Un Monde Parfait

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Titre Original : A Perfect World

De : Clint Eastwood

Avis: Kevin Costner, Clint Eastwood, Laura Dern, Leo Burmester

Année: 1993

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame, Policier

Résumé:

Texas, 1963. La cavale d’un dangereux voleur récidiviste et de son otage, un jeune témoin de Jéhovah qui, le temps de cette folle équipée, va devenir son ami.

Avis:

Le cinéma est un art qui peut toucher trois sensations. La première est le rire avec l’humour et des situations cocasses, la deuxième est la peur, avec des situations d’horreur ou des effets gores et la troisième est la tristesse, avec des moments douloureux ou des passages touchants. Bien souvent, un film se cantonne à une ou deux sensations pour toucher un certain public. Par exemple, les comédies dramatiques essayent d’être drôles tout en apportant une pointe de drame pour émouvoir et toucher. Contrairement à la comédie horrifique qui essaye de faire rire tout en faisant peur. Le plus difficile pour un cinéaste, c’est de combiner ces trois émotions dans un même film sans faire de la surenchère ou du n’importe quoi. Mais Clint Eastwood est un home qui est né avec une caméra dans la tête et il sait exactement où amener le spectateur, le faisant très souvent passer par la palette des trois sensations. En 1993, alors que sa carrière n’est déjà plus à faire, il envoie Un Monde Parfait, un film extraordinaire à plus d’un titre.

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Durant les années 60 au Texas, deux prisonniers s’évadent de prison. Pris sur le vif lors d’une escapade nocturne dans une maison, ils décident de kidnapper le petit enfant de la maison pour s’en sortir sans dommage. Mais le jeune compagnon de route va petit à petit prendre de plus en plus de place dans le cœur de l’un des deux ravisseurs et un lien indéfectible va se faire entre eux. Pendant ce temps, le shérif de l’état, accompagné d’un membre du FBI et d’une jeune criminologue sont à leur poursuite et tentent de comprendre le mode de pensée du voyou.

L’univers cinématographique de Clint Eastwood est parsemé d’œuvres assez différentes mais qui se ressemble dans un certain sens. En fait, ce qui intéresse ce cinéaste, ce sont les relations humaines et l’évolution des rapports. Comme on a pu le voir avec ses westerns crépusculaires comme Impitoyable ou même Pale Rider, le sujet principal est la relation entre les hommes. Un Monde Parfait aurait pu être un western, mais le réalisateur a préféré mettre en avant des problèmes politiques et policiers au sein d’une société qui n’a pas bougé bureaucratiquement en plus de trente ans. Sous ses airs de road movie, Un Monde Parfait est une critique de notre société qui ne se fonde que sur les apparences et ne cherche pas à gratter sous la surface pour connaitre les souffrances d’autrui. En ce sens, le personnage du voyou, magistralement interprété par Kevin Costner, n’est pas ce que veulent voir les autorités et il est bien plus que cela. Afin de ne pas faire un portrait ou trop noir ou trop blanc, Eastwood n’hésita pas à rendre son personnage aussi détestable qu’aimant. Et c’est la première grande force du film.

L’autre point fort du film est bien entendu le lien entre le jeune garçon et le voyou. La relation paternelle est au centre même du récit et prend une force incroyable lorsque les deux personnages évoquent l’absence du père dans leur famille. Kevin Costner y voit l’occasion d’être l’exemple qu’il n’a jamais eu et qu’il ne sera jamais, alors que le jeune garçon voit en lui un père qu’il a à peine connu et sur lequel il peut prendre exemple. Cette relation est alchimique entre les deux comédiens qui livrent une prestation magnifique. Mais Un Monde Parfait, c’est aussi l’évolution d’un mode de pensée. C’est l’arrivée de la criminologie, de l’étude des comportements et on peut y voir un vieux briscard céder des petits bouts de terrain sur ce chemin glissant, notamment parce qu’il connait le passif du jeune voyou. Là encore, c’est très beau, et le cinéaste y glisse un petit message féministe sur la place de la femme dans un travail d’homme. C’est finement amené et très intéressant. Mais que serait ce film sans sa réalisation sublime et ses passages cultes, avec une fin larmoyante, touchante et parfaite, montrant un jeune acteur subjuguant.

Kevin-Costner

Au final, Un Monde Parfait est tout simplement un film parfait. Clint Eastwood arrive parfaitement à nous faire ressentir les trois émotions du cinéma au sein d’un même film, grâce à un scénario d’une richesse insoupçonnée. Entre des personnages troubles au background lourd, une relation qui tient de l’osmose et un scénario à l’écriture fine, il n’y a pas à dire, Un Monde Parfait est l’une des plus belles choses que nous a offertes Clint Eastwood.

Note : 20/20

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Par AqME

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