octobre 27, 2020

Hunger Games – La Révolte Partie 1 – Le Geai Moqueur se Moque de Nous

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Titre Original : The Hunger Games – Mockingjay: Part 1

De: Francis Lawrence

Avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson

Année: 2014

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction

Résumé :

Katniss Everdeen s’est réfugiée dans le District 13 après avoir détruit à jamais l’arène et les Jeux. Sous le commandement de la Présidente Coin, chef du district, et suivant les conseils de ses amis en qui elle a toute confiance, Katniss déploie ses ailes pour devenir le symbole de la rébellion. Elle va se battre pour sauver Peeta et libérer le pays tout entier, à qui son courage a redonné espoir.

Avis :

La littérature adolescente est un vivier d’idées pour les scénaristes en manque d’inspiration. Mais il faut savoir une chose, c’est que globalement, seuls les best-sellers intéressent grandement les producteurs et scénaristiques, y voyant un calice doré apportant argent et bonne réputation. C’est ainsi que naquirent les plus mauvais films ciblant une génération s’étalant de 8 à 16 ans, les professionnels du cinéma ne s’intéressant pas aux livres plus discrets et pourtant bien meilleur. Parce que qualité ne rime pas du tout avec succès en librairie. Quoiqu’il en soit, Hunger Games de Suzanne Collins a suscité beaucoup d’émoi pour les amateurs de papier et un peu moins pour les amateurs de bobine. Il faut dire que le premier n’était qu’un sous Battle Royale aseptisé et que le deuxième film n’était qu’un pétard mouillé, essayant vainement d’être sulfureux sur fond de rébellion contre un régime totalitaire. Seulement, il faut savoir que ce troisième film n’est qu’une première partie d’un film scindé en deux et qu’il aura donc moins de contenu que les autres. Le business faisant partie intégrante du cinéma (malheureusement), on aura droit à un épisode bavard, qui ne tient pas toutes ses promesses.

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La faute en incombe bien évidemment aux producteurs qui ne voient pas le film en tant qu’objet culturel mais comme une grosse liasse de billets. De ce fait, scinder l’histoire du dernier livre en deux doit avoir une justification, sauf qu’il n’y en aura pas, et que dans le fond, le résumé de cet antépénultième épisode pourrait tenir en dix minutes montre en main. Et c’est là tout le problème du film qui ne met aucun enjeu dramatique dans son histoire. C’est bien simple, le spectateur va suivre Katniss dans son instrumentalisation pour en faire un objet de culte, un symbole auprès des rebelles, afin d’attiser la haine du capitole et des actes plus ou moins terroristes. Et ce qui aurait pu être très court, ou facilement éludé par quelques plans bien choisis, sera un long chemin de croix, essayant vainement de faire croire que le film, et même la saga toute entière, a un message profond et important.

Et c’est l’un des problèmes insistants de Hunger Games, péter plus haut que son cul. A aucun moment, la saga n’a le recul nécessaire pour bien appréhender son fond d’histoire. On se retrouve avec une parabole de régime totalitaire (nazi) et une jeune fille qui deviendra le symbole d’une rébellion (résistance) en commettant des attentats pour se faire entendre. Jamais le film ne prend la peine d’étudier l’autre versant de l’histoire. A aucun moment la caméra et le scénario ne viendra se poser du côté du capitole et de ses habitants. En fait, tout est noir ou blanc, ce qui est un faux reflet de notre société et peut s’avérer dangereux. Et ce troisième épisode rentre encore plus dans cette démarche démagogique, offrant un message nauséabond et une histoire fragile.

Alors après, le film tente par tous les moyens de masquer cette mascarade avec des sous-enjeux qui tiennent à peine sur un timbre-poste, comme cette critique de la publicité ou de la société audiovisuelle, qui n’hésite pas à mentir ou à cacher des choses dans son intérêt. En filigrane, le film se veut sulfureux de ce point-ci, mais il n’y aura rien d bien finaud là-dedans, allant même jusqu’à ridiculiser son héroïne lorsqu’elle abat deux avions s’écrasant dans l’hôpital qu’elle voulait protéger. Encore une fois, le message est très grossier qu’il parait immature et inapproprié.

Et tout se rejoint puisque la réalisation de Francis Lawrence est à la fois transparente et imbuvable. Transparent dans le sens où le film ressemble à n’importe quel autre blockbuster pour adolescents et imbuvable parce que même avec trois scènes d’action, il arrive à faire du shaky cam, donnant la nausée en quelques secondes. Alors après tout ça, que reste-t-il de Hunger Games la Révolte Partie 1 ? Pas grand-chose. On aura bien un discours politique qui peut montrer aux jeunes qu’un état totalitaire et liberticide n’est pas l’idéal et on pourra se contenter d’un triangle amoureux assez complexe et qui ne trouvera sa résolution que dans le chapitre final.

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Au final, Hunger Games la Révolte Partie 1 est un épisode tampon qui ne trouve pas forcément de justification à son existence. Lent, bavard, immature, parfois insensé dans ses propos, le film est rempli d’incohérences et de longueurs qui n’aide pas à apprécier cette saga qui vise surtout un public jeune et féminin. Un film qui, on l’espère, annonce un dernier épisode un peu plus intéressant, un peu plus ambivalent sur ses propos et surtout plus mature et plus sérieux.

Note : 08/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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