The Crimson Petal and the White

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D’Après une Idée de : Lucinda Coxon

Avec Romola Garai, Gillian Anderson, Chris O’Dowd, Richard E. Grant

Pays : Angleterre, Canada

Genre : Drame

Nombre d’Episodes : 4

Résumé :

Dans les années 1860, une prostituée nommée Sugar devient la maîtresse d’un homme richissime, membre d’une puissante famille londonienne. Cette relation secrète leur posera quelques problèmes…

Avis :

Marc Munden est un réalisateur très peu connu dans nos contrées et pourtant, c’est un excellent réalisateur. C’est à lui que l’on doit l’excellente série « The Devil’s Whore« , ainsi que « Miranda » un petit film anglais sympathique à défaut d’être mémorable. Le réalisateur a aussi officié sur des séries plus connues telles que « Black Sails » ou « Utopia » dont il a réalisé la plupart des épisodes.

Diffusée en 2011 sur la BBC two, je me suis intéressée à cette courte série principalement à cause de son casting. Que ce soit dans les rôles principaux ou encore dans de petits rôles, « The Crimson Petal and the White » voit s’aimer, se déchirer ou s’envier une jolie brochette de talents. De plus, la série évolue dans le Londres de 1874 et les Anglais, ont un savoir-faire incroyable pour nous raconter les frustrations, les non-dits et la débauche de la société bourgeoise de l’époque. Alors quand tout ceci se déroule sous l’œil raffiné de Marc Munden, il ne m’en fallait pas plus pour me jeter dedans. Et je peux dire sans aucune crainte que c’est pour l’instant, et de très loin, le meilleur projet que j’ai pu voir du réalisateur. J’ai été complètement transporté et passionné par « The Crimson Petal and the White« , par ces personnages, par cette retenue typiquement britannique et surtout par l’esthétisme de cette série, qui est l’une des plus renversantes que j’ai pu voir !

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William Rackham est un riche patron, ainsi qu’un écrivain à ses heures perdues. Il tient une usine de savon qui fonctionne parfaitement. Dans sa vie professionnelle, William n’a aucun souci, mais ce n’est pas le cas dans sa vie privée. Sa ravissante épouse, Agnès, est prise de démence et le médecin qui s’occupe d’elle a bien du mal à arriver à contenir la jeune femme. Un soir de beuverie, alors que William est de sortie avec deux amis, il entend parler de Miss Sugar, une fille de joie qui a tout l’air d’avoir des talents insoupçonnables. Si sa réputation la précède, Miss Sugar est bien difficile à trouver et ses services ne sont pas donnés. Intrigué par cette femme, William va alors la trouver. Désirable, sans aucun tabou, Miss Sugar est comme ses compères l’avaient décrite. William va donc revenir inlassablement dans les bras de cette femme. Miss Sugar est touché par le désespoir et la gentillesse de cet homme. Commence alors entre eux une relation des plus ambiguës, partagée entre sentiments naissants et oppression d’une société bourgeoise qui, tout en fermant les yeux, juge sans équivoque.

Pour faire une série d’époque, on ne trouve rien de mieux que les Anglais. Il faut dire qu’ils excellent dans le style et des séries comme « Downton Abbey« , « The Devil’s Whore« , « The Village« , « The Tudor » ou « Peaky Blinders » parlent d’elles-mêmes tant la patte anglaise est présente et les séries ont le souci du détail dans leur reconstitution et leurs histoires.

L’Angleterre produit et réalise énormément de séries, mais bien peu arrivent jusqu’à chez nous, c’est bien dommage et « The Crimson Petal and the White » est un exemple de plus. Parce que cette série signée par Marc Munden est un exemple de réussite. Parfaite en tout point, elle nous invite à découvrir la face cachée de Londres et les contradictions de sa haute société.

