérément à la porte de Margot. La Môle est protestant, il doit mourir comme les autres. Mais Margot le cache, le soigne et se met à l’aimer. Cette nuit-là tout bascule.

Avis :

Patrice Chéreau est un réalisateur trop sous-estimé, qui n’a pas toujours l’unanimité au cours de sa carrière. Metteur en scène de théâtre et d’opéra, tout en étant très prolifique pour le cinéma, Patrice Chéreau, ce n’est pas moins de quatorze longs métrages et s’il y en a un qui a su faire s’accorder les gens, c’est bien sa  » … Reine Margot« .

Fresque d’un peu moins de trois heures, « La Reine Margot » est peut-être bien le chef d’œuvre de Patrice Chéreau. D’ailleurs, il dit que c’est avec ce film qu’il a appris à faire du cinéma, alors que ce dernier était son huitième film.

Revenant sur la disparition de la famille Valois du trône de France, Patrice Chéreau nous offre une grande fresque aussi passionnante qu’elle est intense. Si on pourra reprocher au film d’être parfois théâtral, il n’en reste pas moins que l’on se laisse totalement immerger dans ce grand drame et une fois le générique arrivé, on se dit même que l’on se serait bien laissé encore plus longtemps immergé, tant le réalisateur a su trouver le ton, les mots et les scènes justes pour raconter cette grande partie de l’histoire de France.

La France est plongée depuis plusieurs années dans une guerre qui oppose les catholiques et les protestants. Un accord, sous la forme d’un mariage, est censé mettre fin à tout cela. Ainsi, le Roi Henri de Navarre protestant, épouse Marguerite de Valois, sœur du Roi de France et catholique. Mais ce mariage qui devait apporter la paix, n’était qu’un leurre et très vite, la haine reprend le dessus. Une violence qui amènera à bien des massacres.

Famille, complots, trahisons, sexes, romances, décadences, politique, religion, amour et violence sont principalement les vecteurs de cette immense fresque, aussi démesurée qu’elle est passionnante.

Co-scénarisé avec l’aide de Danièle Thompson, sur les écrits d’Alexandre Dumas, « La Reine Margot » fait partie de ces films grandioses qui sont touchés par la grâce. Soutenu par un scénario impeccable, travaillé et méticuleux, Patrice Chéreau ne nous perd jamais dans les méandres de sa fresque. De son ouverture incroyable, à la maudite nuit de la Saint-Barthélémy. Des complots pour assassiner Henri de Navarre, futur Roi de France, à sa relation ambiguë avec sa femme. De ce mariage politique à l’amour entre Margot et Joseph Boniface de La Môle. Ou encore de la haine et des coups fourrés de Catherine de Médicis, pour préserver sa famille, ce qui la mènera à sa perte d’ailleurs. Sans oublier bien entendu cette guerre haineuse entre catholique et protestant… Bref, Patrice Chéreau nous explique parfaitement le contexte, l’époque et les liens entre les personnages, avec un scénario on ne peut plus solide. Riche et parfaitement romancé, « La Reine Margot » nous tient alerte à tout instant. Chaque scène, chaque conversation appelle à la suite et l’on a envie en permanence d’aller plus loin, d’où la frustration, quand on voit le générique de fin arriver. Cette frustration ressentie est aussi un bel élément, puisqu’à la fin, on a tendance à vouloir en savoir plus et du coup à se renseigner sur ce qui s’est passé par la suite.

Si le scénario est l’un des points forts du film, il n’est pas le seul. Avec « La Reine Margot« , il faut saluer la mise en scène qui demeure simple, mais très belle. Une mise en scène qui n’hésite pas à se faire violente, politique, démesurée ou encore romantique quand l’histoire le demande.

On soulignera l’incroyable travail sur la reconstitution d’époque. « La Reine Margot » est sans nul doute l’un des plus beaux films que j’ai pu voir, aussi bien dans ce qu’il raconte, mais aussi dans ces décors grandioses et réalistes. La scène d’ouverture est incroyable ! Et le tout est habillé par une BO aussi fascinante que le film lui-même.

Enfin, le dernier point fort du film, c’est sans conteste son casting. Un casting incroyable dont Patrice Chéreau a su tirer le meilleur d’eux. Citer Isabelle Adjani, Jean-Hugues Anglade, Daniel Auteuil, Vincent Perez, Pascal Grégory, Jean-Claude Brialy ou encore Thomas Kretschmann, n’est que justice tant chacun d’eux est littéralement possédé par son rôle, le rendant unique dans leur carrière.

Mais pourtant, malgré l’excellence de ce casting, deux sortent encore plus du lot, Dominique Blanc et Virna Lisi. La première est pleine de charme, et se trouve être très touchante, quant à la seconde, elle est littéralement l’incarnation du respect, et sa simple présence créée un certain malaise. Elle est flippante !

Mettez donc tous ces points fort bout à bout et vous obtenez donc de « La Reine Margot« , un chef d’œuvre qui ne perd rien de sa superbe. Passionnant, violent, entre complot et amour déchirant, « La Reine Margot » est une grande réussite qui assure aussi bien le spectacle que les émotions. Bref, l’un des plus grands films de Patrice Chéreau, peut-être même son plus grand…

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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