Stone Sour – Hydrograd

Avis :

Originaire de Des Moines dans l’Iowa, Stone Sour possède une histoire assez particulière. Durant les années 90, le groupe a un concurrent de taille dans sa ville, à savoir Slipknot. Corey Taylor, alors chanteur dans le groupe de Stone Sour, se fait débaucher pour aller dans le groupe de métal porteur de masques, et quitte pendant un temps sa première formation. Cependant, il n’oublie jamais les copains et il faut dire que Slipknot fait un métal assez puissant alors que Stone Sour, malgré quelques fulgurances métalliques, fait plutôt dans le hard rock, et le jeune frontman revient vers ses premiers amours pour recomposer Stone Sour après le succès fulgurant de Slipknot. Réussissant parfaitement à gérer les fonctionnalités des deux groupes, Corey Taylor devient rapidement une icône incontournable de la scène métal. Depuis, il enchaine les projets, les tournées et les enregistrements studios avec les deux formations. Mais aujourd’hui, on va se pencher sur le cas Stone Sour, puisque le sixième album, Hydrograd, vient de sortir et parce qu’il succède à un double album concept, House of Gold and Bones, qui fut une belle réussite, malgré un second album moins plaisant que le premier. Retour donc à quelque chose de plus consensuel, mais qui va se révéler plus puissant, plus généreux et cela malgré un changement de guitariste solo, puisque James Root est remplacé par Christian Martucci.

Le skeud démarre avec une longue introduction de plus de deux minutes, lâchant des riffs de gratte assez lourds et donnant une forte envie de se lancer à corps perdu dans l’album. Et la suite ne sera qu’un bonheur abondant. Le vrai premier titre est Taipei Person/Allah Tea et d’entrée de jeu, le groupe envoie la purée, délivrant un savant mélange de métal et de rock bien senti. C’est lourd mais c’est relativement accessible et le couplet se calme afin de permettre à Corey Taylor de poser sa voix sans pour autant aller dans le growl ou le chant crié. Cependant, l’ensemble est suffisamment puissant pour emporter son public, enchainant par la suite avec un refrain plutôt pop rock, mais qui se révèle ultra catchy et accroche l’oreille d’entrée de jeu. Ce qui sera sensiblement la même chose avec Knievel Has Landed, même si le tempo est plus rapide et si les riffs semblent encore plus lourds. On sent que le groupe a repris du poil de la bête et qu’il ne veut pas faire dans la dentelle. Cela se ressent même sur certains titres très violents, proche d’un Slipknot avec notamment Fabuless, le premier morceau choisi pour vendre l’album et qui critique ouvertement la télé-réalité et ces gens qui n’ont aucun talent mais qui deviennent des stars. On ressentira cette même colère dans des titres comme Whiplash Pants ou encore Somebody Stole my Eyes, le morceau le plus heavy de l’album.

Mais réduire Stone Sour à cela serait absurde et il ne faut surtout pas les comparer à Slipknot, même si avec les années, les deux groupes ont tendance à se rapprocher dangereusement. Avec Hydrograd, le groupe montre aussi quelques prédispositions à la ballade, comme il a déjà pu le montrer auparavant avec Through Glasses ou encore Bother. Ici, il y a deux pistes qui se détachent, c’est bien entendu Ste Marie et When the Fever Broke. Pour le premier morceau, on est dans un titre assez inédit qui pourrait correspondre à un titre sudiste d’une beauté sidérante et avec des paroles d’une grande douceur. Corey Taylor montre tout son talent au niveau du chant, devenant touchant et le morceau, aussi surprenant que cela puisse paraître, devient une référence au sein de l’album, marquant une rupture et un savoir-faire tout simplement ahurissant. Pour When the Fever Broke, qui clôture l’album, on est plus dans quelque chose de planant, d’aérien, mais qui possède une ambiance assez froide et qui termine l’album sur une note douce-amère. Enfin, difficile de ne point voir les fulgurances pop/rock du groupe sur des titres comme Thank God it’s Over, même si cela reste très énergique et très scandé, donnant une furieuse envie de balancer la tête, ou encore Mercy, le titre le moins marquant du skeud, et The Witness Tree, possédant un refrain facilement mémorisable.

Au final, Hydrograd, le dernier album en date de Stone Sour, est une parfaite réussite que ce soit dans les morceaux nerveux, les ballades ou encore les titres plus accessibles et donc plus radiophoniques. D’une grande générosité (plus d’une heure d’écoute autour de quinze pistes), le groupe de Corey Taylor livre un quasi sans faute, varié et puissant, sans jamais oublier la technique. Bref, l’un des meilleurs albums de cette seconde moitié d’année.

  1. YSIF
  2. Taipei Person/Allah Tea
  3. Knievel Has Landed
  4. Hydrograd
  5. Song #3
  6. Fabuless
  7. The Witness Tree
  8. Rose Red Violent Blue (This Song is Dumb & so Am I)
  9. Thank God It’s Over
  10. Ste Marie
  11. Mercy
  12. Whiplash Pants
  13. Friday Knights
  14. Somebody Stole my Eyes
  15. When the Fever Broke

Note: 18/20

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Par AqME

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