juin 19, 2024

Deauville Dernier Weekend

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Samedi 13 septembre 2014, il est 8h45 quand mon réveil sonne, autant dire que c’est une grasse matinée pour moi, d’ordinaire, je me lève à 5H du matin pour aller travailler. Mais aujourd’hui je me lève pour retourner, pour mon dernier weekend, au festival de Deauville, ou le Disneyland des cinéphiles comme je m’amuse à l’appeler. Donc la motivation est plus grande pour se lever et partir à l’aventure.

Après avoir bu mon café et pris une bonne douche, c’est aux alentours de 9h30, que je décolle de chez moi direction ma ville préférée du moment. Cette fois, il y a plus de monde sur la route, on sent que les gens sont revenus de vacances et que je vais mettre une bonne demi-heure de plus à arriver à destination, mais bon ce n’est pas bien grave, car j’ai vu large et mon premier « rendez-vous » est à 14H.

J’arrive sur les coups de midi et demi, je mets un peu de temps à trouver une place, à Deauville, on sent aussi que les gens sont rentrés, enfin, surtout que les parisiens sont en weekend dans la ville. Comme j’ai du temps devant moi, je fais mon lit, toujours dans le coffre de ma voiture, parce que c’est cool. C’est plus pratique de le faire maintenant qu’il fait jour, que quand je vais rentrer, car cette fois-ci ma dernière séance sera à 23h.

Le temps avance vite, et je rejoins le groupe de copains avec qui je fais le festival. Hier Abel Ferrara a présenté son nouveau film « Pasolini« , un film qui retrace le dernier jour de la vie de Pier Paolo Pasolini, réalisateur italien qui fut aussi aimé que détesté par certains. Dans le groupe, le film a divisé et on est que deux à vouloir assister à sa conférence de presse. Personnellement, je n’ai pas pu voir le film, mais j’aime beaucoup les films de Ferrara et le voir en vrai, s’exprimer, je ne peux pas passer à côté. La conférence est à 14h et va durer une trentaine de minutes. Le réalisateur est comme je l’avais imaginé, c’est-à-dire dans un autre monde. Quand les gens présents lui posent des questions, on a l’impression que le réalisateur est sur la défensive en permanence et qu’à tout instant, il peut bondir de son siège pour sauter à la gorge des journalistes. Il est passionnant à regarder, il est passionné, fait de grands gestes, parle de Pasolini avec passion, disant qu’il est le maître incontesté et que l’on est tous ses sujets. Le réalisateur est expressif quand la question ne lui convient pas on le sait, et si un journaliste a le malheur de poser une question qui ressemble un peu à une autre qu’on a déjà eu, le réalisateur répond qu’il a déjà répondu à cette question et on passe à autre chose. La conférence se terminera par un sourire de Ferrara et puis il s’en va aussi vite qu’il est arrivé.

