octobre 26, 2020

Psychose III

Titre Original : Psycho III

De : Anthony Perkins

Avec Anthony Perkins, Diana Scarwid, Jeff Fahey, Roberta Maxwell

Année: 1986

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller, Horreur

Résumé :

Toujours dans son « Motel », Norman Bates semble redevenu normal et tente d’aider une jeune femme assez troublée, mais l’ombre de sa mère plane encore.

Avis :

Dans les années 60, le slasher n’était pas encore à la mode et tout le monde s’accorde à dire que c’est Alfred Hitchcock qui lui a donné ses lettres de noblesse avec Psychose. Considéré aujourd’hui comme un proto-slasher, le film fait partie de ces immanquables du septième art de par sa maîtrise technique mais aussi et surtout de par sa création monstrueuse, Norman Bates. Figure de proue du cinéma horrifique ou plutôt du thriller à tendance horreur, ce tenancier de motel a connu pas moins de deux suites et une préquelle sous la forme d’un téléfilm. Folie ou pari risqué, il faut quand même avoir le cœur bien accroché pour vouloir succéder au maître du suspens sans s’attirer les foudres des fans et des puristes. Mais la surprise sera grande lorsque le deuxième opus sortira, car même s’il n’égale pas le chef d’œuvre de Sir Hitchcock, il restera un film honnête, qui tente de réhabiliter le tueur hanté par sa mère. C’est alors que trois ans plus tard, en 1986, Anthony Perkins lui-même décide d’endosser la double casquette d’acteur principal et réalisateur, pour donner une dernière suite à la licence.

Que pouvait bien raconter un troisième opus de Psychose ? Après la folie puis la rédemption malgré une partie de la famille qui voulait se venger de Norman Bates, que restait-il à faire autour de ce personnage torturé et complexe. L’idée est toute simple, jouer sur la suspicion des journalistes et faire revivre le même cauchemar au tenancier. Commençant par un meurtre au sein d’un couvent, une jeune sœur est contrainte de partir. Sur la route, elle rencontre Duane, un chanteur de rock qui veut faire carrière à Los Angeles. Leur chemin se sépare lorsque l’homme veut abuser d’elle, puis elle le retrouve, travaillant au motel pour payer son voyage. De son côté, Norman Bates est toujours hanté par sa mère, et tout commence à se brouiller lorsque Maureen déboule au motel et qu’une journaliste souhaite interroger Norman autour de la disparition d’une femme. On devine très bien où veut nous mener cette intrigue, mettant en avant un Norman Bates fragile, timide et qui ne souhaite qu’une chose, qu’on lui foute la paix. Malheureusement, les criminels, même s’ils ont purgé leur peine, restent des criminels et la vie de l’anti-héros ne va pas être de tout repos.

Très clairement, le plus intéressant dans ce film, c’est l’évolution du personnage central. Anthony Perkins, qui connait mieux que quiconque le personnage de Norman Bates, livre un protagoniste dichotomique, étrange et bourré de nuances. D’ailleurs, l’intelligence du film est de montrer un Norman Bates normal au début, puis qui va peu à peu tomber dans la folie à cause d’une femme qui ressemble trait pour trait à Marion Crane, sa première victime. Montant crescendo jusqu’à ne plus pouvoir se contrôler, le film joue constamment sur l’ambiguïté du personnage, sur son côté gentil et attentionné et son côté malade, possédé. D’ailleurs, le film lorgnera vers la possession à la fin du métrage, où l’on peut voir un Norman Bates souriant et déguisé en femme, armé de son célèbre couteau.

Mais ce n’est pas tout. Le film se concentrera aussi sur deux autres personnages tout aussi importants, à savoir Maureen Coil, cette sœur a commis un crime involontaire au sein du couvent, et Duane, ce rockeur machiavélique et sombre. La première sera un personnage nuancé, torturé, qui ne sait plus à quel saint se vouer. Doit-elle croire en la rédemption ? Doit-elle quitter la foi ? Cet aspect religieux est présent mais reste seulement effleuré de manière à ce qu’il ne prenne pas le pas sur le thriller et l’horreur final. Le second est certainement le personnage le plus mauvais de l’histoire. Mauvais dans le sens où il est vulgaire, cache un jeu dangereux et se révèle à la fin complètement hystérique. La réalisation d’Anthony Perkins, relativement inspirée, montrera toute cette folie dans une séquence marquée à la lumière rouge, donnant un aspect monstrueux à un Jeff Fahey toujours intéressant.

La seule chose que l’on peut reprocher au film, c’est qu’il est assez lent et qu’il ne se passe pas grand-chose hormis trois meurtres et la montée en puissance de la folie de Norman Bates. Une folie qui va se caractériser par des fulgurances gores et frénétiques, avec notamment un meurtre gratuit dans une cabine téléphonique ou encore un égorgement en gros plan. Le film n’est pas avare en scènes sanglantes et c’est peut-être ce qui fait toute la différence avec les deux opus précédents et surtout celui de Hitchcock. Là où tout était suggéré, ici, Anthony Perkins n’hésite pas à tout montrer, de la scène sexy à la scène gore, ce qui permet d’appuyer la folie de l’homme. Alors effectivement, Psychose perd un peu de son essence lorsque l’on fait comme ceci, mais force est de constater que pour cet opus, ça fonctionne. On soulignera aussi les clins d’œil au premier film, avec notamment une scène finale similaire et on appréciera le combat entre journaliste et policier pour arrêter d’harceler un homme. Un combat amical, dont la résultante peut paraître décevante aujourd’hui, laissant la victoire à une journaliste pénible et pugnace.

Au final, Psychose III est un petit film sympathique qui ne fait pas déshonneur à la licence et encore moins au film d’Alfred Hitchcock. Slasher honnête qui montre la montée en folie d’un homme torturé, voire même possédé par sa mère, Psychose III démontre aussi une réalisation efficace et quelques meurtres sanglants qui vont que dans son ensemble, tout fonctionne relativement bien. On regrettera peut-être une ambiance trop lisse et une volonté de transformer la licence en slasher pour adolescents, mais la qualité est bel et bien au rendez-vous de cet opus signé Anthony Perkins.

Note : 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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