octobre 18, 2021

Motocultor 2016 – Everything Louder than Everything Else

motocultor 2016

 

Jeudi 18 Août 2016. 11h. Porte de la Chapelle.

Je rejoins mes compagnons de voyage et nous mettons les voiles telle une famille à T-shirts noirs et gilet à patchs sur la route des vacances.

Direction : Saint-Nolff en Bretagne, pour le Motocultor cuvée 2016.

 

S’il reste encore peu connu du grand public (malgré la popularisation de la musique métal ces dernières années, elle reste encore une niche musicale assez prononcée), le Motocultor commence à se faire une place dans le milieu de la musique extrême, et se voit considéré aujourd’hui par les connaisseurs comme « le petit frère du Hellfest ».

Nous arrivons sur les coups de 16h30, et pour ma première fois je constate effectivement que la rumeur est fondée : le Motocultor a tous les atours adorables d’un Hellfest en miniature : un tout petit camping et un tout petit site (pas plus de 20 000 personnes cette année), 3 scènes seulement, un prix d’entrée modique (80€) et… une organisation un peu à la ramasse.

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Une signalisation anarchique, une implantation pas du tout ergonomique (pourquoi mettre la pose des pass et l’entrée du camping chacun à l’opposé l’un de l’autre ?), une absence de programme et même de running order (un problème d’imprimante apparemment), une sécurité renforcée jusqu’à l’absurde et finalement à la tête du client (ce qui semble être un écueil fréquent en festival cette saison), bref une série d’à-peu-près qui ne devrait s’appliquer, indépendamment de l’ambition de l’événement, qu’aux festivals débutants, là où, je l’ai appris récemment, le Motocultor en est déjà à sa neuvième année.

Ceci dit, ne leur jetons pas la pierre, la naissance et l’évolution du festival se sont faites dans la douleur, avec de multiples changements de lieu, et ce n’est que la quatrième année qu’il se tient à Saint Nolff. Il faut donc du coup saluer l’abnégation et le travail de toute l’équipe du festival qui permet à celui-ci de perdurer et de grandir, malgré les inconvénients. Et ce n’est que le revers d’une médaille extrêmement agréable, puisque contrairement à un parc d’attraction comme le Hellfest, le Motocultor se fait plus intime, à l’échelle humaine, on ne se marche pas dessus, aucun problème pour voir son groupe fétiche même au milieu de la foule, et on ne fait jamais la queue plus de 10 minutes pour s’offrir une pinte de bière ou une galette complète au sarrasin.

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On s’installe donc à l’écart, près d’un bord du camping, dans un coin si tranquille qu’au final on ne sera jamais dérangé par des tentes s’installent à côté de notre campement, là où la marée du Hellfest aurait bien vite envahi notre périmètre de sécurité jusqu’à ne plus pouvoir circuler correctement. Le temps de monter les tentes, gonfler les matelas (dont le mien qui se dégonflera bien sûr en pleine nuit, me laissant sur le sol au petit matin), installer une toile en pleine bourrasque en guise de protection artisanale, que la nuit commence à tomber, et nous goûtons au calme avant la tempête, en croisant les doigts pour ne pas se retrouver sous la saucée annoncée demain.

 

JOUR 1

 

Las, on aura eu beau croiser tout ce qui dépasse et même bien plus, l’orage éclate en pleine nuit, et court sur toute la matinée. On n’ose pas vraiment se rendre sur le site pour les premiers groupes, que l’on entend depuis le camping.

Je préfère attendre le reste de mes camarades, de toute façon la pluie est sensé cesser sur les coups de 14h.

Et on applaudira du coup l’acuité de Météo France en Bretagne, deux heures ont à peine sonné que l’orage s’arrête et que le ciel s’éclaircit, à la minute prêt !

L’occasion pour moi de me rendre enfin sur le site du festival et de découvrir le Motocultor, ainsi que les groupes de l’après-midi, moi qui ne suit pas assez spécialiste du genre pour ne connaître plus que deux ou trois groupes.

 

Me voilà donc au milieu de la faune Motocultorienne, curieusement entouré de lycéens déguisés en pokémons et (l’honneur est sauf) de barbus à moitié nus éructant déjà leur bière de la matinée.

L’ambiance est bon enfant, les bénévoles sont souriants, la bière est accessible et plutôt bonne (ça a l’air d’un détail mais dans un festival pareil c’est très important, c’est autre chose que la Kro dégueulasse hors de prix qu’on peut trouver ailleurs), et j’enchaîne alors les découvertes au gré des scènes.

