octobre 1, 2020

Wiz Khalifa – O.N.I.F.C.

Wiz_Khalifa_ONIFC

Avis :

Il est assez difficile de faire une critique sur un style que l’on a, en général, pas du tout aimé. Je ne suis pas un aficionado du rap, loin de là, prônant la technique musicale et la maîtrise d’instruments au profit des paroles et du flow. Mais il faut dire que Wiz Khalifa a su attiser ma curiosité, de part son succès assez fulgurant dans le domaine du rap et de la scène mondiale, mais aussi de part ses collaborations, notamment avec Maroon 5. Wiz Khalifa, Cameron Jibril Thomaz de son vrai nom, est un jeune rappeur originaire du Dakota du Nord. Son père, ancien militaire, avait un studio d’enregistrement pour les jeunes du quartier et c’est ainsi qu’il fait ses débuts dans le rap. Alternant un rap classique avec des morceaux chantés, il se fait très vite remarquer, notamment grâce à des mixtapes, puis avec ses premiers albums. D’ailleurs, dès 2010, il est considéré par les magazines spécialisés comme l’une des stars montantes à surveiller de très près. C’est donc dans un moment de succès que le rappeur sort son quatrième album, ONIFC (Only Niggers in First Class, Seul Négro en première classe pour les francophones), et c’est ainsi que j’ai voulu jeter un œil dans ce skeud, voir si le rap pourrait m’être sympathique et agréable. Le constat ? Va falloir lire la suite bro !

Le plus gros reproche que je fais au rap en général, c’est de ne pas proposer des pistes musicales assez travaillées. Bien souvent, j’ai l’impression d’entendre une boîte à rythme calée en fond sonore et un mec qui parle devant dans un flow plus ou moins rapide. Et cet album ne fait pas vraiment exception à la règle. On commence sur une intro fade et qui correspond tout à fait aux clichés que je m’étais fait du rap. Seulement, il faut avouer que le premier morceau demeure assez sympathique, et Paperbond demeure posé, avec un rythme lent, mais assez intéressant. On retrouvera certains passages assez classiques, comme sur la chanson Let It Go avec Akon, qui met en avant une intro au piano, pour laisser la place à la sempiternelle boîte à rythme avec les claps que font deux mains qui tapent. Cela étant dit, cela reste très peu agressif et plutôt agréable à l’oreille. Mais le seul problème, c’est que tout est fondé sur le même moule. En effet, que ce soit dans les featurings ou bien dans les morceaux solos, on aura toujours un rythme r’n’b nouvelle génération relativement lent, une boîte à rythme lancinante et des chœurs et refrains chantés. Malheureusement, peut-on réalisé un album de 17 pistes, au moins il est généreux, se reposant sur un même modèle ? Il faudra attendre la huitième piste, avec Fall Asleep pour avoir quelque chose de différent, avec des voix enfantines et un rythme plus différent, proposant des ruptures dans le rythme. Par la suite, on a bien un morceau qui ressemble vaguement aux débuts d’un certain Eminem, It’s Nothing avec 2 Chainz, mais cela reste très conventionnel et peu engageant pour une star montante du rap américain. Après, il y a bien Rise Above qui propose une batterie et une guitare, ainsi que la présence de Pharrell Williams, mais c’est bien tout. Donc finalement, au niveau instrumental, c’est assez pauvre, avec énormément d’électronique et peu de variations. Le rythme demeure lent à chaque fois, mettant en avant une flopée de boum boum pour correspondre au maximum au trip hallucinogène d’une jeunesse fumant un chichon autour de canettes de bières bon marché. Pauvre jeunesse.

WIZ KHALIFA

Vous allez me dire, mais alors, qu’est-ce qui fait le succès du monsieur dans le milieu si ouvert du rap contemporain ? Je pense que Wiz Khalifa a compris l’attente d’un certain public avide de musique électro ou rap et il va dans ce sens. Sachant bien s’entourer, il arrive via un flow à la fois rapide mais aussi plus posé à instaurer une ambiance presque lounge dans ces morceaux. Il a aussi la faculté à pondre des refrains qui restent dans la tête, profitant des voix de certains chanteurs plus ou moins connu dans le milieu. On aura droit à la voix de castafiore de Akon, mais aussi à une certaine Lola Monroe ou encore la voix efféminé de The Weekend. Tout ce petit beau monde s’en donne à cœur et on les imagine facilement chanter en fermant les yeux comme dans les vieux clips que mettait en avant Mtv. Du coup, si l’album demeure assez redondant et peut presque en devenir chiant, il arrive à tirer son épingle du jeu via des rythmes calmes et des moments de chant plutôt agréables.

Au final, ONIFC, le dernier album de Wiz Khalifa demeure assez spécial et met en avant un garçon qui doit avoir du talent, mais qui ne prend pas de risque et propose juste ce que l’on attend de lui. Véritable phénomène outre atlantique, il ne m’aura pas laissé un souvenir impérissable, même si certains morceaux demeurent sympathiques. Bref, les jeunes fans de style électro émo seront comblés, mais je pense que les fans de rap seront fortement déçus. Pour ma part, qui ne suis ni l’un, ni l’autre, je reste le cul entre deux chaises…

Note : 10/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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