mars 2, 2021

Lion – Rugissement de Bonheur

De : Garth Davis

Avec Dev Patel, Nicole Kidman, Rooney Mara, David Wenham

Année : 2017

Pays : Etats-Unis, Australie, Angleterre

Genre : Biopic

Résumé :

Une incroyable histoire vraie : à 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens.
25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde.
Armé de quelques rares souvenirs et d’une inébranlable détermination, il commence à parcourir des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître son village.
Mais peut-on imaginer retrouver une simple famille dans un pays d’un milliard d’habitants ?

Avis :

Encore inconnu du grand public, Garth Davis est un réalisateur australien qui n’a pas énormément de chose à son actif. Venant du documentaire, il a fait un tour par la case court-métrage avant de séduire la grande Jane Campion avec qui il va travailler en 2013 en co-réalisant la série « Top of the Lake« , dont il va réaliser quatre épisodes sur sept. Depuis cette série, le réalisateur avait disparu.

Mais il refait surface aujourd’hui avec « Lion« . Avec ce film, Garth Davis offre une magnifique odyssée d’une puissance émotionnelle qui ne va faire que croitre. Revenant sur le parcours d’un petit indien qui se perd et part à la recherche de ses origines, Garth Davis nous offre l’odyssée de 2017. On en ressort ému, touché et surtout heureux, le cœur totalement conquis.

Saroo, cinq ans, s’endort sur un quai de gare en attendant que son frère aîné revienne. Ce frère ne reviendra pas et Saroo, en le recherchant, va malencontreusement prendre un train. Ce train va l’emmener très loin de sa famille. Et c’est là, perdu dans les rues de Calcutta que le petit garçon va survivre avant d’être recueilli dans un orphelinat. Saroo va être adopté par une famille australienne. Vingt ans vont passer, mais alors que le petit garçon perdu est devenu un homme épanoui, lors d’un simple dîner entre amis, son passé lui saute en pleine mémoire. Saroo se lance alors à la recherche de sa vraie famille. Et c’est entre culpabilité, désir, souvenir et navigation sur Internet que le jeune homme se lance dans la quête de lui-même.

Premier film pour Garth Davis et premier coup d’éclat. Avec « Lion« , l’australien nous offre ni plus ni moins deux films en un seul. Deux parcours qui sont le même et unique. Deux moments de vie bouleversants. Le parcours d’un petit garçon d’à peine cinq ans perdu seul dans l’immensité d’un pays et d’une capitale. Et bien des années plus tard, le parcours d’un jeune adulte, lui aussi perdu, tourmenté, à la recherche de ses origines, à la recherche d’un pardon, dont il n’est pas le coupable, à la recherche d’une famille qu’il a jadis connu.

Avec ce premier film, Garth Davis nous invite donc à suivre ces deux jeunes hommes, qui ne sont qu’un seul et unique personnage. Construit en deux parties, Garth Davis arrive à rendre bouleversante chacune d’entre elles.

La première est une véritable plongée immersive dans une Inde pauvre, confuse et débrouillarde. Le film s’ouvre sur des rires d’enfants, mais très vite, il bascule vers l’errance. Le parcours de Saroo, qui est tiré d’une histoire véridique, est une véritable odyssée. Des coins désertiques d’où le garçon est originaire à cette capitale surpeuplée où la misère est le maître-mot. Loin de chez lui, seul dans ces rues où le danger guette à chaque coin, le regard de ce petit garçon marque pour un sacré moment. Garth Davis tire le meilleur de Sunny Pawar, le jeune acteur sur lequel repose toute la première partie du film.

Cette plongée immersive est assurée par une mise en scène fabuleuse. Une mise en scène qui fait de l’Inde elle-même un personnage, sans oublier d’assurer le parcours et l’histoire de Saroo. On est dépaysé et fasciné par ce pays, par cette culture, autant que par le parcours du gamin.

Puis peu à peu arrive le deuxième film. Une fois Saroo adopté, une fois la découverte de cette nouvelle maison, une fois passée l’adaptation de cette nouvelle vie, et de cette nouvelle famille, vient alors des années plus tard, un tout autre film. Un film plein de regrets et de confusion. Un film qui résonne comme une quête de soi. Un film qui ira même jusqu’à la folie et l’obsession. Garth Davis met en relief le malaise ambigu de l’enfant adopté qui veut retrouver ses origines et sa famille. Un enfant qui est parfaitement bien intégré au sein de cette famille qu’il aime, mais pourtant qui ne peut s’empêcher de se rechercher. Garth Davis aborde à la perfection le malaise qui règne en ce jeune homme. La confusion entre l’envie puissante quasi-incontrôlable d’un côté et la peur de blesser de l’autre et de paraitre ingrat. Cette deuxième partie, c’est aussi une enquête parfaitement rythmée qui apporte son lot de drame, d’intrigue et même de suspens.

La mise en scène dans cette deuxième partie est incroyable, passé et présent s’entremêlent en souvenir et l’on reste comme hypnotisé par cette quête, particulièrement dans les dernières vingt minutes, qui une fois abordées, ne vont être qu’émotion. Une émotion simple, pure, aussi triste que joyeuse. Le film est, de plus, accompagné par une BO majestueuse, vive et émouvante signée Hauschka et Dustin O’Halloran. Des notes pleines d’espoirs et de regrets, des notes qui sont pleines de mélancolie et qui accompagnent magistralement les clips sur Google maps du personnage ou encore les pas de ce petit garçon ô combien magnétique dans l’immensité de la capitale. Bref, vous l’aurez compris, il sera quasi impossible de ne pas être touché par l’histoire de Saroo.

« Lion« , c’est aussi le plus beau rôle de Dev Patel à ce jour. Le jeune acteur démontre là avec un calme incroyable et une détermination fabuleuse qu’il a tout d’un grand. Il campe ce jeune homme en quête de lui-même avec tant de pudeur et de retenue qu’il en est bouleversant. À noter qu’il n’a jamais été aussi beau et magnétique à l’écran. C’est à croire que Garth Davis le filme amoureusement et l’a poussé là où aucun autre réalisateur ne l’avait emmené avant lui. Et ce qui est fort, c’est qu’il fait de même avec chacun de ses acteurs. Sunny Pawar à seulement cinq ans impressionne ! Nicole Kidman n’avait pas été aussi émouvante depuis « The Hours« . Rooney Mara est magnifique de tendresse, tout comme David Wenham. Puis que dire de Priyanka Bose qui apparaît peu, mais qui marque les esprits !

« Lion » est donc une surprise totale. Une surprise d’autant plus belle et puissante que je m’attendais entre guillemets à un film à la « Slumdog Millionaire« , vu que les affiches nous le vendent ainsi. Et c’est un mensonge, et ce n’est pas parce qu’un film se déroule en partie en Inde et qu’il y a Dev Patel dedans que c’est un « Slumdog Millionaire« . Non, « Lion » n’a rien à voir avec le film de Danny Boyle et la surprise en fut plus belle. Bouleversant, on ressort de la séance touché en plein cœur mais le sourire aux lèvres.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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