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Abel Ferrara

En sortant, je tombe sur un rassemblement devant la sortie des artistes du CID. Je demande qui les gens attendent, une dame me répond que Sandrine Kiberlain ne devrait pas tarder à arriver. Venue présenter et recevoir un prix pour le très chouette film de Jeanne Herry « Elle l’adore« , je suis heureux de l’information, car j’avais raté l’actrice aux halles et comme je l’aime beaucoup, j’avais emmené un petit DVD juste au cas où. Dans l’attente, qui ne va pas durer très longtemps, j’entends sur ma droite des offuscations. Je tourne la tête et je découvre que Dominique Strauss Kahn est en balade près du CID et sa présence dérange quelques festivaliers. Des murmures qu’il n’a rien à faire ici, ou alors le dernier commentaire sur sa compagne accrochée à son bras. Moi je pense bizarrement qu’à quelques minutes près il aurait pu tomber nez à nez avec Abel Ferrara qui, ne l’oublions pas, avait fait « Welcome to New-York » un film qui justement parlait du politicien et je me demande ce que leur rencontre aurait pu faire. Bref, ce n’est pas le sujet, car enfin arrive Jeanne Herry accompagnée de l’actrice Olivia Cote et Laurent Lafitte. Kiberlain arrivera deux minutes après dans une seconde voiture. La vraie bonne surprise pour moi, c’est la présence d’Olivia Cote que je n’espérais pas. J’avais quand même ramené la première saison de « Vous les femmes » sa série qu’elle a faite avec sa complice Judith Sibony et je suis ravi de la voir. En bon fan, je l’appelle pour me faire dédicacer mon film, et là survient un événement que je n’aurais jamais pu imaginer. À la vision de mon DVD, parmi toutes les feuilles blanches que les gens lui tendent pour qu’elle y pose sa griffe, l’actrice stupéfaite hurle que c’est génial de voir ce DVD à Deauville, elle me prend dans ses bras et m’embrasse, m’expliquant qu’elle a décidé de faire ça à chaque fan de la série. C’est étrange comme réaction, mais c’est très plaisant, elle est aussi drôle que dans la série. On prend des photos ensembles, elle ne me lâche pas et j’en profite pour lui dire le nombre de fois que j’ai pu rire devant sa série. Ce fut un très bon moment partagé, totalement surprenant, ce qui en fait un souvenir terrible, l’un des meilleurs des deux weekends. Sandrine Kiberlain est quant à elle très gentille, élégante et prend le temps de faire ce qu’elle peut à un maximum de monde. Idem, j’aurais mon petit DVD dédicacé.

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Olivia Cote

Avec tout ceci, le temps passe et j’ai perdu du temps. Je file à la conférence de Frank Miller, venu présenter « Sin City 2, j’ai tué pour elle » mais quand j’arrive une queue énorme est déjà présente et je sais d’emblée que je ne rentrerais pas. Je décide d’aller grignoter quelque chose. Il fait beau, autant profiter un peu de la plage d’autant que maintenant, la prochaine séance ne sera qu’à 20H30, au cinéma du Casino pour aller voir « Sin City 2« . Je traînasse, je croise le réalisateur Mike Cahill dont j’entends que du bien de son film « I Origins » que je ne verrais malheureusement pas. L’horloge avance vite, et déjà 18H30, comme je n’ai rien à faire, je décide d’aller devant la sortie du Normandie, hôtel du jury qui y sort tous les soirs et se rend à pied au CID. Je fais mouche et vois passer plein de beau monde, comme la semaine dernière. Je croise Freddie Highmore, membre du jury cartier, qui me signe un film, comme Clémence Poésy très souriante. Je me fais rembarrer par Vincent Lindon et Jean-Pierre Jeunet. Audrey Dana me signe un film tout sourire et je prends même une photo avec la pétillante Valérie Bonneton. Je vois sortir Dominique Strauss-Kahn qui tire la tronche et peu de temps après Abel Ferrara, je me dis qu’ils sont dans le même hôtel et que ça doit être folklorique. Tout ce beau monde passe en l’espace d’une demi-heure et il est temps pour moi d’aller au cinéma du casino pour être dans les premiers pour faire la queue pour aller voir « Sin City 2 » les autres ayant des invitations pour aller à la cérémonie de clôture du festival. Mais quand j’arrive il y a déjà beaucoup de monde qui attend. La séance est pourtant dans plus d’une heure et demi. Dans l’attente, je commence à entamer la discussion avec trois personnes dans la foule, un couple venu uniquement ce jour-là pour voir le film et un mec qui est venu seul faire le festival pour le délire. L’entente passe bien et entre cinéphiles, on discute des différents films que l’on a pu voir. On blague sur le faire qu’on ne rentrera pas, car la salle ne fait que quatre cent soixante places et que la queue des entrées s’arrête devant nous… On blague mais c’est bien ce qui se produit arrivé à notre tour, il ne reste plus qu’une place. Clémence, qui était montée à Deauville avec son copain pour lui faire la surprise et l’emmener voir le film en avance est déçue, mais chacun de nous laissera la place à son copain et c’est en grand sacrifice de notre part à tous qu’il entre dans la salle avec le sourire, nous, on attendra mercredi. On n’a rien à faire et comme le courant passe bien entre nous trois, on va boire une bière dans un petit bar reculé dans la ville que le couple avait testé plus tôt dans l’après-midi. Les discussions vont bon train et tous les sujets y passent, on parle cinéma, musique, étude, mariage pour tous, le temps passe trop vite et je me sens bien avec eux. Une fois le film fini, on part retourner voir Sébastien qui ressort émerveillé de sa séance, je suppose que le film doit être bon. De suite, on commence à faire la queue ensemble pour le suivant, « Whiplash« , qui sera donc mon premier film de la journée à 23H pas mal ! En entrant, j’apprends que le film que je découvre et dont je n’ai jamais entendu parler vient de rafler le Grand Prix, récompense suprême du festival et putain ce qu’il l’a mérité, puisque le film va être mon coup d’amour du festival. Puissant, psychédélique, énergique, intense, c’est un bouleversement qui nous laisse KO. On ne tarira pas d’éloges chacun de nous à sa sortie. Il est un peu moins d’une heure du matin quand on se sépare, les trois allant voir « Little Miss sunshine » pour la nuit américaine du CID, moi préférant aller écrire un peu sur ce fabuleux film à chaud. Mais bon, je ne vais écrire que quelques phrases dans ma voiture et je vais très vite rejoindre les bras de Morphée.

