John 5 and the Creatures – Season of the Witch

Avis :

Que serait la musique sans la guitare ? Pas grand-chose à vrai dire et certains musiciens sont devenus ce que l’on appelle aujourd’hui de véritables Guitar Hero. Parmi les plus connus, on peut citer Joe Satriani, Yngwie Malmsteen ou encore certains bluesmen comme Lucky Peterson ou encore Joe Bonamassa. Et si certains poussent la chansonnette, d’autres n’ont pas un organe suffisamment développé pour faire un groupe solo ou assurer certaines parties solistes comme le fait le frontman de Black Stone Cherry. Du coup, il faut intégrer des groupes pour connaître la notoriété, ce que fait rapidement John 5 après avoir fait ses preuves en tant que guitariste de studio. Car après des collaborations avec Rob Halford de Judas Priest et David Lee Roth de Van Halen, il va intégrer le groupe de Marylin Manson, ce qui lui vaudra ce pseudonyme qu’il va garder. Par la suite, John 5 va devenir le guitariste attitré de Rob Zombie, s’assurant toujours le devant de la scène et des riffs reconnaissables parmi mille autres. Mais ce n’est pas tout, le guitariste alterne aussi avec des projets solos et des collaborations plus intimes, dont celle-ci qui signe son huitième album avec The Creatures. Et on peut vraiment dire que c’est avec cet album solo que le guitariste montre toute l’étendue de son talent.

L’album débute avec Book of Spells, une introduction qui rappelle immédiatement les productions de Rob Zombie. Le lien est relativement étroit et il semble impossible de ne pas faire la comparaison entre la qualité du travail cinématographique de Rob Zombie et celui, musical, de John 5. Du coup, dès le départ, on est transporté dans une sorte de dimension parallèle horrifique où l’on espère rencontrer de grands monstres. D’ailleurs, Making Monsters sera parfaitement dans ce délire avec une introduction rappelant certains films de genre des années 40/50, puis le départ de la gratte très heavy fait immédiatement écho aux albums de Rob Zombie ou encore de son ancien groupe White Zombie. Sauf que John 5 y apporte sa patte personnelle avec des riffs plus légers et des moments complètement aériens et d’une maîtrise technique parfaite. Toujours en référence au cinéma horrifique, le guitariste livre quelques passages assez glauque, comme un interlude nommé Dr Evil’s Spookshow qui fait penser à La Maison des 1000 Morts ou encore The Macabre et ses mouches volantes au tout début du morceau. On sent que les références sont très ciblées chez John 5, mais cela lui permet de s’ouvrir sur des titres qui évoquent des choses et font ressentir des émotions, comme l’inquiétude ou même la peur. Et comme il n’y a pas de chant dans cet album, il était important de ressentir les messages du musicien, chose qu’il a parfaitement réussi dans cet album.

Mais au-delà de ça, c’est la composition même des titres qui est intéressante. En effet, dès le départ avec The Black Grass Plague, il livre un début tonitruant, proche du métal et du hard rock, mais qu’il va par la suite déstructurer assez rapidement avec des riffs techniques rapides proche du rock et parfois même du rockabilly avec une basse omniprésente et des sonorités plutôt aigues. On notera aussi un solo de banjo, chose très rare dans le domaine du rock, sauf pour les plongeurs des bayous et les fans de Délivrance. Il continuera cette exploration folle avec Guitars Tits and Monsters, le titre le plus imposant de l’album, d’une grande variété et d’une maîtrise totale, donnant envie de headbanger avant de partir vers quelque chose de plus blues rock et d’étonnamment dynamique. Ce mélange des genres sera un véritable atout pour le musicien qui s’éclate et le fait partager avec une générosité sans faille. Une générosité que l’on ne retrouvera pas forcément dans le temps d’écoute, puisque l’album ne dépasse pas les quarante minutes, mais il offre quand même de quoi se faire les oreilles et c’est diablement bien réalisé. D’ailleurs, le guitariste prend de gros risques et s’amuse même à faire du jazz au sein même des titres, voire même du jazz manouche avec le morceau Hell Haw I.G.R. et c’est terriblement addictif. Certes, les metalleux risquent fort d’être surpris par ce changement brutal de registre, mais cela montre toute l’ouverture d’esprit de l’artiste et son amour simple de la guitare.

Au final, Season of the Witch, le huitième album solo de John 5, est une belle réussite et sur de nombreux plans. Varié, allant du métal au jazz en passant par le blues, le guitariste essaye tous les styles et réussit tout ce qu’il entreprend, prenant beaucoup de monde à contre-pied et sortant volontiers de sa zone de confort. Il est juste dommage que l’album ne dure pas plus longtemps, le guitariste allant à l’essentiel, pour un poil moins de quarante minutes de pur plaisir.

  1. Book of Spells
  2. The Black Grass Plague
  3. Guitars Tits and Monsters
  4. Now Fear This
  5. Behind the Nut Love
  6. Making Monsters
  7. Dr Evil’s Spookshow
  8. Here’s to the Crazy Ones
  9. The Macabre
  10. Ddd
  11. Hell Haw I.G.R.
  12. Ode to Jasper
  13. Season of the Witch

Note: 17/20

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Par AqME

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