octobre 27, 2020

L’Homme des Hautes Plaines

Titre Original : High Plains Drifter

De : Clint Eastwood

Avec Clint Eastwood, Verna Bloom, Marianna Hill, Mitchell Ryan

Année: 1973

Pays: Etats-Unis

Genre: Western

Résumé:

Un étranger, tout de noir vêtu, arrive dans une petite ville frontalière du sud-ouest américain. Trois jeunes cow boys le provoquent. Il les abat tous les trois. Les habitants lui demandent alors de les sauver de l’attaque de trois bandits qui ont juré la destruction de la communauté. Il accepte mais à des conditions qui vont bouleverser le conformisme de la bourgade…

Avis:

Clint Eastwood est rapidement devenu une institution pour le septième art après s’être fait repérer alors qu’il faisait son service militaire. Belle gueule et physique gigantesque, l’acteur irradie de sa présence les films de Leone formant la trilogie du dollar. Dès lors, il rentre au bercail et décide, après le thriller Un Frisson dans la Nuit, de faire son premier western, qui va porter les marques de deux pays, l’Italie pour le côté spaghetti et les Etats-Unis pour un côté plus fantastique, plus délétère. Ainsi donc né L’Homme des Hautes Plaines, premier western pour Eastwood derrière la caméra et avec sa propre boîte de production, Malpaso. Cependant, les années pouvant faire souffrir certains films, qu’en est-il de ce western qui marque un léger tournant dans la carrière de l’homme que l’on connait aujourd’hui.

Car peu importe la qualité du métrage en 1973 (ou même aujourd’hui), ce western fut un petit succès pour Eastwood qui va alors se diriger vers d’autres rôles dans d’autres genres, avant de revenir avec Josey Wales Hors-La-Loi. Mais L’Homme des Hautes Plaines est un film assez typique du cinéma propre à son réalisateur, usant déjà des thématiques qui vont devenir redondantes dans son cinéma, à savoir la vengeance, une certaine violence graphique et la venue d’un étranger dont on ne sait rien. Des thèmes que l’on retrouvera dans Pale Rider mais aussi dans Impitoyable, son western le plus célèbre.

Pour en revenir proprement à L’Homme des Hautes Plaines, ce western se révèle très efficace, encore aujourd’hui, notamment par sa façon de gérer les interactions avec la population. En effet, Lago semble être un fief prospère mais qui va vite tourner à autre chose, à savoir une ville qui a des secrets et dont les grands pontes cachent un complot assez étonnant. La venue de cet étranger, qui les débarrasse de trois malfrats en très peu de temps, va permettre aux habitants de se protéger de trois hommes qui ont juré de revenir se venger. A partir de là, le film va prendre une nouvelle dimension qui va permettre à Eastwood d’étoffer son personnage tout en gardant les mystères de ses origines, mais aussi de ses motivations. C’est à ce moment-là que le film délaisse le côté spaghetti pour entrer pleinement dans une phase hollywoodienne, avec ce qu’il faut d’humour, mais aussi de messages forts et de symboles qui sont censés marquer le spectateur. En effet, chaque acte du personnage principal n’est pas anodin et fait remonter en surface les atrocités d’une petite ville qui semblait parfaite. Parmi les plus équivoques, on peut citer la nomination du nain souffre-douleur de la ville en maire et shérif, ou encore lorsqu’il se sert dans tous les magasins, montrant toute la perfidie d’une ville qui ne veut que le profit et éloigner les bandits qui pourraient mettre à mal les manipulations d’un groupe de commerçants.

Le spectateur devine ce qui se trame dans la ville grâce à une certaine lucidité dans la gestion de l’espace et du temps. Entre flashbacks morcelés et huis-clos entre le maire et les commerçants de la ville, Clint Eastwood gère parfaitement son suspens et monte petit à petit une intrigue qui va questionner et permettre au spectateur de rester en éveil, essayant de comprendre les enjeux de cette bourgade, mais aussi les raisons de ce cavalier solitaire. La mise en scène est relativement simple, mais contient son lot de scènes iconiques, mettant notamment le visage d’Eastwood grimaçant en gros plan avec un joli décor derrière. Un décor idyllique mais qui va prendre des allures d’enfer lorsque le justicier va demander aux villageois de pendre toute la ville en rouge. Un justicier qui n’est pas tout blanc non plus, le réalisateur campant un personnage virulent, qui n’hésite pas à violer des femmes, trouvant comme unique excuse, le fait qu’elles aiment cela. Alors certes, cela peut grandement choquer aujourd’hui, mais le film est monté pour que l’on prenne quand même en affection ce héros torturé et mystérieux, laissant une ambiguïté prendre de l’ampleur.  Une ampleur démesurée qui va faire que l’on adhère au personnage.

Au final, c’est entre western classique et classieux et modernité hollywoodienne que Clint Eastwood signe son premier western. L’Homme des Hautes Plaines est donc un excellent film qui arrive parfaitement à trouver un équilibre entre deux univers assez différents. A la fois violent, drôle et touchant, le deuxième film d’Eastwood se révèle être toujours une réussite aujourd’hui, laissant en plus de cela planer un mystère sur l’identité du « héros », donnant dès lors un aspect fantastique et fantasmagorique au métrage, lui offrant alors une dimension tout autre. Bref, malgré ses plus de quarante ans, L’Homme des Hautes Plaines fonctionne encore aujourd’hui et prouve que Eastwood était déjà un cador à l’époque.

Note: 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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