octobre 27, 2020

Les Géants

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De : Bouli Lanners

Avec Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen, Paul Bartel, Karim Leklou

Année : 2011

Pays : France, Belgique, Luxembourg

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

C’est l’été, Zak et Seth se retrouvent seuls et sans argent dans leur maison de campagne. Les deux frères s’attendent encore une fois à passer des vacances de merde. Mais cette année là, ils rencontrent Danny, un autre ado du coin. Ensemble, à un âge où tout est possible, ils vont commencer la grande et périlleuse aventure de leur vie.

Avis :

Baroudeur, Bouli Lanners est un électron libre. Régisseur, peintre, scénariste, comédien, réalisateur, le belge s’essaie à tout et il y arrive avec brio. S’il est bien connu comme comédien, il est aussi un réalisateur prometteur et intéressant à suivre. Après quelques courts-métrages, il signe un premier long en 2005 « Ultranova« . Mais c’est en 2007 qu’il se fait vraiment remarquer avec le très sympa « Eldorado« , sélectionné à la quinzaine des réalisateurs de Cannes et qui décrocha le prix « Regards jeunes ». Depuis, le réalisateur continue de tourner doucement, mais surement. En 2011, il présent ces « Géants » dont on parle aujourd’hui et cette année, il sort son quatrième film « Les premiers, les derniers« .

Ce troisième film signé Bouli Lanners, est une belle surprise à l’image de son réalisateur, libre, naturel, instinctif et plaisant. Avec ce film plein de poésie et d’énergie, oscillant entre comédie et drame, Bouli Lanners signe avant tout une belle fable sur la fin de l’insouciance et le passage à l’âge adulte. Un peu comme un parcours initiatique, on peut dire que Bouli Lanners s’offre son « Stand By Me« . Un « Stand By Me » belge, bourré de charme, de rires, de drame et de quotidien.

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Zak, Seth et Danny sont trois adolescents de quinze ans, délaissés et oubliés pas leurs parents. C’est l’été et les trois gamins n’ont rien à faire, alors ils traînent ensemble, réinventant le monde, s’imaginant une vie future pour fuir les tracas de leur vie présente, se débrouillant comme ils peuvent pour vivre, pour parer l’absence de leurs parents.

Après le sympathique « Eldorado« , Bouli Lanners confirme qu’il a bel et bien un univers qui lui est propre, qu’il est un auteur et que son cinéma est à surveiller. Ici, avec « Les géants« , il signe donc un très beau, tendre et touchant film sur l’histoire de trois jeunes garçons paumés, abandonnés, livrés à eux-mêmes. Trois adolescents « brisés », que la vie n’a pas épargnés. Si seul, ils ne sont rien, ensemble, ils deviennent ces « Géants » qu’aucun tracas ne peut abattre.

Pour son troisième film, Bouli Lanners s’attaque à ce moment crucial de l’adolescence, ce moment où l’enfance cesse, mais l’adulte n’est pas encore là. Alors qu’il aurait été facile de tomber dans le glauque et l’apitoiement, le réalisateur belge a choisi de faire de ce parcours initiatique, un moment de partage, de rires. Perdu dans les paysages sublimes de la campagne belge, « Les géants » oscille avec grâce entre de belles réflexions sur le présent et l’avenir, sur l’amitié et la confiance, sur le désir, l’envie, le sexe, la découverte et le fantasme. Le film aborde aussi l’amour, la famille, la solitude, l’abandon et l’amitié. Bouli Lanners filme ces trois héros avec beaucoup de naturel. Tour à tour drôles ou dramatiques, ils sont touchants dans leur entente, dans leur solidarité, et même dans les moments les plus sombres, ils gardent un regard plein d’espoir et c’est ce qui les rend d’autant plus touchants. Et le seul petit point noir qu’on pourrait lui reprocher, c’est de se conclure sur un point d’interrogation. On aurait aimé une fin qui apporte plus de réponses sur le devenir de ces trois gamins, qu’on laisse un peu comme on les a rencontrés.

Bouli Lanners sait filmer et « Les géants » en est encore une belle preuve. Comme pour « Eldorado« , on retrouve l’ambiance très naturelle et vraie qu’on avait aimée. Bouli Lanners livre un film simple, où chaque instant et chaque décor a l’air d’être pris sur le vif. Sans superflu, mais pourtant avec beaucoup d’élégance, « Les géants » charme énormément par sa simplicité, sa délicatesse et sa maitrise (la photographie est renversante, il faut dire).

Enfin, ces « Géants« , c’est ces trois petits comédiens que le réalisateur nous a trouvés. Trois comédiens bourrés de naturel et de malice. D’entrée de jeu, l’alchimie qui se dégage d’eux donne envie de les suivre, de les découvrir. Aucun d’eux n’est le personnage principal. On ne suivra pas plus l’un que l’autre. Le réalisateur les met à la même hauteur et c’est ensemble qu’ils forment le cœur, le charme et le naturel du film. On ira même jusqu’à dire que c’est leur vision du monde et leur innocence qui est le personnage principal de ce film et eux n’en sont que « les véhicules ».

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« Les géants » confirme que Bouli Lanners est non seulement un réalisateur de talent, mais qu’il est un réalisateur à suivre et qui a de très beaux jours devant lui. Un film comme « Les géants« , on aimerait bien en voir plus souvent sur nos écrans.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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