novembre 30, 2020

Batman Année Un

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Résumé :

Bruce Wayne, 25 ans, rentre à Gotham City après une longue absence. Obsédé par le meurtre de ses parents, 17 ans plus tôt, il a décidé de combattre le crime. Il est rapide, agile, puissant, très bon combattant… mais il lui manque quelque chose, et ses premières virées nocturnes dans les bas-fonds de Gotham ne sont pas vraiment de francs succès… Pour combattre efficacement le crime, il a besoin d’inspirer de la peur à ses adversaires. Une nuit, une chauve-souris pénètre dans son manoir en brisant une vitre. L’animal deviendra son emblème. Il combattra le crime avec un masque aux oreilles pointues et une grande cape noire. Il sera BATMAN ! Ainsi grimé en homme chauve-souris, Wayne apprend à utiliser la peur et l’intimidation comme armes. Il est plus efficace… mais il lui manque encore quelque chose. La police le considère comme un hors-la- loi et lui met constamment des bâtons dans les roues. Batman a besoin d’un allié au sein des forces de l’ordre… Justement, un nouvel officier a intégré la police de Gotham cette année. Un incorruptible qui n’a peur de rien. Un certain lieutenant James Gordon…

Avis :

L’univers de Batman est très difficilement retraçable car si on doit lire toutes les séries ou sagas, on part dans tous les sens et on ne sait plus trop où l’on en est. Personnage emblématique créé par Bob Kane dans les années 40, Batman est surement le héros le plus populaire et le plus travaillé car il ne possède aucun pouvoir et devient de ce fait beaucoup plus humain. Les méchants ont aussi beaucoup participé à la renommée de ce superhéros si on regarde le palmarès de ce dernier avec le Joker, Bane, Double Face, Poison Ivy ou bien M. Freeze. Beaucoup de scénaristes et de dessinateurs se sont essayés à l’homme chauve-souris avec plus ou moins de succès, mais Année Un demeure une grosse réussite. Normal me direz-vous avec Frank Miller au récit. Mais quel est le secret de ce one-shot ? Pourquoi est-il un must have dans l’univers de Batman ? Enfilez votre costume, on part pour Gotham City.

Batman Année Un parait pour la première fois en octobre 1989 et on doit cette réédition aux éditions Urban Comics qui font un boulot de malade sur les comics de DC. Le scénario est écrit par Frank Miller qui n’est pas un inconnu dans le monde du comics, loin de là puisqu’il est le créateur de Sin City. Ici, il va essayer de revisiter la première année de Batman, lorsque Bruce Wayne décide d’utiliser la chauve-souris comme emblème et de combattre le crime pour venger ses parents et vaincre ses démons. D’un autre côté, on va voir le commissaire James Gordon, personnage hautement important du monde de Batman, qui vient d’arriver à Gotham avec sa femme enceinte. On va donc suivre les évolutions de chacun dans un monde pourri, dans une police envahie de ripoux et dans une ville pervertie jusqu’à la moelle. Ainsi, dans un parallèle différent, on va voir ces deux personnages devenir petit à petit des héros et des gens loyaux, honnêtes dans un monde de brutes. C’est surement la plus grosse réussite de ce récit qui arrive à parler de Batman sans se focaliser sur lui, mais sur deux personnages très importants mais surtout très humain.

La grande force de ce comics, c’est résolument la narration. Pessimiste, réaliste, parfois dure, elle montre un Gotham city sombre, et l’atmosphère qui en ressort en est presque étouffante. Ce qui frappe le plus, c’est que les dialogues ne sont pas très nombreux, mais on aura surtout des monologues, des pensées et des interrogations selon les personnages. Les couleurs sont bien différenciées, ce qui permet de savoir qui pense et on ressent une certaine angoisse des deux côtés. Gordon qui regrette presque ce qu’il fait, autant dans son métier que dans sa vie amoureuse, et Batman se pose les interrogations sur sa force, son efficacité. Cette narration laisse vraiment un gout de nostalgie, de mélancolie et on ressent vraiment la détresse des personnages voire de la noirceur, avec des personnages que l’on ne verrait plus aujourd’hui comme une mineur prostituée. Un véritable coup de force qui permet de rentrer pleinement dans l’histoire et de voir l’évolution de deux personnages charismatiques. Bien entendu, Miller n’oublie pas l’action et les scènes sont d’une très bonne qualité très intelligentes et tissant des liens entre les personnages, notamment avec Catwoman.

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Le dessin est peut-être le petit point faible de l’ensemble, car il fait assez vieillot. Mais finalement, au bout d’un moment, il rentre parfaitement dans l’histoire et convient idéalement à l’atmosphère. Mazzucchelli propose quelque chose de simple, d’assez clair, ne s’arrêtant pas sur les détails. Il dresse des portraits de ripoux de façon très concrète, avec des gueules à faire pâlir Joey Starr, et d’un autre côté, il arrive à faire partager sa vision d’un Gotham sale, dangereux. Il est assez difficile de juger aujourd’hui d’un ancien travail, mais il faut dire que tout cela forme un tout très efficace et très habile.

Au final, Batman Année Un est un véritable bijou du comics. Le genre de récit que l’on ne voit pas assez souvent, simple, sombre et terriblement efficace. Présentant deux personnages humains, aux fonctions sensiblement identiques mais aux méthodes différentes, Miller et Mazzucchelli dressent une histoire qui subjugue, enchante et parfois déprime, mais diantre que c’est bon de lire quelque chose comme ça. Bref, un one-shot que je conseille fortement !

Note : 17/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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