janvier 27, 2022

The Bates Haunting

De : Byron Turk

Avec Jean Louise O’Sullivan, Zachary Fletcher, Ryan Dunn, Rocco A. Amato

Année : 2012

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Agnès Rickover n’est pas une jeune fille typique. Il y a un an, sa meilleure amie est morte dans un accident tragique au “Bates Motel and Haunted Hayride”. Devenue obsédée par cet incident, Agnès veut découvrir la vérité avant qu’il n’y ait d’autres victimes…

Avis :

Le film d’horreur est souvent le choix du premier film. Si certains peuvent y voir une certaine immaturité, c’est aussi que le cinéma de genre est un endroit livre de toute expression et chacun peut y faire ses premières armes sans pour autant être juger. En effet, souvent peu exploité en salles, le cinéma d’horreur permet plus de liberté d’expression, mais aussi de mise en scène et donc d’exploration. C’est un cinéma qui peut aussi se faire avec des budgets modestes comme peuvent en attester des films comme Evil Dead, Duel ou encore Braindead. Sauf que certains petits malins pensent qu’il suffit de peu de choses pour faire un bon film d’horreur. Et bon nombre de jeunes réalisateurs se plantent complètement, n’alignant que quelques séquences gores et des scénarios anémiques dans l’espoir vain de se faire voir. Byron Turk fait partie de cette catégorie, offrant avec The Bates Haunting, une purge qui en plus de cela salit le nom de l’un des plus célèbres boogeyman.

Au rayon des titres putassiers et racoleurs, offrez-nous The Bates Haunting. En effet, quand on regarde l’affiche, on pourrait croire que le film fait référence à Norman Bates, le tueur psychopathe de la licence Psychose. Or, dans ce film, il n’en est rien. Ici, on va suivre l’enquête d’une jeune femme qui va bosser dans un parc d’attraction horrifique où tous les employés disparaissent les uns après les autres. Film d’horreur de base qui ne comporte que peu d’idées, le film de Byron Turk accumule les poncifs du genre, en plus de desservir son film avec une mise en scène indigne et d’une nullité sans faille. C’est-à-dire que pour faire aussi mauvais, il faut vraiment le vouloir. Le métrage débute par des rencontres saugrenues où la meilleure amie de l’héroïne va faire son premier show dans le parc. Manque de bol, elle se fait cramer la gueule par un dragon en papier mâché. Une paire d’années plus tard, le parc réouvre et selon un psychologue averti, notre héroïne, qui est aussi la fille du shérif, doit travailler dans ce parc pour exorciser ses démons. D’entrée de jeu, le film est débile sur ses intentions. On aura droit à des dialogues insipides, des caméos inutiles comme Bam Margera et le regretté Ryan Dunn de Jackass, et surtout une raison improbable pour que la jeune fille fasse le deuil de sa meilleure amie.

Et c’est là que le bât blesse, puisque si tu as un budget faible pour faire ton film, la seule chose sur laquelle tu peux faire quelque chose de bien, c’est l’écriture de ton scénario et l’approfondissement des personnages. Ici, rien n’est vraiment sérieux. L’héroïne est transparente, son meilleur ami fumeur de drogue est d’une banalité flagrante et que dire du défilé de débiles qui peuplent le parc d’attraction. Quand on regarde The Bates Huanting, on ne peut s’empêcher de faire un crachat à la gueule des fans d’horreur. Pourquoi ? Tout simplement parce que le personnel qui travaille dans le parc sont tous des fans d’horreur et il y a forcément une projection qui va se faire. Comment ne pas croire que Byron Turk voit les fans d’horreur comme ses consanguins ? Et que dire de l’écriture du scénario dans sa globalité. Non seulement c’est très mal foutu, bordélique, mais en plus de cela, le twist final n’a aucun sens. Car en plus de ne donner aucune bonne raison aux différents meurtres, c’est d’une grande incohérence.

Et que dire des effets gores et de l’ambiance. En premier lieu, c’est totalement ridicule. Afin de pallier le manque de budget, le montage fait office de cache misère. C’est-à-dire que pour masquer des effets artisanaux médiocres, on décide de faire des clips vidéos hyper cut, saturant l’image afin de ne rien voir. Ensuite, les gros plans sont très laids et le jeu des acteurs ne favorise vraiment pas la projection dans la douleur. En fait, le film veut vraiment insérer des moments gores, mais il ne s’en donne jamais les moyens. A titre d’exemple, un homme va se faire guillotiner en deux temps à cause d’une lame émoussée, mais sur le premier coup, il garde sa lucidité et ne montre pas sa souffrance, voire même sa mort imminente. On peut aussi pester contre de la nudité gratuite et des comportements scabreux et stupides. Le coup de l’homme débile qui se masturbe en regardant un couple baiser dans un champ de maïs est gênante et n’apporte rien à l’intrigue. Tout comme le comportement du couple qui baise et n’entend même pas la moissonneuse-batteuse qui se rue sur eux. Beaucoup de séquences sont complètement incohérentes et hors de propos, n’apportant finalement que de la gêne. Et puis l’héroïne semble s’en battre grandement le cigare des différentes morts  vu son inexpressivité.

Au final, The Bates Haunting est un très mauvais film d’horreur, et même un très mauvais film tout court. Ne faisant aucun effort pour soigner son métrage, Byron Turk accumule les tares et les moments insupportables, le tout dans un mauvais goût à peine dissimulé. On se retrouve donc face à un métrage amateur, qui tient plus du moyen-métrage d’ailleurs, le film durant à peine 1h15, et qui n’arrive jamais à nous tenir en haleine, la faute à des personnages médiocres et une mise en scène complètement aux fraises. On dirait un film fait entre potes et c’est navrant de voir que cela sort en grande distribution.

Note : 01/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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