septembre 28, 2020

Les Revenants

12380507_1272495916097148_79328413_n

De : Robin Campillo

Avec Géraldine Pailhas, Jonathan Zaccaï, Frédéric Pierrot, Victor Garrivier

Année : 2004

Pays : France

Genre : Fantastique, Drame

Résumé :

Les morts sont revenus en masse. Dans le monde, des milliers de personnes décédées ont quitté les cimetières pour investir les villes. Puis le phénomène s’est arrêté, comme si les portes du monde s’étaient de nouveau refermées. On est entré maintenant dans une nouvelle phase particulièrement délicate : la réinsertion des morts dans leurs familles.

Avis :

« Les revenants« , c’est le premier film de Robin Campillo, un petit réalisateur français qui a réalisé aussi « Eastern Boys » dix ans après le film qui nous intéresse. Le réalisateur prend donc son temps pour réaliser ses projets et c’est en tant que scénariste qu’il est plus connu, puisque c’est à lui que l’on doit les scénarios de Laurent Cantet, réalisateur primé à Cannes de la palme d’or avec « Entre les murs« .

« Les revenants » et son concept, aujourd’hui, sont bien plus connus sous la forme de la série du même nom. Mais avant d’être une série, « Les revenants » est surtout un film, qui essaie de sortir des sentiers battus du cinéma français. Pour son premier film, Robin Campillo s’est lancé dans un projet aussi singulier qu’audacieux, peut-être même un peu trop, car le réalisateur offre une semi-réussite. Car si le film est passionnant dans son sujet, il enchaîne les longueurs et a tendance à s’enfermer dans son concept et ainsi perdre son spectateur à plus d’une reprise.

12443205_1272496072763799_61501814_n

Un matin, sans qu’on ne s’explique comment et pourquoi, toute personne qui est décédée depuis les dix dernières années est de retour à la vie. Il faut donc réinsérer ces « morts » dans la société, comme si rien ne s’était passé. Mais comment faire ? Comment gérer ces crises mondiales ?

Avis quelque peu mitigé sur ce premier film de Robin Campillo. Pour commencer, si le film évoque bien des gens qui reviennent d’entre les morts, il ne faut absolument pas vous attendre à un film de zombies, car « Les revenants » ressemble à tout sauf à un film de zombies et les amateurs du genre pourraient être déçus.

Pour ce film, Robin Campillo a voulu faire autre chose. Quelque chose d’inattendu et c’est de réflexions et de questions de société dont il va être question pendant une heure et demi que dure ce film. Et de ce côté-là, « Les revenants » est vraiment très intéressant, car il est très riche dans son écriture et pose des questions aussi prenantes qu’elles sont quelque peu flippantes et stressantes. Comment réinsérer les morts dans la société ? Quelle réaction avoir face à cette épreuve ? Comment réaccueillir un proche dont on a fait le deuil ? Doit-on le réaccueillir, le veut-on vraiment ? Comment aborder la mort avec ces personnes-là ? D’où viennent-elles ? Comment et pourquoi sont-elles de retour ? Bref, tant de questions que le réalisateur pose et essaie de mettre en lumière au travers de personnages froids, meurtris et touchants. On appréciera que le film réponde à certaines d’entre elles, tout en gardant une part de mystère pour d’autres. Robin Campillo n’a pas la prétention de savoir ce qui se cache derrière la mort. Il n’a pas la prétention non plus de nous imposer sa propre vision de l’au-delà. Non, il ne fait qu’imaginer et évoquer un problème humain et social, et ces réflexions sont intéressantes à tout moment.

L’autre bon point du film, c’est qu’il est tenu par des comédiens assez bluffants dans leur retenu. Chaque personnage évoque une façon de gérer un retour ou le simple fait de la présence de ces gens et que ce soit Géraldine Pailhas, Jonathan Zaccaï, Frédéric Pierrot, Dan Herzberg ou Djemel Barek, chacun d’eux est très bon et plein de sous-entendus.

Mais voilà, c’est aussi ces sous-entendus-là qui peuvent avoir raison de certains spectateurs, puisque hormis le final qui est assez mal apporté, Robin Campillo, à force de vouloir faire un film qui sort des sentiers battus, a fini par s’enfermer dans son concept et peuple son film de longueurs. Sur un rythme très lent, on a la désagréable impression que le réalisateur étire tous les silences, tous les regards ou encore les moments en apesanteur. Et si au départ, c’est séduisant, car c’est bien différent que ce que l’on a l’habitude de voir, il est vrai qu’à la longue, ça devient fatiguant et l’on reste partagé entre le propos génial et cette fin d’un côté vraiment raté et presque incompréhensible ainsi que cette forme qui finit par lasser.

12476097_1272496006097139_37339447_n

Vous l’aurez donc compris, « Les revenants » est un film à part jusqu’au bout. Aussi bon qu’il est lassant, Robin Campillo tient un sujet incroyable, mais a du mal à le mettre en images. « Les revenants » est donc un film qui reste intéressant à voir pour bien des questions qu’il pose, mais avant d’y jeter un œil, il vaut mieux savoir où l’on met les pieds et surtout aimer les rythmes lents avec peu de dialogues.

Note : 9,5/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.