octobre 27, 2020

Ring 0

Titre Original : Ring 0 : Bâsudei

De : Norio Tsuruta

Avec Yukie Nakama, Seiichi Tanabe, Kumiko Aso, Takeshi Wakamatsu

Année : 2000

Pays : Japon

Genre : Horreur

Résumé :

Ring 0 nous fait remonter aux origines de la malédiction, plusieurs décennies avant l’action des deux premiers épisodes. Il nous raconte par quel destin tragique la jeune Sadako est devenue un fantôme maléfique et vengeur.

Avis :

Le succès amène toujours à des suites, comme ce fut le cas pour Ring de Hideo Nakata qui s’est chargé lui-même d’en faire une séquelle qui fut bien moins convaincante que son aîné. Cependant, ce n’est pas tant le succès qui a amené le réalisateur japonais à s’atteler à cette suite, mais plutôt la force des choses puisque Ring est à la base un roman qui se divise en trois romans. Pas étonnant donc de voir débouler une suite, d’autant plus que dès le départ, Nakata avait fait une préquelle mais avait ensuite supprimé les pellicules, le résultat n’étant pas assez satisfaisant pour lui. Quoiqu’il en soit, Ring est rapidement devenu un film culte partout dans le monde, à un tel point que même les américains en ont fait un remake par Gore Verbinski. Mais au Japon, un petit malin du nom de Norio Tsuruta a eu l’idée de faire une préquelle et de parler de la jeunesse de Sadako avant qu’elle ne devienne cet esprit tueur et vengeur. Qu’en résulte-t-il ?

Autant le dire tout de suite, il en résulte un film opportuniste qui surfe sur le succès de la duologie de Nakata pour faire un pseudo remake de Carrie version nippone. En effet, on va suivre en parallèle l’enquête d’une jeune femme portant sur Sadako enfant, puisque nous savons que cette dernière a des pouvoirs parapsychiques, puis la vie de lycéenne de Sadako, qui tente d’intégrer une troupe de théâtre et qui va avoir du talent. Un peu perdu dans les repères temporels, Ring 0 plonge le spectateur trente ans plus tôt que les deux premiers films et on ne retrouve pas l’imagerie des années 60/70. En fait, le métrage sent le travail bâclé autant sur son fond que sur sa forme et c’est cette dernière qui choque en premier. On ne sait jamais sur quelle époque on joue, on ne sait pas où cela va nous amener, si ce n’est à la mort de Sadako, tuée par son père adoptif. La réalisation reste acceptable, même si ce film tient plus du téléfilm que du vrai film d’horreur. Entre les clichés de la troupe de théâtre, les rebondissements à deux balles et surtout les passages fantomatiques où l’on ne filme que les pieds, il y a de quoi s’arracher les cheveux quand on compare avec la maestria du premier film.

Mais qu’importe si le fond est là. Et malheureusement, c’est un peu la douche froide. D’ailleurs, y avait-il besoin de faire une préquelle pour expliquer quelque chose qui semblait limpide ? Car au final, la seule chose que nous apprend le film de Tsuruta, c’est que Sadako semblait hantée par le spectre d’une entité maléfique et qu’elle est relativement innocente aux meurtres qu’elle commet. Sauf que cela est en incohérence totale avec les premiers films où l’on sait que la fillette souhaite simplement se venger à cause de son sort. Le film se termine d’ailleurs en gros gag d’une inutilité flagrante, lorsque l’on essaye de nous faire croire que Sadako a subi un dédoublement de personnalité et qu’elle s’est divisée en deux parties physiques distinctes, un peu comme le ferait une anémone de mer pour se reproduire. Si la scissiparité est courante dans le milieu marin, c’est autre chose chez l’homme et rien ne justifie cette pirouette scénaristique qui veut rajouter du fantastique dans un métrage qui n’en a pas besoin.

Mais pire que cela, le film est un remake éhonté de Carrie au Bal du Diable de Brian De Palma. Si on occulte très rapidement toutes les notions de religion (fort heureusement), le film suit le même chemin scénaristique, à savoir une jeune fille belle et jalousée qui va s’attirer les foudres de son équipe à cause de meurtres qu’elle a plus ou moins commis. La honte ressenti lors de la représentation, son exultation en créant des phénomènes paranormaux dans toute la salle, bref, tout ressemble à Carrie et ne sert pas tellement le film puisque le réalisateur américain a fait mille fois mieux. D’autant plus que ce film est perclus de lenteurs et de longueurs qui font que Ring 0 est certainement l’épisode le moins utile de la saga, n’expliquant que peu de choses et s’effondrant comme un château de cartes sur la fin avec une idée saugrenue et inconvenante. Enfin, difficile de ne pas revenir sur le travail sonore. Ici, on sent bien que Tsuruta essaye de proposer quelque chose, notamment lors des apparitions du spectre, où une musique semble apparaître dans les micros du théâtre, mais c’est minime et le film n’arrive pas à faire peur. Pire, il amuse lors de son dernier acte lorsque Sadako bute tout le monde en bougeant son corps comme une danseuse paraplégique. Le meilleur moment restera certainement lorsqu’elle apparait d’un coup au détour d’un couloir, feignant un jump scare téléphoné et super mal fait.

Au final, Ring 0 est un épisode plus que dispensable dans la saga Ring. Mal foutu dès le départ, n’arrivant jamais à se positionner dans sa structure temporelle, le film ne fera que s’enfoncer pour ne plus jamais être cohérent avec les deux premiers films qui posaient une base solide sur une mythologie toute nouvelle. On pourrait donc croire à une préquelle opportuniste qui surfe sur le succès des deux précédents métrages sans jamais arriver à capter ce qui a fait l’essence même du premier film de Nakata. Une déception donc sur une saga qui n’a fait que décliner au fur et à mesure des épisodes.

Note : 07/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.