octobre 27, 2020

La Grande Muraille – Un Film qui ne Casse pas des Briques

Titre Original : The Great Wall

De : Zhang Yimou

Avec Matt Damon, Jing Tian, Pedro Pascal, Willem Dafoe

Année: 2017

Pays: Etats-Unis, Chine

Genre: Aventure, Fantastique

Résumé :

Entre le courage et l’effroi, l’humanité et la monstruosité, il existe une frontière qui ne doit en aucun cas céder. William Garin, un mercenaire emprisonné dans les geôles de la Grande Muraille de Chine, découvre la fonction secrète de la plus colossale des merveilles du monde. L’édifice tremble sous les attaques incessantes de créatures monstrueuses, dont l’acharnement n’a d’égal que leur soif d’anéantir l’espèce humaine dans sa totalité. Il rejoint alors ses geôliers, une faction d’élite de l’armée chinoise, dans un ultime affrontement pour la survie de l’humanité. C’est en combattant cette force incommensurable qu’il trouvera sa véritable vocation : l’héroïsme.

Avis :

Zhang Yimou est l’un des plus grands réalisateurs chinois contemporains. Il réalise depuis la fin des années 80 et bons nombres de ses films sont entrés au panthéon des films cultes. « Le Sorgho rouge« , « Épouses et Concubines » ou encore « Hero« , « Le secret des poignards volants » et « La cité interdite » font partie des inoubliable signés Zhang Yimou.

Il y a trois ans de cela, Zhang Yimou nous offrait un drame déchirant avec « Coming Home« , un film emporté au sommet par sa muse de toujours Gong Li.

Pour son nouveau film, Zhang Yimou nous ressort l’artillerie lourde qu’il avait déjà proposée pour certains de ses chefs d’œuvre. À la découverte de la bande-annonce de cette « Grande muraille« , le nouveau film de Yimou donnait autant envie qu’il se craignait. Alors bouse monumental ou nouveau coup de génie de la part du réalisateur ? Eh bien, si le film ne tire pas vers le génie, malgré d’excellentes séquences, il est aussi loin de la bouse annoncée partout. En fait, cette « Grande muraille » est une déception car elle vient de Zhang Yimou, et le réalisateur nous a habitués à tellement mieux. Mais malgré ses défauts et ce scénario qui ne rime pas à grand-chose, « La grande muraille » se laisse regarder et c’est donc entre plaisir et déplaisir qu’on placera ce dernier cru de Yimou

William et Pero sont deux occidentaux qui sont venus dans les contrées lointaines de l’Asie chercher le secret de la poudre noire. Poursuivis par des tribus, ils arrivent au pied de la grande muraille de Chine. Cette dernière est sur le pied de guerre. Si les deux hommes sont, au départ, faits prisonniers, leur aide va être précieuse, car les soldats et généraux qui gardent la grande muraille protègent un terrifiant secret.

Avec « La grande muraille« , Zhang Yimou nous revient avec une idée plutôt sympathique. Un tel édifice qui défie le temps suscite tout un tas de légendes autour de lui et Zhang Yimou a décidé de mettre en images l’une d’entre elles. Au vu du talent du réalisateur, on se laisserait bien tenter les yeux fermés, mais voilà, si l’idée est intéressante, la bande-annonce laissait présager quelque chose de très formaté, de très américanisé, quelque chose qui ressemble à beaucoup d’autres blockbusters qui parcourent tous les ans les écrans des salles de cinéma.

« La grande muraille » est un film qui est très loin d’être parfait, on pourra même parler de déception au vu du talent de Zhang Yimou pour mettre en scène des moments incroyables, forts ou épiques. Mais pourtant, malgré tous ses défauts, cette  » … Grande muraille » restera un petit moment divertissant. Un moment qui s’apprécie sur l’instant, qui détient même de véritables moments de fulgurance, partagés entre combats épiques et bien fichus et poésie asiatique, mais qui s’oubliera d’ici quelques mois.

Le film détient des moments géniaux qui sont pile poil dans la tradition asiatique, comme un enterrement ou tout ce qui entoure les batailles ou encore le final, qui est particulièrement bien mis en valeur.

Le film détient aussi un bon rythme, qui se partage bien entre les combats plutôt épiques qu’on avait envie de voir et des scènes plus simples loin d’être inintéressantes.

Comme toujours, on prendra un sacré bon plaisir a découvrir certains plans, certaines séquences et d’autres idées qui n’appartiennent qu’à Zhang Yimou. Des idées qui sont piles dans ce qu’on avait envie de voir, et créées même la surprise parfois.

Comme toujours chez le réalisateur, on restera en admiration devant les créations de décors ou des costumes impressionnants et toujours tous parfaitement mis en lumière et en couleur.

On regrettera toutefois que « La grande muraille » ait un scénario aussi approximatif. Sur le fil rouge, le film se tient et nous offre ce qu’il nous vendait, c’est-à-dire une bataille qui a son lot de rebondissements, d’échec et d’angoisse avec de belles grosses bébêtes. Mais voilà, il ne faudra surtout pas lui en demander plus et aller chercher plus loin. Car si jamais l’on va chercher plus loin alors, hormis le fait que l’intrigue soit d’une maigreur abusée, « La grande muraille » a tendance à s’effondrer. Le film pose bien plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Le scénario est ultra calibré et ne va pas plus loin que le divertissement, et c’est entre facilités scénaristiques, incohérences flagrantes et prétextes assumés de placer des occidentaux dans l’intrigue que Zhang Yimou nous livre son blockbuster qui ressemble à tant d’autres, alors qu’il aurait pu être tellement plus grandiose.

On regrettera aussi l’abus de fond vert et d’effets spéciaux qui, s’ils fonctionnent très bien sur les monstres, sont d’autres fois plutôt tendancieux et grossiers. On regrette l’époque des « … poignards volants » et des ingéniosités folles du réalisateur.

En fait, ce qui est agaçant avec « La grande muraille« , c’est que tout est ultra lisse, et l’on sent bien que tout est fait pour plaire au plus grand nombre, quitte à faire des trous énormes dans le scénario. Un scénario où l’on trouve toutefois des noms comme Tony Gilroy ou encore Edward Zwick

Du côté des acteurs, là encore, c’est ultra calibré. Matt Damon, Pedro Pascal, Andy Lau, Jing Tian font leur taf et ils le font plutôt bien, mais on reste déçus qu’ils n’aient pas pris plus de risques. Leurs personnages sont attachants et relativement bien pensés, mais ils n’iront pas plus loin que le minimum. À noter que Willem Dafoe trouve là un rôle inexistant et l’on se demande bien ce qu’il est venu faire ici.

Après, malgré tous ces défauts, toutes ces facilités et tout ce commercial, « La grande muraille » divertit et on ne passe pas un mauvais moment devant. Certes, on attend tellement mieux de Zhang Yimou (d’ailleurs, l’espace de quelques scènes, on retrouve la grandeur et la poésie de Yimou), mais après tout, dans le genre blockbuster vu, revu et sans grande surprise, cela en vaut bien un autre, surtout que ce dernier part sur une idée originale.

Note : 10/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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