 

Barrabas :

Barrabas est un groupe de Doom Métal français, au son plutôt lourd et imposant, aux accents plutôt mystiques, et avec pourtant une dose de groove. Je suis surpris par l’aspect « culte religieux » à la fois très solennel et second degré, avec bénédiction à la bière, chants (en français) proche de la litanie et thématiques spirituelles. Quand on fouille un peu leur bio, on peut d’ailleurs lire « notre volonté est de prodiguer réconfort moral, paix de l’esprit et acouphènes irréversibles aux brebis métalliques égarées qui poussent les portes de son Église Sonique du Saint Riff Rédempteur ». Tout un programme ! Et il faut avouer que le son est tout aussi plaisant à écouter que le show est fun. Je n’ai pas assisté à tout le concert, comme je faisais le tour du site, mais j’ai automatiquement noté ça dans mes tablettes.

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Crédits photo : shootmeagain.com

Vulcain :

Avec Vulcain, on entre dans le bon vieux métal rock’n roll à la papa des années 80. Chant énervé en français, cinquantenaires aux instruments, cheveux longs sur calvities entamées, paroles à base de convivialité et de bière, avec un peu de révolte post-soixante-huitarde, Vulcain fait parfois penser à Trust dans l’esprit, et à de gros airs de Motorhead français dans la musique et le ton général (une filiation d’ailleurs revendiquée par le groupe qui n’hésite pas à citer le groupe de Lemmy Kilmeister pendant leur concert comme « le plus grand groupe de métal jamais créé »). Après leur reformation en 2009, ils ont d’ailleurs fait la première partie de Motorhead sur plusieurs dates de leur tournée 2010, et on retrouve la même envie de danser et de sauter dans tous les sens, avec le bonus de comprendre les paroles.

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Crédits Photo : live-telegramme

 

Je me laisse ensuite tenter par Holy Moses, pour repartir aussi sec devant ce groupe de thrash allemand poussif, crispant, et pas original pour un sou. Certes on peut y voir une chanteuse faire du growl, mais passé l’amusement initial, circulez, y’a rien à voir. Du coup je préfère découvrir Atmospheres sur une autre scène, dont le nom annonce logiquement quelque chose d’éthéré et planant, tout ce que j’aime. Mais là encore, je me retrouve devant un groupe très (trop) propret, qui semble à peine sortir du lycée et ressemble plus à un boys band qui joue un peu fort qu’à quelque chose de puissant. Quelques éléments de la musique, notamment l’utilisation de nappes synthétiques, sont plutôt intéressants, mais dès que le chanteur ouvre la bouche, c’est un calvaire, et le tout à un côté beaucoup trop systématique et artificiel pour convaincre (et pourtant je suis vraiment client de métal atmosphérique).

 

J’écoute Gaidjinn en passant, un groupe parisien que je trouve sans aucun intérêt, plat comme tout, ça fait des gros riffs, ça crie, ça grogne, mais ça ne ressemble à rien de particulier, rien qui ne puisse m’attirer…

 

Du coup, je préfère aller faire un jogging (oui monsieur, un esprit plus très sain dans un corps qui essaie de le rester, même en festival métal où la bière coule à flot), et revient à temps pour le début de soirée, entr’apercevant la fin du concert de Khorrs, un groupe de black metal ukrainien bien violent. Mes affinités avec le Black se résumant à Béhémoth et Emperor, je préfère m’éclipser, et je pars goûter les délices artisanaux de la cantine, où les bénévoles suent sang et bière pour nous proposer sandwich, croque-monsieurs et surtout galettes bretonne.

Bon, instant Maïté, la végétarienne testée ce soir ne m’a pas laissé une impression fantastique, sorte de ratatouille pas très goutue dans une crêpe au sarrasin, mais l’emmental/mozza testée ensuite valait clairement le coup. Je fais mon petit repas en écoutant Rotting Christ.

C’est encore un groupe de black metal, grec cette fois-ci, ou plus précisément de black metal gothique. C’est pas vraiment ma tasse de thé en règle général, mais c’est vrai qu’il y a une certaine énergie et une certaine présence qu’on peut trouver plaisante, et ça me fait un agréable fond sonore de collation.

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Alors que la soirée commence viennent les groupes phares de cette première journée.

Je comptais passer en coup de vent devant le Naheulband sous le coup de la nostalgie et de la curiosité, pour voir ce que foutait un groupe pareil au milieu des métalleux, avant d’aller découvrir le death metal des suédois d’Entombed AD, et finalement l’ambiance m’a fait rester.

