décembre 8, 2022

Alceste à Bicyclette

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De : Philippe Le Guay

Avec Fabrice Luchini, Lambert Wilson, Maya Sansa, Laurie Bordesoules

Année : 2013

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Au sommet de sa carrière d’acteur, Serge Tanneur a quitté une fois pour toutes le monde du spectacle. Trop de colère, trop de lassitude. La fatigue d’un métier où tout le monde trahit tout le monde. Désormais, Serge vit en ermite dans une maison délabrée sur l’Île de Ré… Trois ans plus tard, Gauthier Valence, un acteur de télévision adulé des foules, abonné aux rôles de héros au grand cœur, débarque sur l’île. Il vient retrouver Serge pour lui proposer de jouer «Le Misanthrope» de Molière. Serge n’est-il pas devenu une pure incarnation du personnage d’Alceste ? Serge refuse tout net et confirme qu’il ne reviendra jamais sur scène. Pourtant, quelque chose en lui ne demande qu’à céder. Il propose à Gauthier de répéter la grande scène 1 de l’Acte 1, entre Philinte et Alceste. Au bout de cinq jours de répétition, il saura s’il a envie de le faire ou non. Les répétitions commencent : les deux acteurs se mesurent et se défient tour à tour, partagés entre le plaisir de jouer ensemble et l’envie brutale d’en découdre. La bienveillance de Gauthier est souvent mise à l’épreuve par le ressentiment de Serge. Autour d’eux, il y a le microcosme de l’Île de Ré, figée dans la morte saison : un agent immobilier, la patronne de l’hôtel local, une italienne divorcée venue vendre une maison. Et l’on peut se prendre à croire que Serge va réellement remonter sur les planches…

Avis :

À la bande-annonce, j’étais certain d’aimer ce film. J’avais adoré « Les femmes du 6e étage« , le précédent film de Philippe Le Guay et à la découverte de celui-ci, c’est bien une excellente comédie sur le théâtre et le métier de comédien que nous offre-là le réalisateur du « Coût de la vie » qui retrouve ici Fabrice Luchini, son acteur fétiche, pour la quatrième fois.

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Gauthier Valence est un acteur très populaire en France. Il est le héros d’une série télé qui est une sorte de « Docteur House » et qui cartonne chaque vendredi soir sur TF1. Entre deux épisodes, Gauthier aspire à autre chose et décide de monter la célèbre pièce de théâtre de Molière, « Le misanthrope« , une pièce qui lui parle beaucoup.

C’est à cette occasion qu’il se rend sur l’Île de Ré pour reprendre contact avec Serge Tanneur, un ami et acteur qu’il voit très bien dans la pièce. Le souci est que Serge ne veut plus jouer, le cinéma et le théâtre pour lui c’est fini, mais Gauthier le veut à tout prix. Entre manipulation et belle amitié, Serge fini par lui proposer cinq jours de répétitions pour savoir s’il veut jouer ou non.

Et voici encore un bel exemple que le cinéma français est très bon. J’ai adoré cet « Alceste à bicyclette » qui est un très bon film. C’est quelque part entre comédie et sa passion pour le théâtre que le réalisateur Philippe Le Guay nous fait passer un excellent moment.

Le duo qui porte le film est absolument captivant, car si les petites péripéties du film sont bien, que l’histoire est jolie, c’est vraiment quand Luchini et Wilson se donnent la réplique dans leurs répétitions que le film prend une autre dimension, chacun essayant de séduire et impressionner l’autre avec talent et égo.

Entre les retrouvailles de deux amis de longue date, le plaisir de jouer ensemble, cette dualité qui les oppose et l’envie de montrer à l’autre ce dont il est capable, le réalisateur nous lance alors dans de grands moments de jeux, aussi passionnés qu’ils peuvent être brutaux quand ils ne sont pas d’accord ou drôles.

Les deux comédiens sont exceptionnels. On ressent dans leurs confrontations, tout l’amour du théâtre et du jeu. Du métier d’acteur, de l’amour pour cette pièce aussi, car je pense que pour jouer dans ce film, il faut aimer cette pièce et ils le démontrent parfaitement. Ils montrent le côté artistique et créateur de l’acteur, refaisant plusieurs fois certaines scènes, cherchant la meilleure façon de la jouer, mais aussi la meilleure façon de clouer le bec à l’autre. Le réalisateur nous montre même ce côté narcissique que beaucoup d’auteurs ont, cette envie d’être reconnu, d’être aimé. J’ai adoré aussi le côté manipulateur, plusieurs fois, je me suis posé la question de qui manipulait qui, ou alors y avait-il vraiment manipulation de leur part ? C’était vraiment bon et très intéressant.

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En plus, c’est un très beau film, visuellement, c’est très plaisant à regarder, les décors sont beaux, les paysages de l’Île de Ré sont bien filmés, sans pour autant tomber dans l’effet carte postale. Le réalisateur donne envie (comme dans son titre) d’aller faire un tour à bicyclette.

Il y a quelques longueurs certaines fois, mais elles sont très vite rattrapées par l’ambiance et encore une fois la qualité du jeu des comédiens.

« Alceste à bicyclette » est donc une belle réussite, c’est un film qui nous fait voyager dans la langue française, avec des dialogues divins, avec deux comédiens d’exception pour un film aussi divertissant qu’il est drôle. Franchement, c’est à voir, par contre, ceux qui n’aiment pas Luchini, ce n’est pas la peine, car il est fidèle à lui-même.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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