décembre 4, 2020

Baywatch – Alerte à Malibu – Baignade Interdite

Titre Original : Baywatch

De : Seth Gordon

Avec Dwayne Johnson, Zac Efron, Alexandra Daddario, Kelly Rohrbach

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé :

Le légendaire sauveteur Mitch Buchannon  est contraint de s’associer à une nouvelle recrue, Matt Brody, aussi ambitieux que tête brûlée ! Ensemble, ils vont tenter de déjouer un complot criminel qui menace l’avenir de la Baie…

Avis :

C’est en 1989 que la série Alerte à Malibu fait son apparition sur les postes de télé américains. Succès immédiat, certainement dû à la nouveauté et aux maillots de bain sexy de Pamela Anderson ou David Hasselhoff, le show se poursuivra jusque dans les années 2000 et s’arrêtera après 243 épisodes, un spin-off de deux saisons dans lequel Mitch Buchannon se reconvertit en détective privé et plusieurs téléfilms. Série la plus regardée du monde, il était presque logique que le cinéma s’empare de cette franchise pour le moins lucrative. En France, le phénomène est presque aussi énorme, puisque TF1 diffusera les épisodes de 1991 jusqu’en 2002 sans interruption. Et même pour le quidam qui n’aurait jamais vu un seul épisode d’Alerte à Malibu, on garde tous en tête cette image d’Epinal du maillot de bain rouge, de cette bouée en forme d’ogive et surtout d’un générique qui hantera les esprits pendant de longues heures. Seulement voilà, Alerte à Malibu ne brillait pas pour ses histoires et n’était qu’un prétexte pour mater des nanas en maillot et des beaux gosses musclés sauver des pépés en pleine mer. En ce sens, le film ne ment pas sur la marchandise et vend strictement la même came. Sauf qu’on est en droit de se poser la question sur la légitimité de sortir un film près de trente ans plus tard.

Car il faut le dire, qui s’intéresse aujourd’hui encore à Baywatch et ses histoires de maitres-nageurs sauveteurs de la veuve et de l’orphelin ? Très clairement personne. Les fans de la série, qui doivent se compter sur le bout des doigts, même en comptant les pervers sexuels qui fantasment sur la poitrine opulente de Pamela Anderson, n’ont plus l’âge des conneries que présente le film, et la nouvelle génération ne connait même pas la série mère. Alors pour qui s’adresse ce film ? Et pour quelle raison sort-il maintenant ? Si on enlève les prétextes marketings à deux balles, à savoir que c’est l’été et il faut voir des blockbusters estivaux qui donnent envie d’aller à la mer, il n’y a rien d’intéressant derrière, pas même une petite réflexion humaniste. Et le film est à l’image de ce vide intersidéral, prenant le cynisme pour l’autodérision, l’humour graveleux pour du rire universel et la beauté physique comme une valeur importante de notre société. Oui, Baywatch est puant.

D’ailleurs, l’un des premiers plans du film est caractéristique de ce culte de la personne et prouve à quel point Baywatch se situe en dessous de la ceinture. On retrouve donc une caméra à mi-hauteur, filmant un plan large avant qu’une nana ne se pointe devant le champ en mettant son cul en avant. Dès ce moment-là, il faudra laisser la subtilité au placard, car Baywatch ne parlera plus que de sexe, de nichons, de bites ou encore de cul. S’adressant vraisemblablement à un public juvénile et peu con du ciboulot, Seth Gordon, le réalisateur cantonné aux comédies US pas drôles, ne cherche pas midi à quatorze heures et fonce tête dans le guidon dans la vulgarité et la blague de mauvais goût. Les jeux de mots sont navrants de facilité, les dialogues sont d’une pauvreté abyssale et surtout, la mise en scène est quelconque. On trouvera même des faux raccords flagrants, notamment sur des champs/contre-champs immanquables ou encore avec des problèmes de perspective ahurissant, notamment lorsque Zac Efron cherche à embrasser Alexandra Daddario. Un charcutage à l’image de la philosophie du film, on s’en bat les couilles, et on va même les montrer.

Encore, les blagues sexuelles auraient pu passer si le scénario du film était un tant soit peu cohérent. Le problème, c’est que même si c’est une comédie et que l’on peut se permettre un peu n’importe quoi, rien ne tient la route. Se prenant pour des policiers tentant de remonter un réseau de drogues qui sévit sur la plage, Baywatch n’arrive jamais à trouver la bonne excuse pour mettre en avant cette enquête. Une enquête qui piétinera, qui durera en tout et pour tout un quart d’heure, puisque chaque action est parsemée par des dialogues inutiles entre un Dwayne Johnson sûr de lui et un Zac Efron jouant un connard prétentieux. Le film n’arrive jamais à tenir le spectateur en haleine sur son intrigue, qui n’est finalement qu’une note d’intention pour tenter de donner un fond au métrage. Malheureusement, cela se voit nettement sur l’écran puisque tout le reste ne sera que du remplissage abusif et peu drôle. Et c’est bien là tout le souci du film qui ne tient ni sur ses blagues, ni sur son histoire rocambolesque.

Le fil ne tiendra pas non plus sur ses personnages. D’ailleurs, tout le premier quart d’heure du métrage ne sert absolument à rien. En effet, le film montre les sélections pour recruter trois nouveaux stagiaires, sauf que dans la bande-annonce et le casting, on sait pertinemment qui sera choisi, ce qui annihile tout enjeu dramatique dès le départ. Mais le plus grave, c’est que le film est incapable de gérer tous ses personnages qui ne sont pourtant qu’au nombre de six. Tout le scénario se base sur la relation conflictuelle (et presque gay) entre Dwayne Johnson et Zac Efron. Les autres personnages auront bien mal à exister, que ce soit la charmante Kelly Rohrbach qui était censée remplacer Pamela Anderson ou encore Jon Bass, le geek de service qui n’est là que pour faire le petit rigolo de base. On ne parle même pas de la grande méchante Priyanka Chopra, aussi inutile que vide et Alexandra Daddario qui ne servira qu’à mettre en avant sa délicieuse poitrine et ses jolis yeux bleus. On sent un réel manque d’équilibre dans la gestion des personnages, conférant à Baywatch des allures de film non terminé. Et puis il y a aussi ce culte du corps qui devient réellement agaçant. Si la série mère jouait déjà dessus, là, c’est complètement exacerbé, ne montrant que des mecs baraqués (ou un type un peu gras mais qui a une grosse bite, ça compense visiblement) ou encore de jeunes femmes sculpturales sans aucune pointe de cellulite. Et les jeunes de s’identifier à ces images, créant ainsi encore plus de malaise. Bref, si la volonté de rédemption de Zac Efron semble être le point d’orgue du film, force est de constater qu’encore une fois, ce n’est qu’une excuse pour servir une histoire indigente.

Au final, Baywatch – Alerte à Malibu est un objet filmique qui montre à quel point les studios se sont perdus en cours de route pour simplement faire de l’argent et espérer surfer sur une vague nostalgique. C’est un peu comme croire que la canicule nous fait perdre des neurones et que dès que le soleil revient, on ne pense qu’à niquer et faire la fête. Malheureusement, le cinéma aide aussi à passer des étapes, à réfléchir et à rendre belle certaines valeurs, chose qui semble totalement échapper à des producteurs peu scrupuleux, livrant un navet vide de sens, qui pourrait bien être le reflet d’une société qui part à vau l’eau.

Note : 02/20

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Par AqME

 

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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