janvier 22, 2022

Au Fil d’Ariane

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De : Robert Guédiguian

Avec Ariane Ascaride, Jacques Boudet, Jean-Pierre Darroussin, Anaïs Demoustier

Année : 2014

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

C’est le jour de son anniversaire et Ariane est plus seule que jamais dans sa jolie maison.
Les bougies sont allumées sur le gâteau. Mais les invités se sont excusés… Ils ne viendront pas.
Alors elle prend sa jolie voiture et quitte sa jolie banlieue pour se perdre dans la grande ville…

Avis :

Robert Guédiguian est un cinéaste que je connais assez mal, puisque je n’ai vu qu’un film de lui. Un film que j’avais beaucoup aimé d’ailleurs. Ce film, c’est « L’Armée du crime » qui traite de la Seconde Guerre mondiale.

Pour ma deuxième excursion dans l’univers du réalisateur, c’est dans un domaine totalement différent qu’il m’a emmené et je ressors de la projection plus ou moins partagé. Je crois avoir autant aimé ce nouveau film, que je ne l’ai pas aimé aussi. C’est donc une chronique partagée que je m’apprête à écrire.

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Ariane est seule le jour de son anniversaire. Son mari est coincé loin d’elle et ses enfants n’ont pas le temps de venir. Alors qu’elle prend sa solitude en pleine tête, seule face à ses bougies, elle décide d’aller faire un tour. En chemin, elle fait la rencontre d’Adrien un jeune homme qui lui proposer de l’emmener manger dans un petit restaurant différent des autres. Ariane va alors accepter de le suivre et de changer sa vie peu à peu. Et c’est quelque part entre joie et tristesse, qu’elle va se reconstituer.

Au début du film, alors que d’ordinaire on a « Un film de …. « , ici le réalisateur va annoncer la couleur de suite, en précisant « Une fantaisie de Robert Guédiguian » et c’est bien ce que le film va être, peut-être même un peu trop. « Au fil d’Ariane » va être une sorte de rêve éveillé ou non, ce sera à vous de voir, qui va nous emporter avec drôlerie et bonne humeur dans cette nouvelle vie qu’a décidé de vivre Ariane.

Le scénario déconstruit nous fait penser d’emblée à un rêve qu’elle pourrait faire et c’est ce qui va faire la force de ce film, mais aussi sa faiblesse.

Si au début du film, le contexte est amusant, que le film enchaîne les situations cocasses, les moments décalés et loufoques avec des personnages tous hauts en couleur, mention spéciale pour « l’Américain », ce contexte décalé va devenir pompeux sur la fin du film. Ne sachant pas trop où l’on va, c’est tellement loufoque et parfois sans queue ni tête. Je trouve qu’on est laissé en roue libre sans être sûr de savoir ce qu’on regarde.

Ce qui était drôle au début devient lourd à la fin, la scène du musée par exemple et même l’histoire qui entoure le personnage de Youssouf Djaoro ne m’ont absolument pas plu un instant, c’était même l’instant de trop.

Le réalisateur nous laisse douter, on est presque sûr de ce qui se passe, mais c’est tant décalé et improbable qu’on finit par se poser la question de savoir où Robert Guédiguian a décidé d’amener sa fantaisie et c’est presque au moment où je saturais qu’il nous donne la solution et elle fait du bien, car d’un coup le film repasse dans la catégorie sympathique. Heureusement, parce que je n’avais pas envie de le détester ce film. Sans l’aimer pour autant, ce sera donc des scènes, des moments et des personnages que je vais apprécier. J’ai rigolé plusieurs fois devant les réactions improbables d’Ariane, ou alors ses conversations avec une tortue, mais dans l’ensemble, j’en ressors déçu…

Par contre si le scénario ne m’a que moyennement convaincu, je reste séduit par les images du réalisateur. « Au fil d’Ariane » reste magnifiquement filmé, avec une belle ambiance du sud. Une photographie chaude et lumineuse. De beaux décors qui dégagent beaucoup de charme. Le petit restaurant et les bords de mer qui le longent sont beaux et donnent envie d’aller tremper ses pieds dans l’eau. Robert Guédiguian sait comment nous séduire avec ces paysages.

Le film est composé d’habitués du cinéma du réalisateur. Il retrouve son actrice fétiche pour la dix-neuvième fois et lui offre le premier rôle. C’est avec la pétillante et sympathique Ariane Arscaride qu’on entre et qu’on ressort de cette fantaisie. L’actrice est drôle et arrive à nous amuser sur la plupart du film. Elle se livre même dans un joli numéro musical. Pour l’accompagner, on retrouvera Jean-Pierre Darroussin dans le rôle d’un chauffeur de taxi qui n’a pas fini de râler. On trouvera aussi Gérard Meylan dans le rôle d’un patron de restaurant, Adrien Jolivet et la belle Lola Naymark en couple tumultueux et puis la belle mention à Jacques Boudet qui dans le rôle d’un Américain m’a vraiment fait rire. D’ailleurs, c’est même mon personnage préféré du film, alors qu’il n’a qu’un petit rôle, mais l’acteur est vraiment drôle sur tout le long. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas vu aussi drôle.

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C’est donc un film en demi-teinte, que nous offre le réalisateur de « Marius et Jeannette« . Un film dont j’ai aimé beaucoup de moments, mais qui n’est pas arrivé à me maintenir sur tout son long. Peut-être trop décalé, et aléatoire, le réalisateur m’a perdu en milieu de film, pour heureusement me rattraper, un peu tard sur la fin…

Note : 11/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=ULvzVM1RyIk[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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