Le Monde de Dory – La Mémoire dans l’Eau

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Titre Original : Finding Dory

De : Andrew Stanton et Angus MacLane

Avec les Voix de Ellen DeGeneres, Idris Elba, Albert Brooks, Kaitlin Olson

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Dory, le poisson chirurgien bleu amnésique, retrouve ses amis Nemo et Marin. Tous trois se lancent à la recherche du passé de Dory. Pourra-t-elle retrouver ses souvenirs ? Qui sont ses parents ? Et où a-t-elle bien pu apprendre à parler la langue des baleines ?

Avis :

Treize ans. C’est le temps qu’il a fallu pour avoir une suite au Monde de Nemo, l’un des plus grands succès de Pixar. Il faut dire qu’avoir une suite à ce film n’est pas un hasard, ni le fruit d’un travail acharné dû à une volonté non mercantile, surtout quand on sait que le premier film a rapporté plus de 987 millions de dollars de bénéfice. Mais chez Pixar, on ne fait pas les choses à moitié et chaque projet profite d’un travail léché de professionnel et le studio préfère prendre son temps pour peaufiner ses projets. Devant sortir initialement en 2015, Le Monde de Dory a reculé sur le planning des sorties pour laisser plus de place au Voyage d’Arlo, ce qui ne fut pas un choix judicieux quand on sait le flop qu’a eu le film au box-office. Mais il en faut moins pour décourager le studio à la lampe de bureau et le carton de ce dernier film prouve encore une fois que le studio a eu raison. Mais qu’en est-il réellement des qualités du film ? Sommes-nous face à un nouveau chef d’œuvre d’animation ?

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Soyons clair dès le départ, Le Monde de Dory n’est pas le meilleur film des studios Pixar. Et cela n’est dû qu’à une seule chose, le manque d’identité du produit. Reprenant un an après le premier film, cette troisième suite (après Monstre & Cie et Cars 2) qui s’axe sur un personnage secondaire d’un précèdent métrage n’arrive pas à faire oublier Le Monde de Nemo, autant par sa patte graphique que par son histoire de recherche familiale. Alors certes, dans le fond, nous sommes face à un film assez différent et brassant des messages plus profonds que Nemo, mais il manque clairement une identité visuelle. D’autant plus que le film semble frénétique, ne s’arrêtant jamais, hormis pour poser quelques dialogues relançant les enjeux du film, qui parfois se perd dans sa surenchère d’action loufoque, à l’image de sa fin complètement barrée et improbable.

Cependant, le métrage ne cède pas à la facilité sur les problèmes évoqués, aussi bien dans le fond des personnages que sur un message global écologique. Si on reste toujours sur la différence et le handicap, le message est ici décuplé par la force de caractère de Dory et par son lourd défaut, celui de perdre la mémoire à court terme. Sauf qu’encore une fois, les réalisateurs et scénaristes ont eu l’idée géniale d’apporter de la nuance dans leurs personnages. Car si Dory oublie certaines choses, les sentiments restent bien présents et elle sait qu’elle aime Nemo et Marin. Tout comme elle sait que ses parents l’attendent quelque part et que sa meilleure amie, un requin-baleine, est toujours présente pour l’aider. En faisant ainsi, les réalisateurs mettent en avant la force des sentiments ainsi que la force de l’amour. D’ailleurs, les réminiscences mémorielles de Dory ne concernent que les moments chaleureux ou d’amour profond, prouvant une fois de plus (rappelons-nous le fabuleux Vice-Versa) que les émotions, les sentiments sont bien plus forts que le reste.

On retrouvera aussi un message écologique au sein du film. Un message qui vogue sur la mode du moment et dont l’idée est venue aux scénaristes suite au documentaire choc Blackfish de Gabriela Cowperthwaite. Ainsi, l’action du film se déroule au sein d’un institut médical biologique qui soigne les poissons et les envoie ensuite dans des aquariums une fois guéri. On peut y voir un double message, l’un très positif et un autre un peu plus cynique, concernant ce genre d’établissement. En effet, si d’un côté les poissons sont soignés, on peut voir que le lieu ouvre ses portes au public et demeure un grand espace touristique, démontrant ainsi les dérives de ces espaces qui ne veulent que du profit et pas forcément du soin ou de la conservation d’espèces. Cette critique est d’autant plus flagrante quand on regarde le moment où Dory et son ami la pieuvre se retrouve dans un bassin pédagogique où les enfants peuvent toucher les animaux. Encore une fois, Pixar apporte toujours de la nuance à son métrage, permettant ainsi une double lecture intelligente, où chacun peut y trouver son compte. Si les enfants y verront une action frénétique, d’autres y verront une critique acerbe d’un système pas si écologique que ça.

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Au final, Le Monde de Dory est un film d’animation fort plaisant devant lequel on ne s’ennuie jamais. Mais c’est peut-être là son plus gros défaut, car il en oublie parfois de mieux travailler son univers afin de se détacher de son aîné. Il en résulte un film beau, intéressant par les thèmes qu’il brasse, mais auquel il manque une véritable identité visuelle, un véritable nouvel enjeu qui relancerait une nouvelle dynamique. Loin d’être mauvais, Le Monde De Dory reste enchanteur mais n’offre rien de bien neuf et la version française est plutôt édulcorée, mettant aussi de côté la symbolique du poisson transgenre, ne disant jamais le prénom de la raie, un garçon au prénom féminin.

Note : 15/20

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Par AqME

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