décembre 2, 2020

ATM

De : David Brooks

Avec Alice Eve, Josh Peck, Brian Geraghty, Aaron Hughes

Année: 2011

Pays: Etats-Unis, Canada

Genre: Thriller, Horreur

Résumé:

3 collègues de bureau s’arrêtent au distributeur bancaire sur le parking désert d’un centre commercial afin de retirer de l’argent avant d’aller au restaurant. Alors qu’ils s’apprêtent à sortir du local qui abrite le distributeur, un inconnu les fixe depuis l’extérieur. Son visage est dissimulé par la capuche de son anorak qui le protège du froid. C’est un psychopathe et il vient d’assassiner sous leurs yeux une personne qui s’approchait. Terrifiés, sans moyen de communication, les 3 jeunes gens se barricadent pour échapper au tueur mais le chauffage est coupé et la température avoisine -15°C.

Avis:

Beaucoup ont tendance à dire que le film d’horreur est réduit à un cinéma approximatif, proche du porno, avec pour remplacer le sperme du sang. Bien entendu, c’est avoir une vision étriquée de ce genre de cinéma, même si quelques films peuvent donner raison à ces empêcheurs de tourner en rond, mais le cinéma d’horreur, c’est aussi fait preuve de générosité avec peu de moyens. En effet, il s’agit certainement du cinéma qui possède le moins de blé et qui est pourtant le plus rentable dans les salles obscures. Pourquoi un tel cinéma déchaîne les passions s’il n’est qu’un ersatz d’un septième art plus pompeux ? On peut se poser la question. Surtout quand on voit ce que peuvent faire certains réalisateurs avec peu de choses.

ATM est un film un peu spécial car il ne tient pas seulement du cinéma d’horreur. Plus thriller horrifique qu’autre chose, le film de David Brooks est un huis-clos glacial se déroulant dans un distributeur automatique, en plein milieu d’un parking désert, en pleine nuit du mois de Décembre, lorsque les températures descendent à -20°c. Partant d’un postulat très simple, un méchant attend que les gentils sortent pour les fracasser et eux, mort de peur, commencent à mourir de froid dans le distributeur, le réalisateur va tisser un montée crescendo d’angoisse et de tension. Non pas que le film soit extrêmement réussi, il possède même de grandes failles, mais il fait son office, à savoir divertir sans ennuyer, et proposer des réactions relativement cohérentes à ses personnages. Comme quoi, il suffit d’un lieu et d’un budget minimal pour faire une certaine proposition de cinéma, bien moins pénible que certaines comédies françaises.

Le premier point fort de ce film, c’est qu’il n’ennuie jamais alors que les huis-clos, beaucoup ne sortent pas du lot. Ici, on va croiser la route de trois personnages, trois collègues de boulot, deux hommes et une femme, et l’un des deux hommes est amoureux de la femme. Ce triangle de protagonistes va tenter de survivre dans un milieu clos et froid, alors qu’un tueur les empêche de sortir d’un distributeur automatique. On pourrait se dire que le pitch est simpliste, c’est vrai, mais lorsque le tueur coupe le chauffage, alors la tension va monter d’un coup et le film va petit à petit gagner en intensité pour fournir des tentatives de sortie sans aucun succès. Nanti d’une durée assez courte, le film fait la part belle à l’efficacité, prônant des dialogues qui vont avancer l’intrigue et offrant toujours quelque chose de neuf à se mettre sous la dent. Outre l’aspect survivaliste dans un milieu froid sans aucun moyen de sortir, le film fait monter la paranoïa et les tensions entre les personnages. Coup de gueule, choix difficile, pétage de plomb, on aura droit à une montée progressive de la tension pour qu’elle éclate finalement en même temps qu’un déluge d’eau et de violence.

La violence est d’ailleurs présente dans le métrage mais de façon erratique. C’est-à-dire que le film ne se base pas forcément sur la force de son boogeyman caché sous sa capuche, mais plutôt sur sa fonction de catalyseur de l’angoisse. Toujours présent, toujours dans l’ombre, cette silhouette massive impressionne et les quelques meurtres qui surgissent çà et là sont assez puissants et suffisent à montrer toute la force de l’homme. Cependant, c’est la présence fantomatique de cette personne qui suscite la peur et pas le sang ou les meurtres violents. Préférant jouer sur la sobriété, le réalisateur tente de proposer une angoisse progressive plutôt qu’un actionner horrifique dont il ne maîtriserait pas tous les atours.

Le principal problème avec ce film, c’est que les personnages sont antipathiques. Non pas que les acteurs soient mauvais, bien au contraire, c’est juste que leurs rôles sont assez désagréables. Travaillant dans la finance, on retrouve quelques clichés qui font de la peine. On aura donc le requin qui se fout des autres personnes et ne pense qu’à faire la fête (et il sera la principale cause de ce blocage dans un distributeur), le jeune premier qui vient de perdre un client mais qui semble honnête, et la petite bombe blonde. Tout ce joli monde manque d’épaisseur pour vraiment créer de l’empathie. C’est clairement ce qui manque au film pour qu’il devienne un incontournable. Les personnages sont rapidement esquissés, l’amoureux est assez touchant dans sa maladresse, mais il reste trop sur la réserve et on n’en sera pas plus sur lui. Tout comme la blonde qui est juste un personnage comme ça, qui semble maladroite en amour aussi, mais qui ne comporte aucune background. Reste le fêtard, qui surjoue en permanence mais qui possède un bon fond malgré son égoïsme exacerbé. Enfin, le tueur reste énigmatique. Si sa présence est intéressante et bien gérée, ses intentions resteront un mystère et ce n’est pas le plan final qui va éclairer notre lanterne.

Au final, ATM est un film assez sympathique et qui ne mérite pas tout le bashing qu’il a subi lors de sa sortie en 2011. Thriller horrifique se déroulant dans un vase clos, le film arrive sans problème à gérer son rythme et propose toujours quelque chose d’intéressant à voir. Certes, il est imparfait et les personnages sont assez pénibles, mais dans son ensemble, on a droit à un film honnête, prenant et qui se termine sur une succession d’actions plutôt intéressantes. Bref, un petit film sans prétention qui fait parfaitement son office.

Note : 12/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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