novembre 30, 2021

Whiplash

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De : Damien Chazelle

Avec Miles Teller, J.K Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser

Année : 2014

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence…

Avis :

N’ayant pas réussi à entrer dans la salle pour aller voir « Sin City 2« , alors que j’étais arrivé plus d’une heure avant et ayant eu la frustration de voir la dame qui gérait les entrées du film dire que la séance était complète à trois personnes de moi, je suis donc parti voir « Whiplash« , le premier film de Damien Chazelle. Un film dont je n’ai pas encore entendu parler et donc je ne savais rien de son histoire. Et bien ce fut une très très belle surprise, car ce film sur fond de jazz s’avère être un sacré beau coup de cœur. Entre comédie et émotion, Damien Chazelle a parfaitement réussi son coup d’essai.

À savoir que le film déjà ovationné au dernier festival de Cannes, vient tout juste de recevoir le Grand Prix du Jury à Deauville, ainsi que le prix du public.

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Andrew est un jeune homme passionné de jazz. Depuis tout petit, il joue de la batterie et compte bien plus tard en vivre. Il a intégré une des plus prestigieuses écoles musicales et un soir alors qu’il répète, il se fait repérer par Terrence Flecher, musicien et professeur à la forte réputation. L’homme va prendre Andrew dans son cours, mais très vite Andrew va découvrir que pour faire partie de la classe de Monsieur Fletcher, il va falloir travailler très dur, même trop et que la discipline de son professeur est des plus rudes. Moqueries, insultes, rabaissements, rien ne lui sera épargné. Andrew va alors devoir faire preuve d’une motivation sans faille s’il veut avoir quelques égards aux yeux de Terrence Flecher.

Parfois, il arrive qu’on entre dans une salle de cinéma pour y prendre une grosse claque. Bien souvent, ces claques et autres coups d’amour, on les prend sans s’y attendre vraiment. Et « Whiplash » en est l’exemple parfait. C’est un film dont je n’attendais rien qui m’a laissé KO de par son histoire, sa réalisation et ses acteurs. En gros, j’ai pris un pied pas possible à suivre cette histoire.

Pour son premier film, Damien Chazelle nous sort le grand jeu avec un film qui pourtant parait déjà vu, mais qui devant la caméra du jeune réalisateur va prendre une tout autre dimension. Le scénario est aussi drôle que touchant. Notre pauvre étudiant en musique va se retrouver devant un professeur des plus durs. Un professeur qui tutoie presque la folie et qui n’a absolument rien àenvier aux sergents instructeurs de « Full Metal Jacket« , d’ailleurs, on pourrait presque dire qu’on n’a pas vu pareils personnage depuis le film de Kubrick et c’est là que réside l’une des grandes forces du film. La relation de haine et d’admiration qui se crée au fur et à mesure du film est unique et pendant le visionnage, on reste bouche bée et intrigué ne sachant que penser de ce rapport entre les deux personnages. On comprend pourquoi le professeur est ainsi, on comprend ce qu’il recherche, mais plusieurs fois alors qu’il pousse le bouchon trop loin et que presque tout le monde serait parti en claquant la porte, on finit par se demander si tout simplement ce n’est pas un gros sadique qui s’amuse à torturer mentalement et physiquement ses élèves. Plusieurs fois, mon esprit a vacillé, mes positions ont changé et ça, jusqu’au final qui est tout simplement éprouvant et interminable. Une fois la salle dans le noir, le générique qui défile, je suis resté l’espace de quelques longues secondes scotché à mon fauteuil, éprouvé par cette dernière et magistrale scène.

Autre très gros point fort, c’est la réalisation complètement folle de Chazelle. Son film est superbe à regarder. Il a beaucoup de rythme, c’est un film moite, poisseux, qui sent la sueur. Les images, les plans et les séquences sont psychédéliques. Le montage fabuleux, intense, original, travaillé, surtout dans le final qui sonne comme un requiem interminable et jubilatoire. On en prend plein les yeux et les oreilles. Le réalisateur y installe une tension des plus terribles, des plus dures et des plus justes aussi. Avec cette relation hors-norme et la façon qu’il a de nous la faire découvrir, il nous tient en haleine jusqu’au bout de son film et l’on reste attentif à la moindre chose, ne sachant pas quand est-ce que le jeune va craquer, et si oui ou non, il va craquer ou bien jusqu’où ce professeur tout droit sorti des enfers va pouvoir aller.

Enfin dernier point et pas le plus petit non plus, c’est le jeu exemplaire des deux acteurs principaux qui sont tous simplement bluffants. Miles Teller est parfait dans la peau d’Andrew, étudiant passionné qui va repousser les limites pour atteindre un niveau encore plus haut qu’il ne l’est déjà. L’acteur que je ne connaissais que dans le pas terrible « Divergente » où il avait un rôle assez insignifiant, trouve là un rôle fort et laisse éclater son talent et il est crève l’écran. En face de lui, on trouve le comique et sympathique J K Simmons qui s’offre le contre-emploi de l’année. L’acteur est tout simplement énorme dans la peau de ce prof complètement dingue à la limite de la perversion. C’est un personnage complexe, riche et dur et le comédien mériterait bien des récompenses pour ce rôle. On le savait talentueux, mais ici, il démontre une nouvelle facette de lui qui fait plaisir à découvrir.

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« Whiplash » est donc mon coup d’amour de ce festival de Deauville 2014. Avec ce premier film, Damien Chazelle nous offre aussi à sa façon une très belle fin d’année. Oui, je dis ceci, car le film sort une semaine avant « Cold in July » de Jim Mickle. D’ailleurs, ces deux films seront mes préférés du festival, enfin du moins de ceux que j’ai pu voir. Donc dans les deux dernières semaines de l’année, amis cinéphiles et autres, vous allez avoir des devoirs, car ce sont des immanquables qui risquent d’être un peu écrasés par les sorties du dernier Tim Burton, Ridley Scott et Rob Marshall qui sortent eux aussi en même temps.

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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