décembre 5, 2020

Assassin’s Creed Tome 4 Revelations – Oliver Bowden

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Auteur : Oliver Bowden

Editeur : Milady

Genre : Aventure

Résumé :

Dans cette bibliothèque, le secret le mieux gardé du monde donne aux croisés le pouvoir d’asservir l’humanité. Pour percer le mystère, Ezio doit réunir pas moins de cinq clés. Ce chemin périlleux conduira l’Assassin jusqu’à Constantinople, le coeur de l’Empire ottoman, que l’armée des Templiers, en pleine expansion, menace de mettre à feu et à sang. Marchant dans les pas de son prédécesseur, le grand Altaïr, Ezio s’apprête à livrer son dernier combat contre les ennemis jurés des Assassins. L’enjeu n’a jamais été aussi décisif, et le pèlerinage tourne à la course contre la montre.

Avis :

Désormais associé à la novellisation d’Assassin’s creed, Oliver Bowden poursuit son périple dans les méandres obscurs de notre histoire avec le quatrième tome de la saga, sobrement intitulé « Révélations ». L’aparté avec Altaïr étant décevant sur bien des points (on proclamait un contenu inédit alors qu’il s’agissait de la trame du premier jeu), on espère que cette nouvelle et dernière aventure d’Ezio Auditore saura relever le niveau. Seulement, ceux qui connaissent son homologue vidéoludique n’ignorent pas que l’intrigue sera avare en « Révélations ». Est-ce tout de même un roman sympathique ou une usurpation propre à scandaliser le lecteur et les fans de la franchise d’Ubi Soft ?

D’emblée, les plus impatients qui souhaiteraient se pencher sur cet opus sans avoir parcouru les précédentes péripéties d’Ezio peuvent passer leur chemin ; exception faite de ceux qui se sont essayés au jeu vidéo éponyme. L’intrigue est tellement ancrée dans la continuité (même si l’intervalle temporel est bel et bien présent) de Renaissance et Brotherhood qu’elle paraîtra familière pour les inconditionnels et parfaitement inintelligible pour les petits curieux. La confrontation assassins/templiers, la quête des pommes d’Éden ou la vie d’Ezio et les relations qu’il entretient avec certains intervenants sont autant d’éléments qui décontenanceront le profane.

Les habitués, eux, se retrouveront en terrain connu autant sur les qualités que les défauts de la novellisation. L’écriture évolue peu, voire pas du tout dans ses fondamentaux. Hormis une construction plus dynamique et segmentée que le premier livre, les romans possèdent toujours une approche sans fioriture du contexte historique avec quelques expressions en langues étrangères (dont la traduction se situe dans le glossaire en fin d’ouvrage), peu de termes techniques, mais heureusement aucun anachronisme qui puisse irriter les spécialistes. On notera toutefois certains problèmes de syntaxe dont il est difficile d’incomber la faute à l’auteur ou à l’éditeur pour des errances d’interprétation.

Si l’on peut saluer quelques scènes inédites comme l’intermède qui nous narre le périple d’Ezio à travers la Méditerranée, la trame est calquée sur les passages clefs du jeu vidéo. En cela, ce n’est pas un mal, même si elle manque clairement de surprises et de répondant à l’approche du dénouement. Toutefois, les écueils qu’avait commis auparavant l’auteur à retranscrire des séquences sans intérêt ou trop ancrées sur son support d’origine ressurgissent de plus belle ! Ainsi, on nous inflige le tutoriel pour l’apprentissage de certaines techniques de combat et de l’utilisation du crochet. Un choix d’autant plus discutable qu’on privilégie ces moments anecdotiques à une progression plus dynamique et percutante sur le long terme.

Pour un livre, on pourrait presque parler d’incohérences puisqu’Ezio est le mentor des assassins, mais se retrouve considéré comme un novice pour des raisons plus ou moins valables ! Des longueurs regrettables lorsque les affrontements qui émaillent le récit sont dépeints avec une certaine efficacité toute coutumière de l’auteur. Phrases courtes, variété des actions, style enlevé et direct pour illustrer des combats abrupts et violents. En cela, Oliver Bowden ne faiblit pas dans ce domaine pour nous fournir une vision claire des joutes auxquelles on a pu s’adonner dans le jeu.

Selon leurs importances, les protagonistes se révèlent plutôt crédibles. Nanti d’une expérience notable, Ezio demeure toujours aussi charismatique tout en se montrant plus pragmatique. On aura également plaisir à côtoyer des célébrités comme Piri Reis, même si l’on devine un prétexte pour asseoir le réalisme de l’intrigue. Les intervenants secondaires se succèdent assez rapidement, mais ont le mérite de rester fidèles à leurs valeurs ; ce qui facilite leur identification parmi une palette d’individus assez nombreux. En somme, la caractérisation se révèle soignée et posée compte tenu de la densité qu’impose une relecture historique.

Au final, Assassin’s creed – Révélations porte toujours aussi mal son nom au vu d’un récit sympathique, mais guère étonnant tant il apporte peu d’éclaircissements sur les fondements de la saga. Malgré une reconstitution plus qu’honnête, on regrettera certaines scènes surfaites ou inutiles dans une novellisation (le long tutoriel du début). Alternant les bons points (notamment les personnages, les affrontements…) et les maladresses qui tendent à perdurer à chaque nouvelle parution, ce quatrième tome se veut toutefois meilleur que son prédécesseur. Il en ressort un roman agréable, mais guère transcendant qui s’adresse avant tout aux fans de la franchise.

Note : 13/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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