S.O.S. Fantômes – Vide Ectoplasmique

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Titre Original : Ghostbusters

De : Paul Feig

Avec Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon, Leslie Jones, Chris Hemsworth

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique, Comédie

Résumé :

Nouvelle version de la comédie surnaturelle S.O.S Fantômes avec un casting féminin. Les fantômes n’ont qu’à bien se tenir !

Avis :

Il y a des films qui, dès l’annonce de leur projet, de leur mise en chantier, déchainent une fureur incroyable de la part des fans et des cinéphiles. Comme tout art qui se respecte, le cinéma met en émoi la plupart des personnes qui y sont sensibles et il suffit parfois d’une idée pour déclencher des levées de boucliers. Quand on s’intéresse rapidement à ce phénomène, qui prend de plus en plus d’ampleur et montre bien que l’être humain est par nature intolérant, on peut voir que cela s’amplifie de nos jours et concerne essentiellement les idées de remakes touchant des films cultes des années 80. Ainsi, quand un remake de S.O.S. Fantômes a émergé, les fans se sont empressés de gueuler et de dire qu’il ne fallait pas toucher une œuvre aussi culte, sauf si c’était pour reprendre les anciens acteurs. Seulement, entre la mort d’Harold Ramis et la non volonté de certains anciens pour reprendre des rôles surement devenus trop étriqués pour eux, le projet a muté, il s’est vite transformé en un pamphlet féministe pour mettre en avant une équipe de filles, montrant que la femme peut être l’égal de l’homme.

GHOSTBUSTERS

Et la tempête est tombée. Insultes, propos haineux, racisme, sexisme, tout, absolument tout ce que l’humanité a de pire s’est jeté sur ce film alors qu’il n’était pas encore sorti. Malheureusement, la campagne marketing n’a pas joué en faveur du métrage, puisque plutôt que de calmer le jeu, les producteurs et autres amis plus ou moins liés au film ont répondu par l’invective, allant même jusqu’à manquer de respect aux détracteurs. Là où il aurait fallu être plus intelligent, laisser tomber ou répondre avec des extraits du film ou de l’humour, le film s’est complètement fourvoyé, s’attirant les foudres de plusieurs personnes, allant même jusqu’à détruire le film avant sa sortie. Et c’est bien dommage de voir des réactions comme cela jaillir pour du cinéma. Dans les deux sens, autant pour les crétins qui ont fustigé le film dès sa création que pour les publicitaires, personne n’a su aller dans le bons sens et il y avait comme une aura malsaine autour de ce remake. Cependant, il est absolument insupportable de voir des gens (parfois professionnels) juger un film avant même sa sortie sur des concepts inutiles et rétrogrades. Il faut voir un film avant de juger, avant de donner son avis, qui de toute façon, sera toujours subjectif, malgré tous les efforts du monde pour le rendre le plus objectif possible. Et si effectivement le film est mauvais, il faut cesser de casser des métrages à tout va par simple haine, par simple jalousie d’être incapable de proposer autre chose.

Le principal problème du film de Paul Feig ne vient certainement pas de son casting féminin qui assure et dans lequel les actrices ressortent plus belles que jamais (notamment la craquante Kate McKinnon qui a du chien dans le métrage). Le plus gros souci du film viendra de son ton condescendant et de son incapacité à sortir de l’univers scatophile de son réalisateur. Déjà responsable de comédies tendancieuses comme Spy ou encore Les Flingueuses, le cinéaste américain prône un humour bas du front et qui n’arrive pas à sortir du carcan se situant en dessous de la ceinture. Là où les films d’Ivan Reitman (ici producteur) trouvaient un équilibre parfait entre humour et fantastique, cette nouvelle version s’évertue  mettre en avant un humour enfantin et qui ne fera rire que les enfants. Cela est d’autant plus choquant quand les blagues de mauvais goût sortent de la bouche de ces femmes qui se veulent fortes mais qui finalement se mettent au même niveau que les hommes. C’est réellement un problème dans ce film qui ne s’avèrera pas drôle du tout et qui s’enfoncera dans des facilités déconcertantes. D’autant que cet humour rabaisse la femme, alors que la volonté du film est l’opposé. Pourquoi baisser le niveau d’intelligence des femmes afin qu’elle soit l’égal de l’homme ? N’y a-t-il pas un procédé plus intelligent ?

