La Mariée Ensanglantée

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Titre Original : La Novia Ensangrentada

De : Vicente Aranda

Avec Simon André, Maribel Marti, Alexandra Bastedo, Dean Selmier

Année : 1972

Pays : Espagne

Genre : Horreur

Résumé :

Susan vient de se marier. Elle décide de s’installer dans le manoir de son mari. A peine arrivée dans la demeure de son cher époux, Susan apprend par la domestique, l’existence d’une certaine Carmilla, l’ancêtre de la famille. Cette dernière, aurait jadis tué son mari pour de mystérieuses raisons d’ordre sexuel. Le soir, Susan fait souvent le même cauchemar. Elle croit y voir Carmilla en train de lui faire subir les pires tortures corporelles comme l’automutilation et autres actes de barbaries. Mais que se cache-t-il derrière cette sanglante histoire ?

Avis :

Durant les années 70, le cinéma d’épouvante avait quelque peu le vent en poupe. Seulement, après des années de domination américaine grâce aux films Universal, propageant ainsi des mythes et créatures légendaires à travers le monde, c’est l’Angleterre qui retrouve ses marques, reprenant enfin les créatures folkloriques qui ont fait les beaux jours des légendes européennes. Entre le vampire d’Europe de l’Est et le loup-garou qui trouve une origine gitane ont été en droit de faire des films digne de ce nom. Le succès de la boîte est tel que certains pays vont tenter leur chance dans le domaine de l’horreur. C’est ainsi que l’Espagne voit naitre une période florissante pour le cinéma d’horreur, s’inspirant largement des fils anglo-saxons. La Mariée Sanglante en est un exemple typique, n’essayant même pas de renouveler un peu l’ambiance gothique que l’on retrouve dans tous les films de vampire.

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Avant, j’étais caricaturiste sur la côte d’Azur, mais ça, c’était avant.

L’histoire est très simple. Susan se marie avec un homme riche et décide d’aller vivre avec lui dans son château avec ses domestiques. Alors qu’il a de fortes attirances sexuelles et parfois un peu déviantes, Susan fait des rêves étranges à propos d’une femme qui lui fait faire des choses affreuses et lui suce le sang dans le coup. C’est alors qu’elle se rend compte que des portraits de femmes sont enfermés au sous-sol et découvre une tombe cachée dans un mausolée à l’abandon. Elle va alors rencontrer pour de vrai Carmilla Karstein, ancêtre de son mari et qui visiblement possède une forte attirance pour les hématocytes.

Sur la lecture du pitch, rien de bien neuf, bien au contraire. On a l’impression d’avoir affaire à un énième film de vampire, saupoudrant le tout d’une ambiance gothique. Ceci ne sera qu’à moitié vrai, puisque le film essaye de faire autre chose avec le vampirisme. En effet, on ne saura pas tout de suite que l’on est dans un film de vampires. Susan fait des rêves étranges, on a l’impression parfois de nager en plein giallo ésotérique. C’est alors que le film prend une autre dimension avec l’arrivée de la vampire en question. Et c’est bien dommage car le film est bourré de bonnes idées, mais le tout devient presque trop classique par la suite. On aura droit aux morsures, aux séquences de charme, à tout ce qui touche de près ou de loin au mythe du vampire de l’époque et cela n’est pas très intéressant, d’autant plus que le film a pris un coup de vieux. En fait, ce qui choque le plus dans ce film, c’est sa longueur. Dire qu’il est mou est un euphémisme tant on a l’impression que le métrage est interminable. Certaines séquences se révèlent inutiles et d’autres personnages ne font que de la figuration. On retrouve bien souvent les mêmes lieux, qui perdent peu à peu de leur magie et de leur enchantement. C’est très redondant et par moments, on s’ennuie ferme.

C’est assez dommage car le film possède parfois quelques fulgurances assez incroyables, surtout pour l’époque. A titre d’exemple, on peut citer les deux passages gores du métrage, qui pour le coup, sont vraiment dérangeants. Poussant à son paroxysme le sadisme et n’hésitant à faire de gros plan, on va avoir du sang et cela va vite tacher. Mais encore une, fois, si ces passages sont assez bluffants, ils sont bien trop rares. La réalisation de Vicente Aranda n’est pas dégueulasse non plus. Certains plans sont ambigus, il essaye de rendre l’atmosphère la plus étrange possible. Mais comme pour le film Les Vierges de la Pleine Lune, on a du mal à ressentir quoi que ce soit pour les personnages et certaines séquences ne peuvent pas fonctionner. On peut aussi reprocher une fin qui arrive trop abruptement, et qui, même si elle reste gore, demeure bien trop bizarre. Par contre, il faut saluer la prestation de Maribel Marti, qui est d’une grande beauté dans ce film.

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Chouette, un cœur de beauf !

Au final, La Mariée Sanglante est une légère déception dans les dernières sorties d’Artus. Si la qualité de la galette est incroyable, on dirait presque du Bluray, le film est bien trop lent et mou pour convaincre aujourd’hui. Si les amateurs de bis trouveront ce film à leur gout, pas sûr que ce soit le cas des nouveaux amateurs d’horreur. Quoiqu’il en soit, c’est toujours un plaisir de découvrir des films d’horreur oubliés, surtout dans une telle qualité, et rien que pour cela, La Mariée Sanglante vaut peut-être le coup d’œil.

Note : 06/20

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Par AqME

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