Mission: Impossible – De Palma Style

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De : Brian De Palma

Avec Tom Cruise, Jon Voight, Emmanuelle Béart, Jean Reno

Année : 1996

Pays : Etats-Unis

Genre : Espionnage, Thriller, Action

Résumé :

Les membres d’un commando de la CIA sont envoyés à Prague avec pour mission d’appréhender, lors d’une réception dans l’ambassade américaine, un espion ennemi qui s’apprête à dérober une disquette contenant la liste secrète des agents en Europe centrale. Seulement ils ignorent que la CIA, persuadée que le commando est infiltré par une taupe, a envoyé une seconde équipe sur place…

Avis :

A la fin des années 60, une série télévisée va faire parler d’elle, Mission Impossible. Créée par Bruce Geller, cette série met en avant une équipe d’espions qui travaille pour le gouvernement américain et qui est sous les ordres de Jim Phelps. Cette équipe doit résoudre des missions qui pour certains semblent impossibles. Succès phénoménale, la série comptera pas moins de sept saisons et 171 épisodes. Il était presque évidemment qu’un film, une adaptation, sorte afin de remettre au gout du jour cette fine équipe. Précurseur de l’Agence Tous Risques, de Chapeau Melon et Bottes de Cuir (de deux ans seulement) ou encore de Charlie’s Angels, Brian De Palma se lance dans cette adaptation, qui sera plutôt fidèle, tout en gardant du recul par rapport à l’époque de la série. En effet, exit la guerre froide et les tensions entre pays d’opinion politique différent, le réalisateur livre un film assez cynique, réussi pour l’époque mais qui accuse le poids des ans et des nouvelles technologies.

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Jim Phelps est un espion qui gère une équipe de spécialistes pour résoudre des affaires gouvernementales. Il est alors mandaté pour couvrir un vol de données qui pourrait mettre en péril tous les agents de la CIA infiltrés. Malheureusement, la mission ne se déroule pas comme prévu et tous les agents sont tués, sauf Ethan Hunt. Il apprend alors qu’une autre équipe était sur place car il y a une taupe au sein même de son équipe. Refusant de devenir une tête de turc étant le seul survivant, il décide de s’enfuir et de mener son enquête, volant lui-même les données pour les revendre et ainsi attirer la taupe.

Brian De Palma, réalisateur de génie, signe avec Mission Impossible, un film sympathique, qui a sûrement participé au renouveau de ce genre à la fin des années 90, mais qui malheureusement accumule un poids des ans qui se fait lourdement ressentir. Alors comment écrire quelque chose quand on découvre le film près de vingt ans plus tard ? Le plus difficile est de recontextualiser le film, de le remettre dans son époque et dans les films d’espionnage qui existait déjà. En ce sens, on peut dire que De Palma réinvente un peu le genre. Basé sur le style du Whodonit, comprenez par-là que l’on cherche à savoir qui est la taupe et que l’on aura la réponse qu’à la fin, dans un twist final rebondissant.

Optant pour une mise en scène assez sobre, le réalisateur livre tout de même une vision assez cynique des équipes de missions secrètes des gouvernements. En effet, rien ne justifie finalement cette assemblée dans un contexte de paix ou tout du moins sans guerre froide. On retrouvera donc des personnages arrogants au départ et qui vont devenir par la suite moins sûrs d’eux et de leur mission. Bien évidemment, il y a un regard acide sur le pouvoir de l’argent et l’appétit féroce qu’il provoque chez certaines personnes (Jean Reno en tête, personnage immonde et prêt à tout pour du fric). En ce sens, le film est une vraie réussite, d’autant plus qu’il joue avec le spectateur, n’offrant pas un spectacle de tous les instants, préférant utiliser le climax juste avant, dans une joute verbale tendue mais qui définit les personnalités.

Mais c’est aussi ça qui va faire défaut au film. Si l’action n’a pas besoin d’être omniprésente, le spectateur a besoin de quelques moments de tension nerveuse et il n’y en aura que deux dans tout le film. Certes, elles sont devenues cultes et font partie de l’imagerie du cinéma d’espionnage, mais il en manque une ou deux de plus pour que le film soit moins ennuyeux. En effet, il demeure trop bavard, et même si certaines séquences sont bien trouvées et bien pensées (notamment les réflexions d’Ethan lorsqu’il discute avec Phelps dans un bar de Londres, contredisant ce qu’il pense), le film semble relativement long à démarrer et assoit des personnages pas forcément attachants. D’ailleurs, l’équipe est vite expédiée, mettant en avant un Ethan Hunt en héros lisse et un méchant sans grand charisme, ce qui ne facilite pas l’empathie pour eux. Sans compter sur une Emmanuelle Béart qui passe son temps à faire du boudin et qui n’a pas un rôle très développé. C’est d’ailleurs l’un des problèmes de ce film, proposant peu de personnages, et ne prenant pas forcément le temps de leur filer un background, ce qui est pénible pour ceux qui ne connaissent pas forcément la série.

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Au final, le premier volet de la saga Mission Impossible est un film très intéressant mais qui souffre des affres du temps. S’il fut cynique et presque révolutionnaire dans les années 90, il a aujourd’hui perdu de sa superbe, notamment à cause de personnages peu présentés et d’une intrigue cousue de fil blanc qui se devine bien à l’avance. Un premier film qui veut suivre les jalons de la série, tout en marquant sa différence, ce qui n’est pas plus mal, mais qui aurait mérité un traitement plus sombre et plus badass.

Note : 13/20

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Par AqME

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