Michael Kohlhaas

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De : Arnaud des Pallières

Avec Mads Mikkelsen, Mélusine Mayance, Delphine Chuillot, David Kross

Année : 2013

Pays : France, Allemagne

Genre : Drame, Historique

Résumé :

Au XVIème siècle dans les Cévennes, le marchand de chevaux Michael Kohlhaas mène une vie familiale prospère et heureuse. Victime de l’injustice d’un seigneur, cet homme pieux et intègre lève une armée et met le pays à feu et à sang pour rétablir son droit.

Avis :

Réalisateur atypique français, Arnaud des Pallières offre une voix alternative dans notre cinéma. Force de travail, il a réalisé par moins de quatorze courts-métrages. Il a donné aussi dans le moyen métrage et le documentaire. Son premier long sort en 1996. Depuis Arnaud des Pallières a réalisé peu, que ce soit pour le cinéma ou pour la télé, pour laquelle il réalise deux téléfilms. Michael Kohlhaas est son quatrième film.

Présenté au prestigieux festival de Cannes, le dernier film en date d’Arnaud des Pallières est le genre de film devant lequel on reste partagé. Partagé entre une ambiance géniale et prenante et un rythme bien trop lent, qui laisse entrevoir malheureusement de vraies longueurs tout au long du film, ce qui est dommage, car à bien des arguments et des points positifs, « Michael Kohlhaas » est un bon film.

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Au XVIe siècle dans les Cévennes, Michael Kohlhaas est un vendeur de chevaux respecté et prospère. Il vit sans faire d’histoires avec sa famille dans une petite maison. Très pieux, respectueux et juste, il n’a pas besoin de grande fortune pour être heureux. Un jour, il est victime d’une injustice faite de la part d’un seigneur. Kohlhaas essaie d’abord de porter son affaire devant la justice, mais rien n’y fait. Alors, après plusieurs recours et la mort de sa femme, Michael Kohlhaas lève une armée dans la région pour rétablir son droit.

Ce qui est très surprenant quand on regarde « Michael Kohlhaas« , c’est qu’outre sa lenteur qui au départ nous immerge et finit par nous perdre à plusieurs reprises, le film d’Arnaud des Pallières n’a pratiquement que des qualités. Le scénario est simple mais très efficace et l’intrigue qu’il nous raconte est prenante. C’est dans une atmosphère incroyable que le film évolue et l’on entre très vite dedans. Rapidement, le réalisateur nous fait craindre le pire grâce à sa façon de mettre en scène. Très vite aussi, on aura de l’empathie pour ce père de famille qui se retrouve injustement bafoué et qui ne verra d’autres solutions que de prendre les armes contre un seigneur silencieux et lâche. Adapté de la nouvelle de Heinrich von Kleist, qui porte le même nom, l’histoire que nous raconte Arnaud des Pallières est simple, mais dure, triste et injuste. Et cette histoire est renforcée par la mise en scène fascinante à plus d’un titre de son réalisateur.

Enfermé dans les Cévennes, le film dégage quelque chose de très lourd qui, sans mettre mal à l’aise, laisse présager le pire dès les premières minutes du film. Arnaud des Pallières s’attarde énormément sur ses paysages, sur leur beauté froide. Il les filme de manière à ce que tout soit menaçant, ce qui donne des allures mystiques et irréelles à ce film. D’ailleurs, en dehors de l’intrigue, si l’on s’arrête uniquement sur la beauté des plans, des cadres, des séquences, des scènes, des visages, de sa brutalité, « Michael Kohlhaas » est un petit bijou incroyable et passionnant à regarder.

Puis dernier très bon et beau point, le film d’Arnaud des Pallières est tenu par des acteurs impressionnants qui, chacun à leur façon, est remarquable. Mads Mikkelsen bouffe littéralement l’écran. Transcendé et frappé par son personnage, l’acteur dégage une force hypnotique, et même quand le film sombre l’espace de plusieurs scènes dans l’ennui, on ne peut s’empêcher d’observer l’acteur endeuillé et fou de colère. Et ce charisme se reporte sur un peu tous les acteurs, que ce soit Swann Arlaud, Mélusine Mayance, David Kross, Denis Lavant, Bruno Ganz ou encore l’incroyable et marquante Roxane Duran, qui n’apparaît que l’espace d’une scène. Tous sont incroyables dirigés et filmés par Arnaud des Pallières.

Mais alors pourquoi derrière toutes ces louanges, le réalisateur a opté pour un rythme aussi lent ? Car c’est bien le rythme le défaut de ce film. « Michael Kohlhaas » est immersif, « Michael Kohlhaas » nous entraîne et nous enferme dans cette région et cette guerre, mais alors qu’on aurait pu être pris et bousculé du début à la fin, le film nous lâche plusieurs fois, car il n’avance pas. « Michael Kohlhaas » donne l’impression que le réalisateur s’est presque totalement attardé sur l’esthétisme de son film, sur la façon de diriger et tirer le meilleur de ses acteurs, mais il en a oublié par le coup de livrer un film divertissant et prenant. Et même si on apprécie en fin de compte, même si la sensation finale est bonne, on ne peut nier aussi l’ennui qui s’est répété au cours du film. Et c’est vraiment dommage, car « Michael Kohlhaas » a une très bonne histoire, a d’excellents moments, une ambiance terriblement marquante et des acteurs géniaux. Il ne lui manquait que la fougue et le rythme pour emporter son spectateur dans une expérience inoubliable.

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On conseille et on recommande tout de même le film, car dans les grandes lignes, il reste un bon film qui mérite d’être vu au moins une fois. Mais on le déconseille à tous ceux qui ont du mal avec le contemplatif, ne tentez pas l’expérience, elle risque de paraître bien plus longue qu’elle ne l’est.

Note : 13/20

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Par Cinéted

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