janvier 27, 2022

Transcendance

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Titre Original : Transcendence

De : Wally Pfister

Avec Johnny Depp, Rebecca Hall, Morgan Freeman, Cillian Murphy, Paul Bettany

Année: 2014

Pays: Etats-Unis, Angleterre

Genre: Science-Fiction

Résumé :

Dans un futur proche, un groupe de scientifiques tente de concevoir le premier ordinateur doté d’une conscience et capable de réfléchir de manière autonome. Ils doivent faire face aux attaques de terroristes anti-technologies qui voient dans ce projet une menace pour l’espèce humaine. Lorsque le scientifique à la tête du projet est assassiné, sa femme se sert de l’avancée de ses travaux pour « transcender » l’esprit de son mari dans le premier super ordinateur de l’histoire. Pouvant désormais contrôler tous les réseaux liés à internet, il devient ainsi quasi omnipotent. Mais comment l’arrêter s’il perdait ce qui lui reste d’humanité ?

Avis :

Dans les différents thèmes utilisés depuis un petit moment dans le cinéma, il y a celui de l’intelligence artificielle et de la supériorité des machines sur l’homme. Il faut dire que l’avancée de la technologie est telle, qu’elle peut faire peur autant que susciter des fantasmes infinis. On se souvient bien évidemment de films comme Brainscan, I.A, I, Robot, Le Cobaye ou encore 2001, l’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick. Wally Pfister n’est pas un nom connu dans le domaine de la réalisation et c’est normal puisque Transcendance est son premier métrage. Mais il officie depuis les années 90 dans le cinéma en tant que directeur de la photographie, et notamment sur tous les projets de Christopher Nolan. On peut donc penser que le monsieur a su tirer profit de son expérience auprès d’un mentor si prestigieux.  Et si la mise en scène de Transcendance reste correcte, c’est plutôt au niveau de l’émotion et de l’histoire en elle-même que le bât blesse.

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Morgan : tu crois qu’il va dire du bien du film ?

Cillian : hum, cela me semble assez mal parti…

L’histoire se déroule dans un futur assez proche. Le docteur Will Caster est un génie informatique et il rêve de pouvoir créer la première intelligence artificielle capable de penser par elle-même en ayant une conscience. Pour cela, des expériences parallèles sont menés pour transcender des esprits d’animaux dans des ordinateurs. Après une conférence, le docteur est victime d’un attentat et sa femme prend les devants, essayant de transcender l’esprit de son défunt mari dans un ordinateur, ce qu’elle arrivera à faire. Seulement, son mari va-t-il garder sa conscience humaine en étant aussi omnipotent ? Et que faire s’il commence à péter un boulard ? Voilà le pitch de base qui fait étonnement penser au film Le Cobaye avec Pierce Brosnan et Jeff Fahey. Seulement, on est assez loin du film de série B avec Transcendance, car il possède un budget assez conséquent. Et puis il ne s’agit d’améliorer un benêt, mais de faire face à une conscience très intelligente dès le départ. Sur le papier, le film tient la route et il faut avouer que l’on s’ennuie assez peu dans le métrage même s’il demeure très bavard.

Il faut dire que le casting est assez fort pour maintenir notre attention. Johnny Depp retrouve un rôle plus sombre et loin des simulacres de bouffon qu’il a accumulé depuis Pirates des Caraïbes. Mais on se centrera plus sur Rebecca Hall, qui ne tient pas du tout la baraque. Elle demeure assez inexpressive et on ressent une certaine retenue. Il suffit de voir la scène où elle s’engueule avec son meilleur ami pour s’en rendre compte, car avec son intonation et son expression, on frôle le risible. Paul Bettany est assez intéressant mais son personnage n’est pas assez esquissé et il se fait retourner trop facilement. Enfin, Morgan Freeman et Cillian Murphy sont les Laurel et Hardy du métrage, se contentant de tailler la bavette sans pour autant être très efficace au niveau de l’enquête. Reste la jolie Kate Mara qui sauve un peu les meubles en terroriste prête à tout pour sauver l’humanité.

