Philip Pullman – A La Croisée des Mondes 1 Les Royaumes du Nord

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Résumé :

Découvrant que sa mère est responsable des disparitions d’enfants qui touchent la région, Lyra part vers le Nord à leur recherche. Dans des mondes parallèles, elle va lutter contre les forces du mal accompagnée de Pantaleïmon, son « daemon » , sorte de conscience d’apparence animale et génie protecteur.

Avis :

Il est assez amusant de voir que finalement, la littérature de jeunesse, souvent dénigrée par un grand nombre de lecteurs, est la plus grande source de sagas et est surement le genre le plus rentable de l’industrie du livre. On peut citer par exemple Harry Potter, mais aussi Oscar Pill ou encore Les Chevaliers d’Emeraude, voir aussi Le Monde de Narnia. Mais il y a aussi une série qui a fait un carton (sauf au cinéma) et dont le premier tome a reçu une pelletée de prix, notamment parmi les livres pour adultes. Il s’agit bien entendu de la saga A la Croisée des Mondes, la Boussole d’Or. Je vais m’intéresser aujourd’hui au premier tome de la saga, qui constitue une longue introduction à un univers qui semble immense et qui a été créé de toute pièce par un certain Philip Pullman. Alors il est vrai qu’il est surtout connu pour cette trilogie intemporelle, mais il a écrit aussi beaucoup de livres de jeunesse dont le livre J’étais un Rat que je conseille. Alors que vaut Les Royaumes du Nord, premier tome de la trilogie ? Préparer votre manteau en peau de yack, on va vers le nord, et ce n’est pas des corons !

Le plus déroutant quand on lit ce livre, c’est que géographiquement parlant, on s’ancre dans une réalité quasiment identique à la nôtre, mais que tout le reste est profondément fantastique. On va suivre une jeune fille qui répond au doux nom de Lyra et qui possède un daemon, Pantalemon, sorte d’animal totem indivisible d’un être humain. Cette jeune fille vit dans un collège, et pense que ses parents sont morts et que seul son oncle, Lord Asriel s’occupe d’elle, tout du moins de manière pécuniaire. Malheureusement, elle découvre par hasard que quelqu’un en veut à la peau de son oncle et va se retrouver bien malgré elle dans une aventure dantesque. Elle découvre qu’il existe une matière, la Poussière qui intrigue beaucoup de monde, et il s’agit vraisemblablement d’une nouvelle source d’énergie liée à l’Aurore. Sauf que des scientifiques, dont son oncle se rende compte que des mondes parallèles existent au travers l’Aurore et que la Poussière pourrait être la clef. Et le seul moyen pour générer un nombre impressionnant de poussière, c’est que couper le lien invisible entre un humain et son daemon. Quand on lit ces quelques lignes, on se rend vite compte que résumer ce tome n’est pas si évident, car Pullman a mis énormément d’informations dans ce premier livre et que l’on ressent une richesse incroyable. C’est d’ailleurs le plus gros défaut de l’histoire, qui nous en met plein les yeux, surement un peu trop et que le tout semble un peu indigeste.

Cependant, l’écrivain est un malin et il est surtout talentueux. Du coup, il allie un scénario complexe et un univers immense avec une écriture fluide et simple. De ce fait, tout est compréhensible, tout va très vite et on ne ressent jamais l’ennui. C’est d’ailleurs assez bizarre de dire cela, car si l’on prend du Tolkien, la référence, on ne peut pas dire que le style soit léger et que la lecture de la trilogie soit très fluide. Hors Pullman y parvient aisément et c’est cela qui rend le livre et la saga si addictif. Alors bien entendu, comme il s’agit d’un livre de jeunesse, le ton est volontairement léger et les états d’âme de l’héroïne sont parfois agaçants, mais on arrive quand même à avoir de l’empathie pour ce personnage et son daemon, notamment grâce à sa ténacité et sa pugnacité.

Mais cela n’empêche pas à l’auteur de planter quelques passages bien gores, parfois assez sales, et Pullman ne fait pas dans les sentiments inutiles. Il est d’ailleurs assez intéressant de voir certains personnages mourir, notamment un enfant, et que participer à une crémation. Bien évidemment toutes ces scènes ont été coupées dans le film et c’est bien dommage, enlevant de lé crédibilité et surtout une volonté de ne pas prendre les enfants pour des crétins. Cette ambivalence entre le mature et la naïveté de l’enfance donne un charme à cet ouvrage. On oscille donc dans un monde merveilleux, peuplé de sorcières, ours parlant, animaux changeant de forme mais où la réalité de la mort, de la tristesse, du désespoir mais aussi de la traitrise par ses proches est présente et tout cela donne quelque chose de cohérent et de très intéressant.

Au final, Les Royaumes du Nord, le premier tome de la trilogie de A La Croisée des Mondes est un livre sympathique, mais qui cible un public presque adolescent. A la fois magique et réel, mature et enfantin, dur et naïf, le livre parvient à captiver le lecteur par une fluidité et une action non-stop. Le plus gros défaut sera la fin qui laisse en suspens toute l’histoire et qui force en quelque sorte le lecteur à lire le deuxième livre dans la foulée. Pour ma part, je fais une petite pause entre les ouvrages, parce que j’aime alterner les univers. Breef, un livre agréable qui augure une bonne suite et qui mérite ses prix.

Note : 15/20

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