septembre 24, 2020

La Vie est Belle

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Titre Original : La Vita e Bella

De : Roberto Benigni

Avec Roberto Benigni, Horst Buchholz, Marisa Paredes, Nicoletta Braschi

Année: 1998

Pays: Italie

Genre: Drame

Résumé:

En 1938, Guido, jeune homme plein de gaieté, rêve d’ouvrir une librairie, malgré les tracasseries de l’administration fasciste. Il tombe amoureux de Dora, institutrice étouffée par le conformisme familial et l’enlève le jour de ses fiançailles avec un bureaucrate du régime. Cinq ans plus tard, Guido et Dora ont un fils: Giosue. Mais les lois raciales sont entrées en vigueur et Guido est juif. Il est alors déporté avec son fils. Par amour pour eux, Dora monte de son plein gré dans le train qui les emmène aux camps de la mort où Guido veut tout faire pour éviter l’horreur à son fils…

Avis:

Comment oublier la remise des Oscar 1999 ? Comment oublier la joie de ce comédien et réalisateur italien qui a ému l’assemblée lors de la remise de son prix du meilleur acteur pour ce film ? C’est bien impossible, tant Roberto Benigni nous a fait rire et pleurer cette année-là. Avec son physique nonchalant, avec sa bonne humeur naturelle, Roberto Benigni est une magnifique belle réussite « à l’Italienne ». Comédien de talent, réalisateur de génie, Roberto Benigni à petit à petit gravit les échelons pour aller jusqu’à son chef d’œuvre « La vie est belle« .

Immense succès en salle, « La vie est belle » fut l’un des plus beaux films qui sortit cette année-là. « La vie est belle« , c’est une magnifique et bouleversante déclaration d’amour à la vie. Roberto Benigni offre-là un film tout simplement inoubliable. Un concentré d’émotion, de tendresse et d’amour. Un sacrifice tristement sublime d’un père pour son fils, face à l’horreur des camps. Bref, « La vie est belle » est un film qu’on aime, qu’on adore et surtout qu’on adore voir et revoir encore et encore, presque sans modération.

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Guido est un homme plein de bonne humeur. Un jour, alors qu’il est en panne près d’une ferme, la belle Dora lui tombe dans les bras. Pour Guido, c’est un coup de foudre immédiat. Dès lors, il n’a plus qu’une idée en tête, séduire la belle et il va y arriver de la plus belle des manières. Quelques années plus tard, de leur amour est né Giosue. La vie est belle et la famille vit un bonheur parfait. Mais ce bonheur prend fin quand la famille est arrêtée et envoyée dans un camp de concentration. Alors que l’horreur n’en n’est qu’à son début, Guido va alors tout faire pour que son petit garçon croit que leur « visite » aux camps n’est qu’un jeu. Un immense jeu grandeur nature, dont le premier prix sera un char d’assaut.

« La vie est belle« , c’est tout simplement le coup de génie d’un réalisateur et comédien de génie ! D’une tristesse infinie, « La vie est belle » n’a pas assez d’adjectifs pour qualifier la beauté, l’horreur et la poésie qui s’y mélangent. Film unique, Roberto Benigni arrive à nous faire pleurer et rire en même temps devant les plus dures et les plus tristes des situations.

Mélangeant d’une manière remarquable l’horreur, l’amour et l’humour, le réalisateur livre un film tout en lumière. Construit en deux parties, la première sera tout simplement l’une des plus belles leçons de séduction qu’on ait pu voir. Original, tendre, fou, poétique, « La vie est belle » est d’emblée une leçon de bonne humeur. Une leçon d’insouciance qui dégage un charme unique qu’on a bien du mal à retrouver dans le cinéma. C’est avec une immense énergie que Roberto Benigni nous entraîne auprès de Guido, un personnage naturellement drôle, dont la malchance l’entraîne dans des situations on ne peut plus rocambolesque. Guido est un personnage bourré de charme qu’on ne peut qu’adorer dès les premières minutes. Mais comme tout le monde le sait, le film aborde la Seconde Guerre Mondiale, la persécution des juifs et l’enfer des camps, et derrière toute cette énergie, cet amour et cette drôlerie, de manière perverse mais réaliste, Roberto Benigni installe peu à peu l’horreur à venir.

Là encore le réalisateur démontre le coup de génie qui l’a habité pour ce film, car tout est assez sournois dans cette montée radicale. Robert Benigni l’installe peu à peu comme une évidence, les personnages continuant de vivre leur bonheur au grand jour, ne pouvant imaginer ce que l’avenir leur réserve. En même temps, comment imaginer l’horreur de ce qui va être fait ? C’est donc parcouru d’émotions qu’on sent le glas sonner et quand il retentit, c’est presque de manière choquante, tant on ne s’y attendait pas à ce moment-là. D’un coup, l’horreur et le mal-être s’installent. Et c’est là que le film de Roberto Benigni va prendre son envol, car en même temps que l’arrivée de la haine et la cruauté, Roberto Benigni surprend tout le monde et installe de la magie, de la beauté, de l’humour et surtout de l’abnégation. Une abnégation totale, courageuse et bouleversante qui nous sert la gorge et nous arrête le souffle à plus d’une reprise avec des fulgurances inoubliables. Certaines images marquent à jamais, tant elles jouent avec les extrêmes. Tant elles seront aussi drôles que tristes et dures.

Ce qui est encore plus étonnant avec ce film, c’est la mise en scène presque ironique de Roberto Benigni. Alors que son film n’est que bouleversement et tristesse, à aucun moment le réalisateur ne bascule vraiment dans l’horreur. Il garde toujours quelque chose de très lumineux, de très enjoué, comme s’il faisait tout pour que l’on garde le sourire et qu’on voit son film comme son fils voit le camp de concentration. On remarquera tout de même que les seules fois où le film bascule dans l’immondice, ce sera des scènes où le fils de Guido n’est pas présent (la discussion sur les énigmes près d’une cheminée) ou alors il dort (le tas hallucinant de cadavres mis les uns sur les autres). Ce parti pris est bluffant, car il rend le film encore plus touchant qu’il ne l’est déjà.

De toute évidence, on ne peut passer à côté de Roberto Benigni, l’acteur qui se met en scène dans ce rôle fabuleux qu’il interprète avec génie, drôlerie et sourire. L’acteur n’a vraiment pas volé sa statuette. Il est magique dans le rôle de Guido. D’ailleurs, il est si bon, si imprégné, qu’on n’a même pas l’impression qu’il peut être autrement dans la vie. « La vie est belle « , c’est aussi la magnifique Nicoletta Braschi dont le regard bouleversant n’est pas prêt de vous lâcher. C’est aussi l’incroyable Giorgio Cantarini qui joue avec une assurance dingue le petit Giosué. Puis c’est Horst Buchholz qui tient là un rôle parfaitement détestable et inhumain, mais en même temps si véridique. Puis pour finir, on remarquera aussi l’excellente Marisa Paredes qui tient là un petit rôle.

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« La vie est belle » est une œuvre bouleversante, d’une tristesse et d’une dureté éprouvante, mais elle est aussi tellement drôle, fine, légère et subtile, qu’on n’en ressort certes ému, les yeux humides, le cœur serré, mais aussi avec le sourire aux lèvres et l’envie de déjà revoir ce petit bijou. Avec ce film, Roberto Benigni nous a offert un métrage qui est devenu culte presque instantanément, et alors que le film s’approche calmement de ses vingt ans, il est devenu un véritable classique du cinéma tout court.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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