avril 3, 2026

Myrath – Wilderness of Mirrors

Avis :

Si pour certains, le métal est une musique de niche qui touche un public réduit, il faut croire qu’il traverse facilement les frontières, jusqu’à se retrouver dans les terres du Maghreb. Fondé en 2001 sous le nom de Xtazy, c’est en 2006 que Myrath prend forme en Tunisie, à Ez Zahra pour être plus précis. Jouant alors un métal alternatif teinté de folk avec des sonorités arabisantes, le groupe tire son épingle du jeu, jusqu’à devenir le premier groupe de Tunisie à signer sur un label. Et malgré le changement de line-up et de maison de disques (ils sont passés de Verycords à EarMusic), le groupe a toujours sur rebondir pour fournir des albums de façon continuelle. Ce qui est assez étrange aujourd’hui, c’est que la formation peut fournir des albums tous les deux ans, comme il leur faut parfois plus de cinq ans pour fournir un autre effort.

Wilderness of Mirrors est leur septième album, et il intervient deux ans après Karma, qui a un peu divisé les fans. Si certains ont trouvé du plaisir à l’écoute, d’autres lui ont reproché de faire trop dans le Pop-Rock et d’adoucir des riffs qui n’étaient déjà pas bien incisifs. Mais qu’importe les critiques et l’accueil un peu frileux, les franco-tunisiens reviennent à la charge avec un nouvel opus, qui est fidèle à leur image, avec ce mélange de Folk et de Métal alternatif assez gentillet, et parfois très cinématographique. Comment peut en attester l’introduction du premier morceau, The Funeral. On entend des oiseaux, des chœurs, et on a vraiment l’impression d’être au début d’un film. Au bout d’une minute, le titre démarre tout de même, avec un bon riff et une rythmique qui fonctionne bien. Le morceau est solaire, grandiloquent dans son orchestration, et ça marche plutôt bien.

En commençant Until the End, on va plus facilement aller vers un titre classique dans sa forme. Le début met en avant des derboukas, et le côté Folk brille avec des sonorités orientales qui fonctionnent bien. L’ajout d’une chanteuse au sein du titre confère des allures presque Symphonique à l’ensemble, et c’est très plaisant. Néanmoins, on reste sur une structure très simple, et si on cherche de la nouveauté, il ne faudra pas forcément venir en chercher ici. Mais encore une fois, Myrath prouve qu’il est LE groupe qui manipule le mieux les éléments folkloriques arabes avec le métal. Breathing Near the Roar continue à jouer avec le folk arabe, mais cette fois-ci en jouant avec les chants typiques du Maghreb. Le résultat est très sympathique, même si on reste sur quelque chose de convenu. La voix de Zaher Zorgati fait quand même beaucoup dans le ressenti positif de l’ensemble.

Les Enfants du Soleil surprend par son entame avec un chœur d’enfants, rendant le titre très accessible, jusqu’à l’arrivée des riffs et une orchestration assez grandiloquente. Cependant, le morceau demeure moins marquant que prévu, car il baisse souvent de régime et dure trop longtemps pour ce qu’il raconte. On se réjouira plus de Still the Dawn Will Come, plus rugueux et percutant dans son début, et même si les couplets sont un peu cheesy, il y a une bonne variation des tensions, et le refrain fonctionne à plein régime. The Clown est un morceau qui va délaisser un petit peu les sonorités orientales pour plonger à plein régime dans un Heavy très stéréotypé. On a l’impression de replonger dans les années 80, et si ça reste plaisant, il y a un côté rétrograde qui peut poser question sur l’inventivité du groupe.

Soul of my Soul va venir cocher une case qui manquait à cet album, celle de la ballade. Si le début est grandiloquent, on va vite tomber dans un piano/voix qui n’est pas désagréable, mais qui peut sembler un peu cheap. Tout comme le refrain, qui veut partir dans les tours, mais reste assez ringard à écouter, malgré un côté addictif, où l’on se surprend à chanter aussi. Edge of the Night essaye d’apporter un peu de modernité à l’ensemble, avec un mélangé d’ajouts électroniques et des sonorités arabisantes. C’est très bien, mais ça reste un morceau qui manque de mordant. Echoes of the Fallen sera par contre un titre plus pêchu, et qui va montrer que Myrath peut encore montrer les crocs. Enfin, Through the Seasons est sans doute le meilleur morceau de l’album, avec un refrain imparable et un aspect solaire qui marque immédiatement.

Au final, Wilderness of Mirrors, malgré une pochette faite par IA qui ne mérite aucun égard, est un album plutôt réussi, même s’il ne marquera d’une pierre blanche cette année. Le groupe se fait moins percutant que dans ses jeunes années, mais il se fait aussi plus mélodieux, et plus moderne, voulant alors jouer sur ses origines autant que sur ses premiers amours, comme le Heavy, par exemple. Bref, il s’agit-là d’un album complet et intéressant qui mérite quand même son petit coup d’oreille.

  • The Funeral
  • Until the End
  • Breathing Near the Roar
  • Les Enfants du Soleil
  • Still the Dawn Will Come
  • The Clown
  • Soul of my Soul
  • Edge of the Night
  • Echoes of the Fallen
  • Through the Seasons

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.