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Valérie Bonneton

Double grasse matinée puisque ce matin de dimanche j’émerge avant mes réveils un peu avant neuf heures. Le programme est très simple aujourd’hui et je n’ai pas grand-chose à faire. Alors que tous les films de la compétition sont reprogrammés aujourd’hui, je n’ai que deux films malheureusement que je peux voir, puisque tous ceux que j’ai vu sont programmés dans la matinée. Mon choix s’arrêta donc sur un film de fantômes à 10H30 que je n’ai pas vu et un film avec Catherine Keener qui est une actrice que j’aime bien.

Le premier film sera « Jamie Marks is dead » un film bien étrange sur la mort d’un jeune homme qui vient hanter un autre. Le film est dérangeant et complexe et au milieu de tout ça, il y a quelque chose d’encore plus étrange. Le jeune acteur qui joue le fantôme s’avère être le sosie parfait d’Harry Potter, la ressemblance est trop frappante et c’est vraiment étrange, car on sait bien que ce n’est pas Daniel Radcliffe à l’écran, mais quand on le regarde, le look, la façon d’être filmé on ne voit que Harry Potter allant même jusqu’aux lunettes cassées d’Harry. L’expérience sera bizarre, mais pas inintéressante et j’ai pris plaisir à suivre cette histoire sombre et glauque. Enfin, j’arrive à ma dernière séance, et pour conclure, je décide de m’arrêter sur « War Story« , un film sur une journaliste de guerre qui après un enlèvement essaie de se reconstruire en Italie. Le film me tente pour son sujet, mais aussi son actrice principale la belle Catherine Keener. Malheureusement, il ne sera pas à la hauteur des attentes, puisque j’ai trouvé le film lourd et long. La salle se vide peu à peu et sur l’écran, il ne se passe absolument rien et c’est bien dommage, car le sujet était des plus intéressants.

Je termine donc mon premier festival de Deauville sur une note négative, un peu comme je l’avais commencée la semaine passée avec Un homme très recherché. Ces deux weekends furent donc forts en émotions, en souvenirs, en rencontres. Ce sera de très belle découverte, franchement « Whiplash » et « Juillet de Sang » vont à eux deux très bien conclure l’année. Ce sera une embrassade avec Oliva Cote complètement déjantée, et puis c’est aussi la frustration de s’être fait refouler à « Sin City 2« , mais c’est aussi la rencontre avec des gens très sympas. En bref, c’était deux weekends hors du temps, et qui sont passés bien trop vite. Maintenant le rendez-vous est pris pour l’année prochaine et il n’y a plus qu’à patienter.

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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