Fidèle à sa réputation, le Naheulband a fait dans l’auto-dérision, le comique, et la chanson médiévale satirique, avec un barbare au banjo, un ranger zombie à la guitare, ou encore un troll à la flûte, et le mieux dans tout ça, ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est la réponse positive des grands gaillards du public, plus biberonnés à la double pédale et aux chants gutturaux, qui semblaient connaître par cœur les paroles et entonnaient les refrains en chœur avec autant de joyeuse innocence qu’une classe de primaire à un concert d’Henri Death, euh Dès pardon.

C’est là qu’on prend l’ampleur du côté fédérateur, à la fois du mouvement métal dans son ensemble (même si comme dans toutes les communautés on trouvera toujours des adeptes de la posture campés sur leurs positions qui vous regarderont de haut si vous n’aimez pas exactement les mêmes choses qu’eux), et d’un groupe à la con comme le Naheulband. Qui n’a jamais vu un parterre de métalleux un peu cuits lever les bras quand un groupe folklorique entonne une reprise du Final Countdown d’Europe au Melodica ne peux pas comprendre ce sentiment.

Musicalement pas le concert du festival, mais un bon moment de délire et de communion.

 

Fleshgod Apocalypse :

Je ne connais ce groupe de Death Mélodique italien que depuis peu, mais déjà leurs albums studios m’avaient déjà emballé. Comme souvent avec les italiens, tout est dans la démesure et le mélange des genres, on y retrouve, en plus des blasts, des riffs agressifs et de la voix caverneuse, des éléments symphoniques, de musique classique et même d’opéra, avec un chant lyrique qui en a rebuté plus d’un mais qui personnellement me ravit à chaque écoute.

Et sur scène, cela prend encore plus d’ampleur, avec un décorum, des costumes et une scénographie extrêmement théâtrale. On se croirait dans un salon de la renaissance, si les musiciens de l’époque avait fait du headbang. Il faut dire qu’en plus de la batterie et des habituelles basses et guitare, l’autre petit plus de Fleshgod Apocalypse est l’incorporation d’un piano, et le musicien qui l’utilise est certainement le plus survolté du groupe, tant il semble avoir du mal à se contenir et se retrouve constamment debout, avant de se rappeler qu’il va avoir du mal à jouer s’il ne se rassied pas.

Le tout avec entrée et sortie de scène, et salut final à la fin du concert, un vrai moment particulier qui ne plaira pas à tout le monde mais qui m’a procuré un vrai orgasme musical.

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Crédits photo : culturemetal.com

Shining :

J’allais rentrer me coucher, épuisé par le concert précédent, et puis des accords de saxophone m’ont fait jeter un œil sur ce groupe norvégien. Et là, la claque. Une énergie hors du commun, des accents électro-jazz (et du saxophone donc) dans un univers de métal avant-gardiste, un lien immédiat avec le public et un punch qui donne envie de se jeter partout. Certains éléments rappelait même le métal progressif avec une boucle mélodique d’une minute qui met en transe pour finir le concert. Imaginez un mélange improbable d’indus, de glamrock, d’Infectious Groove, de Shaka Ponk, avec une pointe de KMFDM des grands jours, une voix entre Devin Townsend et Frankie de Smet de Channel Zero, et un zeste de saxophone qui flirte avec le free-jazz, et vous avez Shining, qui est rentré directement dans mon top du festival.

 

Je fais l’impasse sur Children of Bodom, et je plonge sur mon matelas dégonflé, les boules Quies profondément enfoncés dans les oreilles pour échapper aux pollutions sonores des métalleux bourrés qui font de la corne de brume et hurlent « apéroooo » à tout heure du jour ou de la nuit, et je me blottis dans les bras de Morphée en attendant le lendemain qui devrait encore être une sacrée journée.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=6K3gGyX8-oM[/youtube]

Crédits Vidéo : Yoann Dupont

 

JOUR 2 :

 

On se lève avec le soleil ma gueule !

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Un soleil encore discret sur un camping balayé par le vent, émaillé de nuages aux contrastes divers, mais du vrai soleil qui chauffe la peau et sèche les vêtements de sport (oui, cette fois-ci je suis allé faire mon jogging sur les coups de 11h). De nouveaux camarades sont arrivés, et nous débarquons au festival à la moitié de Fange, un groupe de sludge noir et violent loin d’être désagréable qui, c’est à noter, joue sans bassiste, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un sacré mur de son à vous guérir une otite sans frais. On pourrait presque en oublier la violente ondée qui est tombée à l’horizontal pendant vingt minutes.

