octobre 26, 2020

Petrified

affiche

De : Charles Band

Avec Dana Marie Barba, Elina Madison, Nick Stellate, Roark Critchlow

Année : 2006

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Deux agents du FBI suivent la trace d’une momie extraterrestre qui pétrifie ses victimes. Les cadavres statufiés que laisse la momie sur son passage, les entrainent dans une clinique isolée. Là, un savant poursuit des recherches pour percer le secret de la vie éternelle, utilisant pour cobayes des nymphomanes lesbiennes âgées de plusieurs siècles. Le carnage s’annonce torride…

Avis :

Chez Full Moon, on ne doute de rien, mais surtout, on a peur de rien. A la manière d’un Asylum avant l’heure et en encore plus fauché, la boîte de Charles Band s’est vite emparée des figures de l’horreur classique pour les détourner et en faire des créatures absconses qui ne possède de terrifiant que leur réputation. Après les avoir rétrécis, les avoir transformés en poupées tueuses, le producteur/réalisateur/scénariste n’a de cesse de proposer un cinéma d’épouvante complètement barré, fauché et sans réel âme à l’intérieur. Il faut dire que son cinéma s’adresse à un certain public. Un public qui sait d’avance ce qu’il va voir et pourquoi il va le voir. Entre plaisir sado-masochiste et envie de découvrir d’autres horizons cinématographiques, Full Moon propose vraiment un catalogue hallucinant de bêtises et d’amateurisme mais avec finalement une certaine candeur, voulant principalement faire plaisir aux fans. Le problème, c’est que parfois c’est réussi, comme avec Gingerdead Man mais que bien souvent, c’est totalement raté, comme le prouve ce Petrified.

petrified

Dès le départ, le spectateur est prévenu, l’ensemble fait très kitsch et film d’étudiant. Le générique de départ est calamiteux et très long et l’introduction, qui arrive comme un cheveu sur la soupe, montre toute l’ampleur des dégâts. Non seulement c’est mal joué, mais en plus de cela la mise en scène est cataclysmique. Une succession de plans fixes où deux hommes tentent de montrer qu’ils ont la plus grosse paire devant un cercueil qui renferme une momie extraterrestre de plus de 4000 ans. C’est alors que l’on des deux se barre avec une main momifiée et la momie se réveille, pétrifiant de son regard ceux restés sur place et poursuivant l’homme qui possède sa main. Jusque-là, même si c’est tiré par les cheveux, on pourrait s’attendre à un film mettant en scène une course-poursuite dans les ruelles d’une ville entre un homme essayant de sauver sa peau et une vieille momie alien. Mais non, le script va partir dans un nouveau délire car cette main intéresse un scientifique qui mène des expériences sur des nymphomanes lesbiennes afin de trouver l’élixir de jouvence. Allez trouver un lien entre ces deux faits…

On ressent bien ici tout l’opportunisme de Charles Band qui souhaite mélanger plusieurs genres à son film, avec notamment de l’horreur mais aussi et surtout de l’érotisme. Sauf que quand c’est filmé avec les pieds avec des actrices amatrices, le résultat est catastrophique. Voyeuriste au possible et tournant autour de deux nanas, le film se prend les pieds dans le plat en ne réussissant jamais ce qu’il entreprend. Les moments d’humour sont grotesques et d’une lourdeur incroyable. Les moments de peur sont complètement annihilés par une mauvaise maîtrise du suspense et surtout des effets numériques dégueulasses et enfin les passages censés être érotiques ne servent à rien et ne sont là que pour titiller les phéromones masculines. De ce fait, le film est donc très inégal et ne surprend jamais, contrairement à d’autres films tout aussi jobard comme Gingerdead Man ou encore Blood Dolls. Et même les comédiens sont en roue libre, n’arrivant jamais à susciter la moindre empathie. Pire, certains ne servent à rien comme ce duo d’agents du FBI qui suivent la piste de la momie alors qu’il leur suffit d’appeler leur collègue pour savoir où elle se trouve.

Mais si les incohérences du scénario n’étaient que le seul souci, Petrified serait un petit bis sympathique, ce qui n’est clairement pas le cas. Les apparitions de la momie sont aléatoires et elle peut changer de place d’un plan à l’autre à la vitesse de l’éclair, mais en plus de ça, son design laisse vraiment à désirer. Gueule en plastique aux yeux fixes, le maquilleur n’a fait qu’animer la bouche pour donner un semblant de vie à ce masque que l’on pourrait trouver dans un magasin de farces et attrapes. Enfin, et c’est sûrement là le plus gros défaut de ce film, c’est la résolution du problème. En effet, la momie craint énormément le sel. Ce produit la dessèche. Du coup, on va avoir droit à un duel final avec un gros dur qui balance des sacs de sel à la tronche d’une momie qui va devenir toute flasque. Un moment certes hilarant, mais qui aura eu raison de notre bonne foi, donnant la sensation que l’on nous a pris pour des cons durant près d’une heure et demi.

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Au final, Petrified est un calvaire aussi bien pour les yeux que pour le cerveau. Nanti d’un scénario qui sent la weed à plein nez, le film de Charles Band rate tout ce qu’il entreprend, aussi dans son érotisme que dans son horreur ou son humour et c’est avec douleur que l’on parvient au bout de la pellicule. Petrified ne vaut pas tripette car il n’est pas drôle, mais il n’est surtout pas cohérent, et c’est peut-être là le plus gros défaut de ce métrage fait à l’arrache. Pour le coup, Charles Band… mou.

Note : 02/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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