octobre 25, 2021

Les Sorcières d’Eastwick

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Titre Original: The Witches of Eastwick

De : George Miller

Avec Jack Nicholson, Cher, Susan Sarandon, Michelle Pfeiffer

Année : 1987

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique, Comédie

Résumé :

Trois jeunes femmes espiègles et indépendantes se morfondent dans la très puritaine petite ville d’Eastwick ou jadis furent brûlées maintes sorcières accusées de commerce avec le Diable. Nos trois belles se réunissent tous les week-ends et babillent gaiement à bâtons rompus de tous et sur tout. Jusqu’au jour où un extravagant personnage, un certain Daryl van Horne, s’installe dans la demeure la plus somptueuse de la ville…

Avis :

Après avoir réalisé l’une des trilogies post-apocalyptique les plus mythiques du cinéma, Mad Max, George Miller va s’essayer pour la première fois à la comédie fantastique avec Les Sorcières d’Eastwick. Et il faut croire que l’expérience lui a plu puisqu’il retourne vers la comédie fantastique, dans un registre plus léger tout de même, en 1998 avec Babe Le Cochon devenu Berger puis avec deux dessins animés, Happy Feet et Happy Feet 2. Les Sorcières d’Eastwick, malgré un ton léger, est tout de même un film pour adulte où les enjeux de chacun sont d’ordres plutôt sexuels. Mettant en avant un casting de folie dont un Jack Nicholson entouré de trois superbes femmes (pour l’époque, parce que maintenant, Cher, elle a plutôt sa place au musée Grévin), est-ce que le film n’a pas un peu vieilli ? L’histoire légère n’a-t-elle pas pris une petite ride ? Rendez-vous avec un diable bien particulier.

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Il ne s’emmerde pas le ch’ti pépère !

L’histoire de ce film est assez bizarre et joue avec notre perception. Mais cela est assez intéressant, car beaucoup de choses sont suggérés et c’est au spectateur de réfléchir et de se faire une idée. Bien loin des explications pataudes dont on affuble chaque film, comme on peut le voir dans le début de Evil Dead version 2013, à croire que le fana de cinéma est un gros débile, le film propose de suivre trois femmes célibataires qui semblent être dotées de pouvoirs surnaturels. Seulement, cela n’est pas dit, mais seulement suggéré lors d’un orage qui se déclenche précipitamment, alors que les trois donzelles pensaient la même chose. Alors qu’elle s’organise une petite soirée à trois, elle divague en se mettant d’accord sur l’homme idéal. C’est alors qu’arrive dans une belle voiture un dénommé Daryl Van Horne, qui va habiter la plus belle maison de la petite ville d’Eastwick. Il va à tour de rôle charmer et coucher avec chacune de ces dames, faisant un trio amoureux vivant au sein de la même maison avec les enfants de chacune. Cela fait jaser, mais pire que tout, les trois héroïnes se rendent compte qu’elles sont enceintes du même homme en même temps. Elle décide alors de se venger et de le faire partir définitivement de la ville. Sous un concept léger et drôle, on retrouve des éléments propres à la sorcellerie et au diable. Il est vrai que l’on avait l’habitude de voir des personnages diaboliques très effrayant, alors que là, hormis à la fin, il reste plutôt drôle, cynique et très porté sur le sexe. Cette vision va permettre de mettre en avant une version insidieuse maline et peut-être encore plus dangereuse que le diable en version frontale. Cela étant dit, le film ne fait absolument pas peur, bien au contraire, il est assez drôle et très second degré, même sur la fin. Au niveau de l’ambiance, on pourra le rapprocher de l’univers d’un Tim Burton, entre grandiloquence gothique et fantastique casanier. Néanmoins, l’image reste moins travaillée et beaucoup plus ancrée dans le réel. Si le début est assez surprenant et l’arrivée du diable assez jouissive, le film peine sur la longueur et le milieu est assez pénible et longuet.

Heureusement pour nous, le casting en vaut la chandelle, surtout grâce à un Jack Nicholson en grande forme. Cynique, grossier, sale, il arrive pourtant à charmer ces dames grâce à un bagou formidable et une espèce d’assurance arrogante phénoménale. Il arrive à changer son faciès de façon incroyable et propose un jeu de scène drôle au départ et très inquiétant sur la fin. Pour l’accompagner dans ce film, nous avons droit à trois grandes actrices. Susan Sarandon joue la coincée de base, accro à la musique classique qui va se délivrer de son carcan de timidité grâce à Jack Nicholson. Elle joue parfaitement bien les ingénues et reste très convaincante. Michelle Pfeiffer est un peu plus discrète dans ce film, jouant une mère de famille souvent fatiguée et elle le fait très bien, mais c’est surement le personnage le moins exploité. Enfin, Cher est relativement bonne dans le rôle de la femme célibataire et libre, sculptrice qui va se faire avoir en beauté pour ce cher Jack. Elle joue très bien et tient bien son rôle qui sera surement le plus important et le plus intéressant. Les seconds couteux sont plutôt bons, notamment l’acteur jouant le majordome que l’on a pu voir dans James Bond incarnant Requin. Néanmoins, et malgré la présence de ce triangle amoureux, le film accumule quelques longueurs, notamment vers le milieu du film. Le début reste très jouissif avec un Jack Nicholson vulgaire et primaire, la fin est assez intéressante, montrant la vraie nature du personnage masculin et les tours de passe-passe que font les trois femmes, mais le milieu est relativement ennuyeux. En effet, les jeunes femmes vont se faire porter pâle pour éviter de croiser le chemin de Daryl Van Horne, mais tout cela est plutôt mal foutu et peu énergique, ce qui est plutôt dommage et constitue le ventre mou du métrage.

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Jack Nicholson en version DSK au Sofitel

Au final, Les Sorcières d’Eastwick est un film plaisant et assez élégant, mais qui peine à tenir sur la longueur et qui ne contient pas forcément de moments forts, à part une jolie fin. Néanmoins, les acteurs sont très bons et l’histoire assez sympathique, frôlant parfois avec l’univers déjanté de Tim Burton. Bref, si le film n’est pas inoubliable et se destine probablement à un public plus féminin, il constitue un agréable et une jolie découverte.

Note : 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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