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Néanmoins je préfère zoner une nouvelle fois du côté de l’Extreme Market, frayer avec les zigotos de Bunker Komix et faire ma liste d’emplettes pour plus tard, tout en écoutant de loin les accords de Giuda (Judas en italien), un groupe de popunk assez consensuel, vite écouté, vite oublié, qui honnêtement ne m’a laissé aucun souvenir. C’est ensuite qu’on passe aux choses sérieuses.

 

Hypno5e :

Je découvre ce groupe qui vient pourtant de chez moi à Montpellier, et qui propose un métal atmosphérique entre le doom et le progressif que ses membres nomment eux-mêmes Cinematic Metal. Ce qui se comprend quand on voit à quel point ils mélangent influences musicales et cinématographiques, avec des extraits d’œuvres fortes comme l’Étranger de Camus ou Pierrot le fou de Godard entre ou au beau milieu des morceaux. En résulte un maelström orgasmique, comme son nom l’indique hypnotique, auquel les influences multiples donnent un cachet vraiment particulier, et un son qui donne l’impression d’être absorbé plus qu’écouté. Certainement ma grande découverte de ce deuxième jour, en espérant pouvoir les revoir bientôt par chez moi.

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Crédits Photo : shootmeagain.com

 

Je jette un coup d’œil sur Valient Thorr, un groupe de stoner/Southern Rock yankee apparemment assez réputé aux Etats-Unis, mais ce que j’entends ne m’emballe pas des masses, du coup je préfère me diriger vers Agnostic Front sur la Suppositor Stage.

 

Agnostic Front :

J’avais raté le groupe à chaque fois qu’ils étaient passés en festival, pour je ne sais quelle raison je ne me sentais pas forcément attiré. Grossière erreur ! Agnostic Front, c’est du bon gros punk hardcore new-yorkais (d’ailleurs le fondateur du mouvement au début des années 80). Des riffs qui tachent, des tatouages, des bandanas, des poses, un flot et un son qui rappellent presque le rap lourd de la East Coast, le groupe à tout ce qu’il faut pour se péter la nuque en balançant sa tête d’avant en arrière, ou son dos en se jetant sur ses voisins. Amis de la subtilité, passez votre chemin, Agnostic Front ne fait pas dans la dentelle, mais en live l’énergie communicative du groupe en fait une vraie expérience musicale pleine de bruit et de fureur.

 

Je mange un bout en écoutant Mayhem de loin, le Black Metal n’étant toujours pas dans mes petits papiers, et puis la soirée totale ambiance et sons qui t’emportent continue.

 

Cult of Luna :

J’avais découvert Cult of Luna il a quelques années au Hellfest et j’avais été subjugué par la puissance musicale du son et lumière proposé par le live, une sorte de métal progressif à la fois doux et violent, à la fois calme et enragé, tout en montées graduelles, en ruptures de tons, alternant plages atmosphériques et déchaînement mélodique. Quand on écoute Cult of Luna, on a l’impression d’être dans une transe presque cinématographique, comme si on regardait une longue séquence épique et lyrique dans un film de guerre. Alors avec le jeu de lumière en plus, cette impression de planer au milieu d’un orage se fait encore plus prégnante. Effectivement ils ont refait peu ou prou le même set que la première fois que je les ai vu, et apparemment ils ne se renouvellent pas beaucoup, mais personnellement ça suffit à faire mon bonheur.

 

Neurosis :

On m’avait dit « tu vas voir, toi qui aimes Cult of Luna, Neurosis c’est un peu leur grand frère, c’est le groupe qui les a inspiré ». Et effectivement, on retrouve ce même son épique et dense, cette même musique presque palpable, en version plus lourde et percutante. Si Cult of Luna était un orage en plein ciel, Neurosis serait un tremblement de terre en pleine montagne. Ça défouraille sévère, avec un chant/cri profond et des riffs implacables, mais en même temps il y a quelque chose de prenant, dévastateur, presque mystique, qui monte, qui monte progressivement dans des chansons qui dépassent régulièrement les 6 minutes. Ma préférence reste pour Cult of Luna et son côté drogue musicale, mais Neurosis montre peut-être effectivement plus de densité, plus de souffle hargneux.

