Vampires

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Titre Original : John Carpenter’s Vampires

De : John Carpenter

Avec James Woods, Daniel Baldwin, Sheryl Lee, Thomas Ian Griffith

Année: 1997

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur, Action

Résumé :

Jack Crow est un chasseur de vampires. Apres avoir vu ses parents succomber aux dents acérées de l’un d’entre eux, Crow a consacré sa vie a les chasser dans une traque impitoyable qu’il mène depuis des années en compagnie d’une poignée de mercenaires connus sous le nom de Team Crow. A la demande du cardinal Alba, émissaire du Vatican, Crow et ses hommes partent au Nouveau-Mexique avec pour mission de détecter les nids de vampires et de les détruire. Apres un nettoyage dans une ferme infestée, la Team Crow se fait attaquer par le grand maitre des vampires, Valek.

Avis :

D’un commun accord, beaucoup de gens pensent et disent que ce bon vieux John Carpenter a commencé à péricliter au début des années 2000. Ayant connu son heure de gloire durant les années 80 avec des chefs d’œuvre comme The Thing, Prince des Ténèbres ou encore New-York 1997 et l’Antre de la Folie, le réalisateur s’est plus ou moins vu blacklisté des studios, à cause de son regard acide sur la société et de ses films déviants. Néanmoins, et malgré un aspect plutôt fauché, Vampires sort du lot et montre clairement que le cinéaste a encore des choses à dire. Délaissant volontairement le côté tarlouze du vampire de chez Anne Rice et de son Entretien avec un Vampire, John Carpenter va clairement monter sa vision du monstre avec un film nerveux, sanglant, et terriblement jouissif qui ne laisse pas une minute de répit.

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Jeanne d’Arc portait un jean et était badass, oui monsieur !

Perdu au Nouveau-Mexique, Jack Crow et ses hommes décident d’exterminer un nid de vampires qui doit contenir un maître. Ne le trouvant pas, il décide de fêter leur victoire avec de putes et de l’alcool (la vie quoi !) dans un motel, mais le maître arrive et décime tout le monde, sauf Jack et son meilleur pote. Travaillant secrètement pour le Vatican, Jack Crow apprend que le maître est le vampire originel, un ancien prêtre qui recherche un objet pour vivre en plein jour. Il va alors le traquer pour l’exterminer. Scénario binaire, narration classique, réalisation sans surprise, on peut le dire, ce Carpenter n’a pas l’imagination des premiers films du réalisateur. Mais au-delà du simple film de vampire sans saveur, Carpenter va livrer une vision personnelle, dans un décor aride et redonner ses lettres de noblesse à une créature de la nuit sanglante, qui a subit trop de dommages à cause d’une féminisation infâmante.

Sorte de réponse au Dracula de Coppola ou au Entretien avec un Vampire de Neil Jordan, John Carpenter livre un film de vampire violent où les créatures ne sont pas sapés comme des stars et où les croix et l’ail ne servent à rien. Profondément sulfureux et envoyant un gros pavé dans la mare du film consensuel, John Carpenter en profite même pour se foutre de la gueule des nouveaux vampires arrivant dans un dialogue énervé de Jack Crow, sorte d’avatar du cinéaste lui-même. Il est vrai que les dialogues ne volent pas haut, mais ils sont très drôles et montrent une autodérision jouissive. Les passages avec le prêtre sont savoureux, irrévérencieux et c’est une des choses qui fait le charme du film. On notera aussi une ambiance forte, imprégnée des westerns, dans un décor aride, une terre sèche et un soleil écrasant. Qui dit western dit personnage charismatique et Jack Crow, superbement interprété par James Woods, n’échappe pas à la règle. Profondément badass, il ne fait aucune concession, même avec le prêtre, le maltraitant pour avoir des réponses et il fait preuve d’une détermination et d’une haine envers les vampires hors pair.

Ce qui est surprenant dans ce film, c’est que les effets spéciaux n’ont pas pris une ride. Bien loin des CGI bas de gamme que l’on nous sert en ce moment sur des productions à budget limité, John Carpenter utilise encore des mannequins et des animatronics et certaines scènes sont cultes, notamment lorsque Mark Boone Junior se fait ouvrir en deux. Les maquillages sont très bons aussi, avec des vampires sauvages et affamés, comme ce plan avec Sheryl Lee, très sexy, qui sort d’une voiture le sang dégoulinant de sa bouche. Enfin, pour parler des points forts du film, on notera une critique acide de l’église, qui ne s’en remet qu’à des tierces personnes pour régler ses problèmes et qui se fout royalement de leurs sorts.

Néanmoins, le film n’est pas exempt de défauts, puisqu’on ressent les limites du budget, notamment dans les scènes d’action et de combat, qui usent et abusent de ralentis un peu cheap et la séquence finale avec la grande attaque fait un peu miteuse. Mais malgré cela, le côté artisanal permet de s’accrocher à ces scènes et l’ensemble est tellement dynamique et généreux que l’on pardonne aisément ces passages un peu en deçà du reste. D’autant plus que certaines idées sont bien exploitées comme l’utilisation de la nana qui a été mordu en tant que traqueur car elle garde un lien télépathique avec le maître.

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J’ai bien envie de te baiser, là, de suite !

Au final, Vampires est un très bon film, et cela quoi qu’en dise ses détracteurs. Ultra généreux, redorant l’image diabolique du vampire, créature de la nuit malsaine et violente, John Carpenter signe un film simpliste mais jouissif et qui ne lésine pas sur les moyens. En profitant pour dire tout le bien qu’il pense de l’Eglise, le réalisateur ne livre pas son meilleur film, mais il reste un plaisir coupable, le genre de film avec un énorme de reviens-y et qui finalement se révèle bien au-dessus de nombreux autres films de suceurs de sang.

Note : 18/20

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Par AqME

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