octobre 26, 2020

Poltergeist 2 – Ecran de Fumée

Poltergeist IIPoltergeist II: the other side1986Réal. : Brian Gibson

Titre Original : Poltergeist 2 – The Other Side

De: Brian Gibson

Avec Craig T. Nelson, JoBeth Williams, Heather O’Rourke, Oliver Robins

Année: 1986

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Un orage magnétique déclenche à nouveau l’horreur sur la famille Freeling qui, une fois de plus, est la proie des Poltergeist…

Avis :

Dans quasiment 90% des cas, la suite d’un film d’horreur est nettement inférieure au premier. Cela se vérifie avec les grandes sagas horrifiques comme Freddy, Amityville, Vendredi 13 ou encore Hellraiser, mais on a parfois de bonnes surprises, comme pour Evil Dead, dont la suite lui et bien supérieure. Mais avant de regarder la qualité d’une suite, encore faut-il croire en une certaine utilité d’une suite. Qu’est-ce qui justifie la présence d’un numéro deux ou trois ou soixante-dix-huit ? On le voit bien dans les Saw, qui vont se dégradant ou encore dans les Halloween. Pour Poltergeist, le cas est similaire. Alors que le premier film se suffisait à lui-même, l’appât du gain, la volonté de tirer sur une corde déjà bien usée, a fait qu’une suite a vu le jour. Pourquoi ? On se pose encore la question tant les réponses apportées par cet opus semblent futiles et juste un prétexte pour relancer une machine à pognon. Manque de pot, l’envie de gagner de la thune ne fait pas de bons films.

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La famille Freeling a déménagé suite à la disparition de leur maison dans le monde des esprits et la découverte d’un cimetière indien sous le plancher. Ils habitent maintenant chez belle-maman et passent des jours plus paisibles. Malheureusement, un orage électrique déclenche l’arrivée des poltergeist, qui n’ont pas oublié la petite famille. Pour s’en débarrasser, il n’y a pas trente-six solutions, le père de famille doit se transformer en guerrier et combattre le fantôme dans l’autre monde.

Il y a parfois des choses à ne pas faire et chercher à donner des réponses à des phénomènes inexpliqués en fait partie. Le premier film nous laissait sur une histoire terminée avec des fantômes relativement mauvais, dont on ne savait pas grand-chose, mais cela suffisait pour engendrer de la peur et craindre le pire pour la famille. En effet, le mystère est parfois plus judicieux pour instiller la peur que la révélation, détruisant tout axe dramatique. Malheureusement, c’est ce que fait ce deuxième film, ratant totalement le coche à cause d’une volonté de tout montrer et de tout expliquer. En faisant ainsi, le film détruit une partie du mythe et donne une entité matérielle à un fantôme qui n’en avait pas besoin.

Alors le film n’est pas dénué de passages intéressants, et le fond de l’histoire est plutôt bon avec un aspect historique et surtout un folklore indien trop peu représenté de nos jours. Seulement, l’ensemble fait kitsch et on identifie dès le départ le grand méchant. Le prédicateur est de suite reconnaissable à cause de sa tronche de pédophile et certaines incohérences baignent le métrage. A titre d’exemple, on peut se demander comment la famille peut voir le méchant alors que seule la petite fille possède un don pour voir et sentir les choses ou encore comment le monstre peut se rendre aussi loin de son tombeau. On regrettera aussi quelques passages dans l’autre monde complètement bordélique et avec des effets spéciaux qui ont pris un sacré coup de vieux. Néanmoins, le passage libérant la bestiole est vraiment bien foutu et bien dégueulasse. Il est juste dommage qu’à la fin de sa mutation, le monstre soit si décevant, ne ressemblant plus à rien.

Mais le plus gros problème du film tient sur ses personnages et l’inutilité profonde des indiens. A l’image de Walker, sorte de prophète qui annonce qu’il vient protéger la famille mais qui passe son temps à attendre et à sourire béatement. Et c’est là que l’on voit l’improvisation du film dans son récit malgré les quatre ans qui sépare le premier du deuxième film. On ne sent pas de véritable engagement dans le produit, on ne sent pas la situation d’urgence de la famille et de ce fait le film oublie de faire peur à l’instar de raconter une histoire dont on se voit un peu. Du coup, le film se montre beaucoup moins puissant que le premier, se raccrochant parfois à des effets déjà vus dans celui de Tobe Hooper et oubliant complètement de faire peur et de mettre en danger cette famille lambda. D’autant plus qu’il devient difficile de s’identifier aux nouveaux personnages, tant ils sont stéréotypés.

Poltergeist II Poltergeist II: the other side 1986 Réal. : Brian Gibson

Au final, Poltergeist 2 est une belle déception, surtout face à son aîné. Sujet de consommation de masse pour plaire aux jeunes adolescents en manque de sensations fortes, le film ne fera jamais peur et oubliera même de présenter des personnages attachants, les rendant presque indifférents à ce qu’il se passe. Il est juste dommage de voir une licence se casser la gueule à cause d’une volonté néfaste de faire cela pour du pognon et non plus par passion.

Note : 07/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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