mai 8, 2026

Le Diable s’Habille en Prada 2 – Qui Lit Encore ?

Titre Original : The Devil Wears Prada 2

De : David Frankel

Avec Anne Hathaway, Meryl Streep, Stanley Tucci, Emily Blunt

Année : 2026

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Miranda, Andy, Emily et Nigel replongent dans l’univers impitoyable et glamour du magazine Runway et des rues new-yorkaises où l’élégance est une arme redoutable.

Avis :

David Frankel n’était pas forcément partant pour une suite du “… diable s’habille en Prada” au départ. Pour lui, le premier film racontait une histoire complète, avec des personnages arrivés au bout de leur trajectoire. Ce qui a changé avec le temps, c’est surtout l’évolution du monde de la mode et des médias. Entre les réseaux sociaux, la disparition progressive du papier et les nouvelles formes de pouvoir liées à l’image et à la technologie, le réalisateur a vu une vraie matière pour replonger dans cet univers.

L’idée de cette suite n’est donc pas de refaire le même film, mais de montrer comment ces personnages, notamment Miranda Priestly, évoluent dans une époque qui n’a plus rien à voir avec celle du premier opus, avec en filigrane une réflexion sur le temps qui passe et la place qu’on garde — ou non — dans un monde qui change. Tourné en très peu de temps, une promo qui n’a pas arrêté de marteler l’arrivée de cette suite, franchement, si vous n’étiez pas au courant que Miranda et Andy étaient de retour dans les salles, c’est que vous viviez loin de tout réseau.

« Avec un tel matraquage, on pouvait craindre le pire »

Avec un tel matraquage, on pouvait craindre le pire, surtout avec notre époque qui recycle à l’infini les succès d’autrefois. Puis, de temps à autre, ces retours se posent comme de bonnes surprises. Alors c’est vrai que la découverte n’est plus là. Il n’y a plus cet effet de surprise à retrouver ces personnages, mais face à cela, cette suite est portée par un vrai sujet intéressant : la presse, et comment notre société évolue en dématérialisant tout, au point d’en éclipser les humains, les esprits et les lettres. Et c’est sur ce sujet-là que le film m’a pris.

Runaway est pris dans une tempête après la découverte de la mise en avant d’un artiste qui fait fabriquer ses produits par des clandestins. Le patron de Runaway engage alors Andy comme rédactrice en chef du magazine de mode. Son objectif : redresser Runaway et lui redonner une vraie image de journalisme. Si Andy est impatiente, elle se frotte à Miranda, qui est loin d’apprécier le retour de cette ancienne assistante, dont elle avait même fini par oublier l’existence.

C’est vrai que lorsqu’on jette un œil au synopsis, surtout comme je viens de l’écrire, on dirait presque le résumé d’un épisode de série. Heureusement, le film de David Frankel fait mieux que ça. On pourra lui reprocher un humour parfois un peu lourd, qui essaye de reproduire les punchlines et le succès de Miranda. C’est vrai aussi que côté costumes, c’est la démesure, au point d’en frôler le ridicule. Après, de ce côté-là, on peut presque y voir une critique de ces gens qui s’habillent n’importe comment pour un simple “m’as-tu-vu”…

« ce sujet donne du relief au film de David Frankel« 

Et enfin, sur certaines connexions entre les personnages, on peut avoir du mal à y croire. Notamment le retour d’Emily, dont la trajectoire d’un bout à l’autre est certes amusante, mais pas vraiment crédible. Idem pour son compagnon/porte-monnaie, incarné par Justin Theroux, difficilement compréhensible. Mais voilà, heureusement, ces défauts sont quelque peu éclipsés par le reste. Par Miranda, Andy et Nigel qu’on retrouve avec plaisir. Et derrière ça, il y a, comme je le disais, ce sujet : la presse écrite, la presse papier et le format physique qui disparaît petit à petit pour laisser place à la vidéo.

Ce fameux contenu d’une minute qui doit attirer l’attention, être consommé et oublié presque aussitôt. Derrière tout le bling-bling du film, “Le diable s’habille en Prada 2” raconte comment un magazine s’adapte à son époque, tout en essayant de garder sa ligne directrice, sa colonne vertébrale, son ADN, face à la montée des réseaux sociaux, à l’IA, aux polémiques qui prennent toute la place et aux coupes budgétaires qui ne cessent de fragiliser la presse.

Pour moi, qui écris à ma petite échelle depuis une quinzaine d’années maintenant, qui continue à vouloir écrire alors que ça capte moins qu’une vidéo de quelques secondes, ça fait sens, ça me parle et ça me touche. Oui, l’intrigue est parfois simpliste et arrive avec de gros sabots, mais elle a ce sujet, et ce sujet donne du relief au film de David Frankel, qui ne se contente pas d’être une simple suite.

« Anne Hathaway et Stanley Tucci sont excellents du début à la fin »

Après, l’autre plaisir du film, c’est évidemment de retrouver ces personnages qu’on adore. On ne va pas se mentir, on est peut-être plus indulgent aussi parce qu’on les aime et qu’on avait envie de les revoir. D’autant plus que le scénario nous réserve une petite surprise avec une Miranda moins “badass” que dans le premier film. Une Miranda presque perdue parfois, rattrapée par son âge et par l’époque, et ça, ça rend le film touchant. En face d’elle, Anne Hathaway et Stanley Tucci sont excellents du début à la fin. Même Emily Blunt, dont le personnage peine parfois à convaincre, reste impeccable dans son jeu.

Au bout du compte, lorsqu’on pèse le pour et le contre, “Le diable s’habille en Prada 2” est une bonne suite. Le film a ses faiblesses, c’est indéniable, mais il a aussi ses qualités, et avec elles, les émotions s’invitent, et ça fait plaisir. Plus que la mode en elle-même, le film s’intéresse au journalisme, à la presse écrite, au travail de l’écriture, et à ce qui fait qu’on lit encore aujourd’hui… Bref, à bien y réfléchir, “Le diable s’habille en Prada 2” est une bonne surprise.

Note : 12,5/20

Par Cinéted

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