Et c’est vraiment dommage d’avoir un tel casting et de ne pas avoir de personnages plus crédibles. C’est peut-être la première fois que je vois autant de personnages changer d’avis en seulement deux phrases. C’est bien simple, malgré une séquestration (que l’on devine longue), il suffira de deux mots pour faire changer d’avis le meilleur ami du couple. C’est la même chose pour Rebecca Hall qui changera d’avis toutes les deux secondes, au gré de ses sentiments qui semblent voler en éclats dès qu’elle voit la trombine de Johnny Depp. Bon, il est vrai que ce n’est pas la première à succomber au charme du beau prince charmant, mais c’est de la fiction bordel ! Du coup, d’un point de vue logique, le film n’est guère convaincant.

Mais pire que cela, le film ne véhicule aucune émotion. La question que l’on peut se poser c’est : est-ce voulu ou pas ? En effet, on évolue dans un milieu où l’informatique règne en maître et où l’humain n’a pas vraiment sa place. De ce fait, on peut se demander si cet aspect froid est intentionnel ou pas. Le problème, c’est que le spectateur n’est pas impliqué dans la relation entre les personnages. Le personnage de Johnny Depp est insupportable dès le départ et on aura du mal à sentir de l’empathie pour lui. C’est la même chose avec Rebecca Hall, qui nous agacera par son manque de discernement et son aveuglement (oui, on est au courant que l’amour rend aveugle). Ce qui est dommage, c’est que tout le film, si on enlève la mise en scène et les effets spéciaux, plutôt bien foutus par ailleurs, tient sur la relation entre les deux personnages principaux et vu que l’on ne sent rien pour eux, c’est peine perdue pour susciter de l’empathie. Mais le plus gros problème, c’est que le film commence par la fin et on sait d’emblée le sort du couple, du coup, la fin ne fait plus rien et il n’y a pas d’effet de surprise.

Enfin, on peut parler des incohérences dans le script. A plusieurs moments, on se demande si l’on ne nous prend pas pour des cons. Par exemple, comment une nana, seule, peut se payer sans se faire remarquer, toute une ville, des ouvriers, des employés et un laboratoire de cinq sous-étages avec en surface plus de 200 panneaux solaires ? D’autant plus que le FBI recherche activement le hacker qui leur a permis de retrouver les terroristes (au doux nom de Unplug) et que ce n’est personne d’autre que Johnny Depp dans la machine. Et puis personne ne s’inquiète des comptes du couple qui monte en flèche. Et lorsque le FBI attaque un complexe, il se fout dans une ville, sans barricade, avec trois pelés et un tondu. Rien n’est vraiment crédible et cela entache le métrage. Enfin, on rigolera bien devant la scène qui fait presque penser à un film de zombies avec la pseudo-armée de Depp.

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C’est de moi que tu parles là ?

D’un autre côté, le film questionne. Quand on prend le temps de réfléchir sur le fond du problème, on se rend compte que ce n’est pas si con que ça. En effet, même si la conscience du docteur veut créer une collectivité, un peu comme les fourmis, il ne tue personne et en blesse personne et c’est le FBI qui prend l’évolution des gens comme une menace terroriste. Alors on peut comprendre la peur de perdre son humanité et d’évoluer trop vite, mais du coup, le méchant ne l’est pas vraiment et c’est assez bien vu, notamment sur la fin.

Au final, Transcendance n’a rien de transcendant. Si certains points, comme le fond du scénario et les effets spéciaux ainsi que la mise en scène sont plutôt bons, on restera de marbre devant les personnages et leur évolution. Un film à l’image de son univers, impersonnel, sans émotion, et presque inhumain. C’est dommage parce que certains points étaient fort intéressants.

Note : 08/20

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Par AqME

HerschellNote de Herschell: 15/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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