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Crédits photo : shootmeagain.com

 

Carpenter Brut :

De l’atmosphérique, du punk hardcore, du métal prog et… de la synthwave !

Que fait là le Marty Macfly des années 2000, fer de lance du mouvement, avec son synthé et ses références cinématographiques bis, au milieu des métalleux ? Je me suis posé la même question, mais apparemment la communauté est encore plus ouverte d’esprit que je ne l’imaginais. Non content de venir danser le funk sur la scène d’Infectious Groove ou de reprendre en chœur les grands tubes de Kiss, la voilà qui jumpe tout son saoûl sur des accords électroniques échappés des années 80, la voilà qui se trémousse sur Disco Zombie Italia ou Escape from Midwich Valley. Le tout en découvrant un kaléidoscope d’images tirés de films obscurs et réjouissant du cinéma d’exploitation, de Turkey Shoot à Zombi 3 en passant par L’Infernale Poursuite et son karatéka cul de jatte. Qu’est-ce que ça fait du bien de sauter comme un possédé sur des rythmes endiablés, d’autant que, contrairement à certains artistes électro, il ne se contente pas de poser un ordinateur, mais transforme sa musique pour qu’elle puisse être jouée en live, avec de vrais musiciens, batteur, guitariste, etc.

Un pur bonheur, qui trouve son apogée avec le titre final, une reprise synthwave du Maniac de Flashdance, karaoké compris pour qu’on puisse entonner le refrain en chœur.

 

Après ça, j’aurai du découvrir Amenra, un autre fleuron du Doom au son atmos, mais rien, rien ne peut passer après une reprise de Maniac. Circulez, y’a rien à voir, vous pouvez rentrer chez vous.

Ce sera pour une autre fois.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=czIkT-Ebx8g[/youtube]

Crédits vidéo : Yoann Dupont

 

JOUR 3

 

Plein soleil aujourd’hui !

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De rares nuages, un vent léger, de quoi prendre des coups de soleil et apprécier pleinement les concerts de ce dernier jour, alors que les cadavres de bières, de tentes ou de métalleux sont déjà nombreux sur le camping, au milieu des décorations très sales gosses et des burquenelles (des tonnelles avec une burqa, appellation déposée, nous serons intraitables sur les droits).

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Je sais que cette dernière soirée va être longue, aussi je ne me déplace pas sur le site avant 16h, juste à temps pour découvrir en prenant une bière le concert de Svartsot, du folk metal danois. Et là j’entends le chanteur : « la prochaine chanson parle d’une fille qui se fait violer et tuer, et qui se transcende dans l’Au-delà ! »…

Mais… mais le folk metal c’est pas censé être un truc tout mignon, folklorique avec des violons et tout ?… Ils me font peur. J’entends bien du violent un peu plus tard, mais le folk metal a jamais vraiment ma marotte de toute façon.

 

Fractal Universe :

Avec un nom pareil, j’attendais encore un son atmosphérique, épique, quelque chose d’un peu barré, avec un son étrange, au final c’est du Death Metal progressif violent mais un peu laborieux. Je n’ai rien contre le Growl, cette voix d’ogre indissociable du Death, ou les accords bien violent, mais là, la mayonnaise ne prend pas, le côté Death n’a rien de vraiment particulier, et le côté progressif n’est pas assez prononcé et maitrisé pour faire illusion.

 

Conan :

Du Stoner/Doom à l’ancienne, qu’on croirait sorti d’une autre époque. Lourd, massif, tellement pesant (dans le bon sens du terme) qu’on pourrait presque toucher les notes, Conan porte si bien son nom qu’on pourrait le décrire, comme je l’ai vu sur un site spécialisé, comme du Doom cimmerien. Avec en plus une dualité de voix, mêlant sons gutturaux et timbre haut perché, qui évite à la musique du groupe de stagner au ras du sol. Du bon gros son bien fat à écouter avec les tripes.

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Crédits photo : motocultor.com

Graveyard :

On remonte encore plus loin avec Graveyard, puisque ce rock’n roll/blues donne l’impression de se retrouver à Woodstock, et si le chanteur n’avait pas une voix aussi masculine, on pourrait presque y retrouver du Janis Joplin. Ca fait vraiment plaisir de voir de la musique 60/70’s assumée dans un festival de métal, comme pour rappeler que tout vient de là. Graveyard n’a pas besoin de gros riffs, de double pédale ou de cris démesurés, le groupe fait du rock, du vrai, qui prend au cœur et donne envie de se déhancher, et ça donne une sacrée banane.

