
Avis :
L’inspiration, c’est vraiment quelque chose qui ne se contrôle pas. On peut être un groupe ultra productif, comme on peut être une formation qui aime prendre son temps entre chaque album, préférant faire des tournées ou soigner des ambiances plus ou moins grandiloquentes. Et puis parfois, l’inspiration ne vient pas, expliquant alors le gap entre deux albums. Est-ce ce qui s’est passé pour le Black Label Society de Zakk Wylde ? Peut-être. En tout cas, cinq ans entre deux albums, c’est la tranche la plus longue pour le groupe américain, dont nous n’avions plus de nouvelles depuis 2021 et Doom Inc. Gardant le même line-up que sur cet album, c’est avec empressement et une certaine fébrilité que nous attendions Engines of Demolition, qui a commencé à se dévoiler en 2025, et qui a fait parler de lui avec la chanson hommage à Ozzy.
Et au final, on reste sur un album fort recommandable, très plaisant, à l’image du groupe depuis quelques années, mais auquel il manque une petite prise de risque, une petite graine de folie, pour pleinement nous embarquer. En gros, Zakk Wylde fait du Zakk Wylde, avec ce qu’il faut de ballades, de morceaux nerveux, et de gros solos qui viennent démontrer le talent de shredder du bonhomme. Tout commence alors avec Name in Blood, et on reconnait la patte de l’auteur très rapidement. Le riff est bon, la montée en tension est palpable, jusqu’à ce qu’arrivent les premiers riffs rugueux. Comme à son habitude, le chanteur/guitariste délivre une sublime prestation, avec une rythmique qui fait bouger, ainsi qu’un refrain bien catchy qui va rester en tête. C’est parfaitement exécuté, et même si ça reste sans surprise, ça demeure addictif. En bref, une entrée en matière qui attise la curiosité.
Par la suite, sur les deux morceaux suivants, on va suivre un schéma structurel calibré, et qui ressemble à ce que fait le Black Label Society depuis des décennies. Gatherer of Souls offre un riff entêtant, le refrain fait amplement son office, et on reste sur un titre plaisant, mais qui ne prend aucun risque. Les fans adoreront, les néophytes trouveront cela fort plaisant, et tout le monde est content. Il en sera de même avec The Hand of Tomorrows Grave, un morceau percutant et nerveux, mais qui n’offre aucune véritable alternative à ce que fait le groupe habituellement. Mais encore une fois, faut-il blâmer le groupe de faire ce qu’il sait faire ? Alors oui, cinq ans se sont écoulés depuis le dernier album, mais ça reste un titre de qualité tout de même. Et bien entendu, après cela, on va avoir droit à la première ballade.

Better Days & Wiser Times propose une première pause quasiment en acoustique, et on va prendre énormément de plaisir à l’écoute. C’est assez Folk, presque Country par certains aspects, et ça marche du feu de Dieu. Les plus aigris diront que ça manque d’originalité, mais l’efficacité est bien présente. Derrière cela, Broken & Blind va venir nous secouer un peu, et on va se délecter d’un riff puissant, et d’un refrain que l’on va rapidement chanter à tue-tête. Il y a un petit côté régressif dans ce titre qui est assez grisant. Il en sera de même avec The Gallows, le premier morceau sorti pour vendre l’album. Le riff est percutant et entêtant, et tout le titre grandement la route, avec des vocalises qui frappent bien et fort. Il est dommage que Above & Below fasse partie des points faibles de l’album, manquant de piquant.
Tout comme Back to Me, un joli morceau, mais qui manque cruellement d’originalité et de nouveauté. Heureusement, le groupe se reprend par la suite avec de gros bangers. Lord Humungus et son riff cracra à la Stoner est peut-être le meilleur titre de l’album. Et l’enchainement avec Pedal to the Floor et son énergie dévastatrice en fait un diptyque ultra jouissif et plein de promesses pour la fin. Broken Pieces suit cette même énergie, et nous balance un refrain mémorable, que l’on hurlera avec bonheur au bout de deux écoutes. The Stranger sera aussi un morceau percutant et plein de nappes mélodiques, qui en feront un titre immanquable, où toute la prouesse technique du guitariste nous éclate à la face. Enfin, l’album se termine avec Ozzy’s Song, un hommage à Ozzy Osbourne, et on est sur une ballade très classique, qui manque quand même d’émotions.
Au final, Engines of Demolition est un très bon album du Black Label Society, on ne peut guère dire le contraire. Techniquement, c’est irréprochable, les morceaux sont plaisants, et on retrouve un groupe en grande forme dans ses compositions. Mais, on peut aussi regretter un manque d’originalité et une absence totale de prise de risque, Zakk Wylde restant dans sa zone de confort, sans jamais proposer autre chose que ce qu’il sait faire. Bref, un bon album, mais qui reste un peu trop simpliste dans sa construction.
- Name in Blood
- Gatherer of Souls
- The Hand of Tomorrows Grave
- Better Days & Wiser Times
- Broken & Blind
- The Gallows
- Above & Below
- Back to Me
- Lord Humungus
- Pedal to the Floor
- Broken Pieces
- The Stranger
- Ozzy’s Song
Note : 15/20
Par AqME
