décembre 2, 2020

Quelques Minutes Après Minuit – Un Film Monstre

Titre Original : A Monster Calls

De : Juan Antonio Bayona

Avec Lewis MacDougall, Sigourney Weaver, Felicity Jones, Toby Kebbel

Année: 2017

Pays: Etats-Unis, Espagne

Genre: Fantastique

Résumé:

Conor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, pour fuir son quotidien, il s’échappe dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaires. Mais c’est pourtant là qu’il va apprendre le courage, la valeur du chagrin et surtout affronter la vérité…

Avis:

Révélation de la « nouvelle vague » espagnole des années 2000, Juan Antonio Bayona s’est fait remarquer dès son premier film, l’excellentissime « L’Orphelinat« . Succès critique et commercial, le réalisateur aurait pu très vite enchaîner, mais il va patienter et revenir quatre années plus tard, en 2012, avec un nouveau succès, « The impossible« , un film qui suit le calvaire d’une famille rescapée du Tsunami de 2004.

« Quelques minutes après minuit » est son troisième film et après le film catastrophe, Juan Antonio Bayona revient au film fantastique. Très sombre, tout en étant particulièrement poétique, voire même lumineux, le réalisateur espagnol nous livre un drame intense, un spectacle extraordinaire et finalement un film bouleversant autant qu’il nous laisse accroché à notre fauteuil, tant le divertissement est impressionnant.

Le jeune Conor n’a pas une vie des plus tendres et faciles. Sa mère est gravement malade, ses camarades d’école ont décidé de faire de lui leur souffre-douleur et sa grand-mère, chez qui il doit aller vivre, est d’une froideur sans nom.

Un soir, alors qu’il est en train de dessiner, une chose étrange se produit. Conor reçoit la visite d’un arbre. Cet arbre, c’est l’immense if qu’il y a près du cimetière perché sur le haut d’une colline. L’arbre, au départ menaçant, apprend au jeune garçon qu’il viendra pour lui raconter trois histoires, et qu’après ces trois histoires, ce serait au tour de Conor d’en raconter une.

Majestueux, prodigieux, spectaculaire, bouleversant, les adjectifs manquent pour décrire l’expérience qu’est le nouveau film de Juan Antonio Bayona.

Fable magnifique sur la colère et la culpabilité, conte merveilleux et dur en même temps, drame puissant et film fantastique visuellement bluffant et émotionnellement incroyable, le réalisateur espagnol passe le cap du troisième film avec l’aura d’un très grand et l’on ressort de ces « Quelques minuits après minuit » sur les genoux avec la magnifique et aussi désagréable sensation d’avoir vu l’un des meilleurs films de l’année prochaine, alors même que celle-ci n’est pas encore commencée.

D’une richesse folle, le scénario est aussi magique que dramatique. Repartant sur les routes de l’enfance, un thème récurrent chez le réalisateur, Juan Antonio Bayona nous offre-là l’un des plus beaux films sur le deuil, sur la colère, la culpabilité et l’acceptation. Plongé entre le rêve et la réalité, « Quelques minutes après minuit » nous invite à suivre le drame immense d’un petit garçon. Comment accepter la perte de sa mère à douze ans ? Avec ce film, Juan Antonio Bayona nous raconte une acceptation des plus justes et tendres à travers un film unique. Le scénario, au gré des histoires que le monstre raconte à Conor, résonne comme un chemin de croix qui amènera à la vérité. Une vérité que tous connaissent, tous savent et que tous vont accepter et refuser à la fois. L’intrigue, d’une originalité et d’une poésie folle, nous réserve donc de l’aventure, des émotions, des combats, et offre une évolution très touchante à travers chaque étape que le jeune Conor traverse. Des étapes qui seront d’autant plus importantes pour lui, car c’est grâce à elles qu’il pourra se libérer d’un poids énorme qu’aucun petit garçon ne devrait connaître.

De par sa justesse et sa manière incroyable de nous raconter ce drame, cette colère et cette peur, Juan Antonio Bayona prend son spectateur pour ne jamais le lâcher. Imprévisible, émerveillant, Juan Antonio Bayona fait de nous ce qu’il veut et on adore ça. Pire encore, on en redemande, car l’intrigue est si riche qu’elle mérite une deuxième lecture afin d’être sûr d’en comprendre toutes les subtilités.

À chaque nouveau film de Juan Antonio Bayona, le réalisateur nous fait découvrir de nouveaux talents. Avec « L’Orphelinat« , on découvrait Roger Príncep, avec « The Impossible« , on découvrait Tom Holland et Samuel Joslin. Avec « Quelques minutes après minuit« , on va être saisi par Lewis MacDougall, véritable boule de colère et d’amour qui crève l’écran à tous les instants. Le gamin est saisissant de par toutes les émotions qu’il étouffe et dont il prive le personnage et l’on suit son parcours avec émotion. Puis quand on ressort de la salle, malgré le fait qu’on y ait trouvé une Felicity Jones sublime et loin de ses rôles habituels, qu’on y ait trouvé une Sigourney Weaver ou encore un Toby Kebbell sympathiquement discret, c’est bien le nom de Lewis MacDougall et son personnage Conor qui est dans les mémoires et sur toutes les lèvres.

Doté d’une mise en scène bluffante, pour ne pas dire virtuose, Juan Antonio Bayona a fait le choix d’un film extrêmement noir pour nous raconter ce drame aux allures de conte pour enfants. « Quelques minutes après minuit » dégage une ambiance qui peut donner des frissons parfois, alors même que tout ce qu’il nous raconte, même si c’est d’une tristesse absolue, n’est que douceur. Le cinéaste arrive parfaitement à jouer avec ses deux composants et il les mélange parfaitement.

« Quelques minutes après minuit » s’inspire d’une légende irlandaise, celle de l’homme vert et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est une sacrée claque. Pour hanter les nuits du jeune Conor, c’est un arbre qui prend vie et l’on reste littéralement scotché devant la qualité des effets spéciaux, la réalité de cet arbre, le caractère puissant, aussi bien visuellement que dans le charisme, que le réalisateur a voulu pour ce personnage. Un charisme qui fonctionne à merveille notamment grâce à la voix incroyablement caverneuse de Liam Neeson. L’acteur qui s’essaie à la motion capture nous revient plus puissant que jamais caché derrière l’écorce de ce monstre tendre.

Majestueux, prodigieux, spectaculaire, bouleversant, les adjectifs manquent pour décrire l’expérience qu’est le nouveau film de Juan Antonio Bayona.

Avec son premier film, le réalisateur avait su nous faire frissonner. Avec son deuxième film, il nous avait bouleversés. Ici, il mélange les deux et réussit à livrer son plus beau film.

« Quelques minutes après minuit » est un film qui marque, on peut même dire que le nouveau Bayona est bel et bien un chef d’œuvre.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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