Mais ce n’est pas tout. Le film se perd aussi dans tous ses hommages et autres clins d’œil. Voulant à tout prix citer des références geeks à tout va, le film ne fait que dans le tape à l’œil et caresse dans le sens du poil le jeune cinéphile en parlant de diverses émissions ou en balançant des punchlines faisant écho à une culture bien ciblée. Malheureusement, cela ne sert pas à faire avancer l’intrigue et on ne peut y voir que de la filouterie de la part du scénariste, afin de se mettre dans la poche un public très clairement identifié. Cela est d’autant plus flagrant dans les caméos qui parcourent le film, avec les anciens acteurs qui font un clin d’œil mais à chaque fois pour rien, pour brasser du vent et montrer qu’ils sont d’accord avec le projet. C’est dramatique d’en arriver à un tel point d’incompétence qu’il faut faire de la drague pour achalander le client en mettant en avant une nostalgie qui n’a pas lieu d’être.

Ensuite, le scénario ne tient pas vraiment la route. S’il reprend dans les grandes lignes celui du premier, il perd de sa saveur en ne jouant pas beaucoup sur une critique sociétale apparente. Là où le premier s’amuser avec la religion et la culture de l’apparence, ce remake ne garde que l’apparence mais en fait une critique grossière avec un maire débile et des situations improbables. D’ailleurs, quand on regarde le film de Paul Feig, on se rend compte que le spectateur dans le film est un imbécile qui croit tout ce que lui balance la télé. Quelle image a-t-il de nous ? Mais ce qui manque le plus dans ce métrage, c’est un bon méchant. Comme le disait Alfred Hitchcock à l’époque, un bon méchant fait un bon film, et c’est ce qui n’est pas présent dans ce film. Ingrat, avec des motivations basiques et binaires, on ne peut pas dire que ce bad guy va marquer les esprits. Enfin, d’un point de vue technique, le film peut paraître joli sur le moment, avec des apparitions spectrales tout en couleur. Seulement, les scènes d’extérieur ne tiennent pas la route et la surenchère d’effets numériques gâche réellement le plaisir de visionnage. Le film perd tout son charme d’antan et c’est dommage d’en arriver là.

Et c’est dommage que le film se traîne tous ces boulets qui ne sont quasiment que le fait de son réalisateur, un yes man dénué de talents, car certains moments sont plutôt bien foutus. Très clairement, il y a une réelle osmose entre les quatre actrices et elles demeurent assez attachantes, notamment Kristen Wiig qui est très à l’aise ou encore Kate McKinnon qui assure en scientifique déjanté. Le problème viendra plus de leur caractérisation qui reste floue et pas assez travaillée. On remarquera aussi qu’à un moment du film, il y a une bonne réplique drôle et référentielle sur Ghost et Roadhouse et logiquement Patrick Swayze. Enfin, dernier bon point pour le film, la présence de Chris Hemsworth qui tient un rôle à contre-emploi. Beau gosse débile et grotesque, il assume complètement son rôle et demeure l’un des atouts de ce métrage, notamment parce que ses vannes ne sont jamais en dessous de la ceinture, mais aussi parce qu’il s’éclate dans ce rôle et cela se voit à l’écran.

Malheureusement, ces bons points sont bien peu de chose face à la condescendance du métrage en ce qui concerne le racisme ou le sexisme ou encore les orientations culturelles de certaines personnes. En effet, tout comme les références grossières, le film appuie lourdement sur l’aspect féministe du métrage ou encore raciste avec l’actrice noire Leslie Jones et il manque vraiment de la nuance dans ce propos. Pire que tout, le réalisateur se permet de juger les goûts de gens au détour d’une scène dans un festival de musique métal où l’une des héroïnes dit clairement : qu’est-ce que c’est que cette musique de débiles, peuvent pas passer un slow. Voilà en quoi on en est réduit aujourd’hui, poser un jugement vil sur une communauté qui n’emmerde personne.

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Au final, S.O.S. Fantômes version 2016 est très clairement un film assez mauvais qui ne propose rien de nouveau, mais qui est symptomatique d’un nouvel état d’esprit. Se voulant l’étendard du féminisme, mais aussi une ode à la tolérance, de sa campagne publicitaire jusqu’à son final, le film a démontré tout le contraire de ce qu’il voulait mettre en avant, attisant ainsi une haine inutile et dégradante pour tout le monde. Et si intrinsèquement le film ne changera pas les choses dans un sens comme dans l’autre, il est juste dommage qu’autant de bruit divise les gens et fait ressortir les pires versants de l’humanité pour du cinéma. Bref, un film qui ne vaut pas grand-chose, et surtout pas tout le foin qu’il y a eu autour.

Note : 05/20

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Par AqME

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