Adapté d’une nouvelle de Michel Faber, « The Crimson Petal and the White » est une série aussi sombre et dure qu’elle est passionnante. Le scénario est très bon. Répartie en quatre épisodes d’une heure, la série s’ouvre dans les bas-fonds de Londres, pour aller peu à peu s’éclairer dans les beaux quartiers, une lumière qui ne durera pas d’ailleurs. Dès les premières minutes, une chose va nous sauter aux yeux, l’esthétisme ! Avant même de commencer à entrevoir l’intrigue, « The Crimson Petal and the White » surprend par la qualité incroyable de la reconstitution de son époque et aussi par son côté terriblement glauque. D’emblée, la série nous entraîne dans un Londres peu rassurant, qui fait penser de suite à une cour des miracles. Prostitution, crimes, passages à tabac, ivresse, clodos et autres cadavres sur les bas-côtés seront là pour vous accueillir. En l’espace de quelques minutes, Marc Munden attise notre curiosité et il annonce une série qui risque fort bien d’être sans concession. Puis, une fois qu’on est assez mal à l’aise, l’histoire nous présente William Rackham, un homme plein de rêves, d’espoirs, et d’une gentillesse qui dénote avec l’ambiance dans laquelle la série nous entraîne. L’intrigue s’installe alors, la rencontre, la passion, l’interdit, l’excitation, les confidences, la complicité, puis le mystère aussi, la manipulation qu’on imagine. Le réalisateur joue beaucoup avec l’ambiguïté de ses personnages et le plus fort n’est peut-être pas celui qu’on croit. Le scénario s’avère d’une redoutable efficacité, l’histoire est poignante et chaque épisode se voit être meilleur que le précédent. L’intrigue évolue très vite, passant des ruelles sombres aux appartements lumineux et spacieux. Le réalisateur nous entraîne dans un tourbillon d’émotion, de passion, mais aussi de rejet, de jugement et d’épreuves. Cette romance, qui est étouffée par le poids des autres, est magnifique. Mais malheureusement, comme on l’imagine, elle est bien trop belle pour être vraie, et la série va nous le rappeler durement. L’intrigue va alors peu à peu s’assombrir de nouveau, obligeant son héroïne à faire des choix difficiles pour sa survie. Ce qui est terrible, et qui m’a beaucoup remué, c’est que « The Crimson Petal and the White » navigue en permanence dans le mystère des sentiments et le bien-être ou non de ses personnages. Et c’est génial, car c’est avec beaucoup de subtilité que le réalisateur parle du poids de cette société hypocrite et de son regard acerbe et vicieux.

Au milieu de ce très beau tableau, il n’y aura qu’un seul point noir. Au bout de ces quatre épisodes, la série se terminera alors sur une excellente note, qui appelle à une suite et posera quelques questions. Même si l’on comprend parfaitement la direction que la série prend, et ce qui risque surement de se passer, on a très hâte de voir cette suite dans une future saison deux qui n’aura jamais lieu. La série s’achève ainsi, et ce sera à nous de faire nos conclusions. Alors n’ayant pas lu la nouvelle de Michel Faber, je ne sais si elle se termine ici, mais la réalisation des dernières scènes et le texte des comédiens laissent vraiment présager une saison deux et c’est dommage qu’elle n’ait pas pu se faire (si toutefois, elle était prévue).

La série est excellente du point de vue de son intrigue, mais je vous évoquais une très belle claque. Et bien cette claque vient de la réalisation qui est un modèle du genre. Marc Munden donne une véritable leçon de cinéma, aussi bien dans le rythme de la série, dont chaque épisode n’a aucun temps mort ou de scènes en trop, mais aussi et surtout dans son visuel. C’est bien simple et pour faire court, jamais je n’ai vu une série plus travaillée du point de vue de l’esthétisme. Tous, absolument tous les plans sont magnifiques. Chaque plan a été conçu pour nous offrir le plus beau à l’image. Les décors sont incroyables, les costumes, le maquillage, l’ambiance, en n’importe quelle circonstance, est parfaitement adaptée et à aucun moment Marc Munden n’en fait trop ou pas assez. La lumière est divine, peut être l’une des plus belles que j’ai pu voir. Bref, tout, absolument tout, est bluffant et j’avoue m’être plusieurs fois repassé certains passages, simplement pour admirer ce travail.

Puis enfin, que dire de ces acteurs tous impeccables. Pour certains, ils trouvent le meilleur rôle de leur carrière. Je pense à Chris O’Dowd que je n’avais encore jamais vu ainsi. Je pense à Romola Garai qui n’a jamais été aussi touchante. Pour d’autres, ce sera de vraies surprises, bien loin de leurs rôles habituels. Gillian Anderson par exemple est aussi bluffante que méconnaissable en mère maquerelle. Mark Gatiss, même s’il n’a qu’un petit rôle, devrait vous retourner le cœur. Puis il y a une sacrée révélation avec Amanda Hale, qui joue l’épouse folle. L’actrice que je ne connaissais pas m’a laissé en vrac à chacune de ses apparitions. Puis, pour les connaisseurs, les amoureux du cinéma anglais, il y a le sourire de Katie Lyons et l’espièglerie de Shirley Henderson ou encore le charisme affolant de Richard E. Grant.

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Alors, je ne serais que trop vous conseiller cette série anglaise. Et cela malgré ce final en apesanteur. En quatre épisodes, Marc Munden m’a totalement conquis, et je n’ai pas vu passer les quatre heures que dure la série. Des costumes à la moindre bougie, des comédiens affolants aux notes nostalgiques et lugubres de la BO, Marc Munden s’est offert et nous a offert par la même occasion un chef d’œuvre, comme seuls les anglais sont capables de nous en offrir !

Note : 20/20

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Par Cinéted

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