décembre 5, 2020

L’Héritage de Deathstroke

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Auteurs : Kyle Higgins et Joe Bennett

Editeur : Urban Comics

Genre : Super-Héros

Résumé :

Slade Wilson est le tueur à gages le plus redouté de la planète : un super-soldat aux capacités physiques et intellectuelles inégalées qui fait payer ses services au plus offrant. Mais le poids des ans et un nouveau concurrent vont le placer face à son plus grand défi.

Avis :

Dans l’univers du comics, il existe plusieurs âges. Chaque âge correspond à une refonte complète de l’univers de la maison d’édition. Ainsi, chez DC comics, cela signifie que les super-héros sont revus et corrigés, comme ce fut le cas de Batman qui a connu divers styles et équipement, mais les super-méchants prennent aussi un coup de lifting et profitent de ce changement d’âge. Bien souvent, ces changements ne sont que les conséquences d’une chute de vente et d’un désamour du public. Il s’agit donc d’actualiser le personnage, de le rendre plus contemporain, permettant ainsi au nouveau public de trouver un atome crochu avec un univers plus en adéquation avec son époque. En 2011, DC fait appel à Kyle Higgins, alors scénariste dans bons nombres de Batman ainsi qu’à Joe Bennett, dessinateur qui s’est fait connaître sur Suprême d’Alan Moore, pour revoir l’histoire de Deathstroke, un mercenaire qui cause beaucoup de soucis à Nightwing ainsi qu’au Teen Titans. Ayant fait une apparition plus que remarquée dans la série télévisée Arrow, il était logique de voir son histoire sur format papier et le résultat est ainsi sympathique, malgré un aspect un peu binaire.

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L’Héritage de Deathstroke et un récit complet assez simpliste mais qui a pour mission de clarifier la position de ce méchant et de mettre en avant son personnage au travers ses actions et son passé. Dans cette histoire, on apprend qu’il s’agit d’un mercenaire qui remplit ses missions en se faisant remarquer et de la manière la plus bourrine qui soit. Seulement, il va devenir la cible d’autres mercenaires avec des armures puissantes. Derrière cette traque se cache une autre vérité, familiale, et qui risque de chambouler un petit peu la vie privée du grand méchant. Postulat classique, comme avec les super-héros, on présente un personnage, puis il va lui arriver des broutilles jusqu’à une résolution qui va bousculer le personnage central. Le schéma narratif est classique et on aura peu de surprise.

Mais L’Héritage de Deathstroke va se révéler assez jouissif sur le traitement de son personnage. Absolument détestable dès le premier chapitre, on va rapidement se prendre d’affection pour ce surhomme en armure. Malgré son caractère de cochon et sa faculté à tout détruire, Deathstroke va se montrer dur, impassible, mais en ayant des liens tacites avec d’autres personnage secondaires, comme celui qui lui trouve des missions ou encore son infirmière. Ce travail sur ce personnage bourru est agréable et relativement bien foutu.

Mais derrière cet aspect gros nounours, il y a tout de même un message essentiel, la place de l’enfant dans l’ombre du père. Sans trop spoiler, on va encore avoir une relation père/fils conflictuelle avec un fils qui ne souhaite rien d’autre que de briller aux yeux de son père et un père exigeant et qui ne montre pas ses sentiments. Si ce genre de récit s’est déjà vu maintes fois, il reste assez discret et n’apparait que vers la fin de l’histoire. Néanmoins, et comme pour La Cible de Deadshot, c’est très agréable de découvrir le passé de super-vilains et de comprendre plus ou moins leurs réactions face au super-héros. L’autre point sensible qu’apporte ce récit provient de la vieillesse et de ce que l’on peut faire par la suite. On y voit un grand gaillard bien costaud, mais quand il se prend des roustes, il commence à avoir du mal à se régénérer. En même temps, quand on se prend un sous-marin russe sur la tronche, la récupération prend du temps. Cela interpelle sur le fait de s’arrêter au bon moment pour ne pas mourir bêtement, mais aussi à ce que l’on va faire après. Deathstroke ne sait faire que ça, détruire et remplir des missions dangereuses et une fois à la retraite, il risque fort de devenir fou à cause de l’ennui. Cet aspect est travaillé en filigrane dans le récit, mais c’est assez explicite et intelligent, ne gâchant pas le plaisir de lecture.

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Car L’Héritage de Deathstroke est fluide dans sa narration alternant idéalement les phases d’action où tout pète et les phases de parlottes. On ne s’ennuie jamais et il s’agit d’un album qui se termine très vite. Le dessin de Joe Bennett est un vrai bonheur pour les yeux. Les traits sont vifs et nerveux et certains plans valent le détour. On retrouvera aussi un design très intéressant de l’armure de Deathstroke, un peu plus militaire qu’auparavant, mais aussi sur les différents méchants, dont les couleurs, inattendues, tranche avec le sobre du héros.

Au final, L’Héritage de Deathstroke est un bon album et un excellent recueil. Si le dessin est parfait et que le rythme est soutenu, on regrettera simplement une histoire un peu trop simpliste qui joue encore une fois sur une relation père/fils difficile amenant le personnage central vers un chemin sinueux psychologiquement.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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