Papa Roach – F.E.A.R.

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Avis :

Il arrive parfois que certains supports hors tremplin musical suffisent à propulser un groupe sur le devant de la scène. Si cela reste assez minime, l’effet s’est démocratisé avec l’avènement des jeux vidéo dans les années 2000. Entre les jeux de bagnoles rythmés aux sons nerveux et ceux de skate prônant une attitude désinvolte et cool, les gamers du monde entier ont pu s’en mettre plein les oreilles et découvrir des groupes jusqu’alors inconnus. Papa Roach fait partie de ces groupes de métal alternatif qui a su trouver un public grâce au jeu Tony Hawk. Encore peu connu dans notre pays, il aura suffi d’une piste pour que le groupe connaisse une certaine notoriété. Après un premier album très nu métal et très réussi, le groupe change complètement de registre avec leur deuxième skeud, LoveHateTragedy, puisant un rock plus pur et allant chercher des références plus denses et plus anciennes, comme Pearl Jam par exemple. Le temps passant, le groupe sort des albums de manière régulière et continue de faire parler de lui sans pour autant casser la baraque entre chaque album. Et c’est début 2015 que Papa Roach propose son huitième album, F.E.A.R., qui montre que le groupe n’a toujours pas perdu de son énergie et qu’il revient même en forme, proposant un skeud meilleur que le précédent, avec parfois des sonorités délicieusement rétrogrades.

Le skeud débute avec Face Everything and Rise, qui est en fait le titre complet de l’album, le groupe utilisant un acronyme pour former un autre mot. Et ça commence plutôt bien avec un morceau agressif, plaisant, qui montre que le groupe est en forme. Les riffs sont bons, ça va vite et surtout, le groupe ne perd pas de vue ses passes plus pop avec un refrain efficaces et qui rentre très vite en tête. D’ailleurs, on se surprendra à chanter au bout de la deuxième écoute. Et ce qui fait plaisir, c’est que ce ne sera pas le seul morceau du groupe à être aussi bon. Skeletons est un excellent morceau, qui montre que Jacoby Shaddix possède une belle voix, pouvant aussi bien la poser pour instaurer une ambiance que crier tout en restant écoutable. Broken as Me suit le même schéma mais il demeure un peu plus violent que les deux morceaux précédents. Le chanteur se risque un peu plus aux cris, notamment à la fin des refrains et les riffs semblent plus lourds. On notera tout de même un refrain toujours aussi pop-isant mais qui fonctionne à merveille et qui rentre facilement dans la tête. Enfin, le skeud est porté par un dernier morceau bonus très rapide, Fear Hate Love, faisant penser quelque part à Five Finger Death Punch et c’est plutôt bien foutu, car très nerveux et vraiment intéressant, car cela reste du Papa Roach tout en essayant de fournir quelque chose d’autre.

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Néanmoins, tout n’est pas forcément bon dans cet album. Sans être mauvais, certains titres sont plus transparents et beaucoup moins accrocheurs à l’oreille. Il y a une espèce de ventre mou vers la fin de l’album qui montre que le groupe a encore du mal à sortir du carcan commercial fournit par des sonorités électros détestables. On pense bien évidemment à Warriors, le premier morceau choisi pour vendre l’album, qui se révèle sans grand intérêt et plutôt décevant malgré sa courte durée (moins de trois minutes). On peut aussi citer en vrac Devil, sympathique, mais déjà entendu mille fois ou encore War Over Me qui ne casse pas des briques et se révèle anecdotique. On trouve aussi des titres moins percutants, voulant faire plus dans l’émotion sans que pour autant cela ne marche avec notamment Never Have to Say Goodbye qui s’avère assez chiante malgré les talents combinés des musiciens et du chanteur qui pose bien sa voix. Ce sera la même chose avec Love me Till it Hurts, avec des paroles lénifiantes et sans grand intérêt. Fort heureusement, le groupe se refait une santé en revenant à ses premiers amours avec le nu métal. Le temps d’une chanson, on retrouvera le rap si caractéristique du chanteur du groupe alterné avec un refrain chanté et relativement sympathique. Gravity est volontairement rétrograde, faisant penser aussi aux premiers amours de Linkin Park et cela fait du bien au vieux trentenaire que je suis et qui a grandi avec ces groupes.

Au final, F.E.A.R., le dernier effort de Papa Roach est un album relativment plaisant et qui montre que le groupe en a toujours sous le capot. Après un album décevant, le groupe revient sur le devant de la scène avec quelque chose de plus rythmé, de plus fidèle à leur crédo et cela fait vraiment plaisir de les revoir en forme. Un album encore un poil inégal mais efficace et c’est tout ce qu’on demande à Papa Roach.

  1. Face Everything and Rise
  2. Skeleton
  3. Broken as Me
  4. Falling Apart
  5. Love me Till it Hurts
  6. Never Have to Say Goodbye
  7. Gravity
  8. War Over Me
  9. Devil
  10. Warriors
  11. Hope for the Hopeless
  12. Fear Hate Love

Note : 16/20

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Par AqME

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