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Crédits photo : shootmeagain.com

 

Bongzilla :

J’avais vraiment envie de découvrir ce groupe de stoner dont le centre d’intérêt principal, on l’aura deviné, est la drogue sous toutes ses formes, et surtout celle de la weed. Mais j’avoue que le groupe m’a laissé si peu d’impression que je ne sais pas trop quoi en dire. C’est pas mauvais, mais au milieu de tous les autres groupes puissants, mélodiques, prenants, il fait un peu figure d’anecdotique.

 

Soulfly :

Ahh, Soulfly, les Carlos de la musique métal, tellement en mode Patrick Sebastien pendant leur concert, avec leur « Olé, olé olé olé, Soulfly, Soulfly » et autres invectives de bal de camping, qu’on s’attendrait presque à les voir entonner leur version des sardines ou de Tirlipimpon sur le Chihuaha. Certains détestent, j’adore. Ce côté décontracté du gland, cette bonne humeur communicative, et ce son thrash/hardcore revigorant, font du groupe de Max Cavalera une vraie bouffée de fraicheur énervée. Surtout quand le public répond présent !

 

Dying Fetus :

Les papes du Death Metal, les empereurs de la musique lourde et insidieuse qui s’infiltre dans toutes les parties de votre corps, sont encore plus impressionnant en live tant leur présence et leur son sont imposants. Assister à un concert de Dying Fetus a quelque chose de terrifiant, de profondément perturbant et fascinant à la fois. C’est comme écouter la mélopée de cultistes et être irrésistiblement attiré par elle, tout en sachant pertinemment que son but est de réveiller Cthulhu. Le groupe américain arrive à être mélodieux et envoûtant même avec un style aussi violent que le Death, et quel que soit le rythme. Je connaissais leur musique, je ne les avais jamais vu en concert, depuis je me réveille en sueur et le cœur qui bat la chamade.

 

----- © Nikolas E. ----- Facebook Page. -----

Crédits photo : Nikolas Ernult

 

Je mate un peu le concert de Testament, qu’on m’annonçait comme un groupe inratable, mais j’avoue être passé à côté. Certes la scénographie et les jeux de lumière sont intéressants, mais ils ne m’ont pas donné l’impression de vraiment s’élever au-dessus du tout-venant.

J’aurai du aussi tester Batushka pour son jeu de scène avec robe de bure et encensoir, mais j’ai préféré aller me sustenter une dernière fois au stand avant de découvrir la grosse tête d’affiche de ce dernier jour, Ministry.

 

Ministry :

Oh la claque ! Définitivement ma découverte de ce troisième jour. Je ne connaissais pas du tout, alors qu’apparemment c’est un group extrêmement connu depuis fort longtemps, et je compte bien rattraper le temps perdu. Dès les premières secondes et ce rythme métallique à faire tomber les murs, sur fond d’images anarchistes à forte teneur politiques, le son de Ministry vous empoigne pour ne jamais vous lâcher. On se croirait revenu aux grandes heures de White Zombie, look du chanteur à l’appui. Mais là où le Heavy Metal de Zombie avait presque des accents glam et des influences cinématographiques particulières, le son de Ministry s’engouffre dans l’indus tête baissée et fait de sa musique un véritable brûlot sociétal, tout en faisant vibrer le sol assez fort pour vous obliger à sauter en l’air malgré la fatigue accumulée. Le tout avec un jeu de lumière presque transcendantal, une sacrée, sacrée expérience pour finir le festival.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=YAQ87JQCHPw[/youtube]

Crédits vidéo : Bloodybarbie Soil

C’est avec des acouphènes de compétition que je rentre au camp pour cette dernière nuit, avec l’impression que je n’aurai même pas besoin de mes boules Quiès pour éviter d’être réveillé par des ivrognes shootant des poubelles. Je regonfle une dernière fois mon matelas malade (à la bouche, oui madame, comme tous les soirs) et je m’endors du sommeil du juste, en sachant qu’il faudra se lever tôt le lendemain pour tout remballer.

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Et il semble que la mélopée mystique de Dying Fetus ait réussi, puisque nous nous réveillons dans un brouillard opaque qui donne au camping des allures de lieu maudit dans lequel on s’attend à voir émerger la masse monumentale d’un Grand Ancien.

Il ne nous reste plus qu’à plier bagages et espérer retrouver notre chemin dans la brume sans se faire attaquer par des fantômes de marins, en se promettant de revenir l’année prochaine si la situation le permet.

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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